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actualites@larotonde.cale 19 octobre 2009
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Philippe Teisceira-Lessard
Des visions opposées sont entréesen collision au matin du 9 octobredernier, à l’occasion d’un panel-dis-cussion sur la commercialisation ducampus.Devant une audience relativementdense, quatre panélistes ont pris laparole pour exposer leur vision dela problématique et des actions àposer, et pour répondre aux ques-tions des étudiants. Cette initiativeconjointe de l’administration, de laFédération étudiante (FÉUO) et del’Association des étudiants diplômés(GSAÉD) faisait suite à une activitésemblable portant sur l’indépen-dance de la recherche qui s’était te-nue au mois d’octobre dernier. Uneaudience assez nombreuse pour cegenre d’événement était assise dansles gradins, visiblement à l’affût desarguments des intervenants.Le nom même de cette activiténe faisait pas l’unanimité. Alors queles deux associations étudiantes ducampus parlaient clairement d’unediscussion sur la commercialisationdu campus, l’administration, elle,organisait un panel sur la recon-naissance des donateurs. Cette dif-férence de point de vue illustre bienla principale pomme de discordequi animait les quatre hommes dis-cutant sur la scène de l’Agora.Un syndicaliste, un banquier, uncandidat au doctorat en pensée po-litique et un professeur en étudesukrainiennes ont exposé leurs pointsde vue sur ces questions, points de vue ancrés dans leur réalité respecti- ve et alimentés par leur expérience.Éric Martin, le doctorant en pen-sée politique, avait sans aucun doutela position la plus radicale des qua-tre intervenants. Pour lui, la ques-tion de la dénomination d’édificesou de programmes avec des nomsde donateurs (entreprises ou en-trepreneurs) n’est que la pointe del’iceberg, qu’une partie d’un problè-me beaucoup plus grand : l’immix-tion des entreprises privées dans demultiples secteurs, dont l’éducationsupérieure, qui lui étaient traditon-nellement interdits.Pour sa part, Glen Tugman, em-ployé par la Banque Scotia pour gérerses programmes d’appui et de dons, aplutôt plaidé une position contraire.Il a exposé aux étudiants que les en-treprises donatrices comme la siennedonnaient réellement de bonne foi etpour jouer un rôle d’exemple dans lacommunauté. « En termes de poli-tique, l’Université est prise avec un beau problème : comment gérer desgens qui veulent aider? » a-t-il décla-ré à propos de l’élaboration possibled’une politique de dons. Au centre de cet affrontement bien pacifique se trouvaient Domi-nique Arel, professeur en étudesukrainiennes, et Robert Johnson,représentant de l’Association cana-dienne des professeurs d’université.Si tous les deux semblaient recon-naître la contribution essentielledes donateurs pour les universités,ils souhaitaient aussi qu’une politi-que d’encadrement soit clairementmise de l’avant.
Des résultats sous peu?
Allan Rock, recteur de l’Univer-sité d’Ottawa, était présent pendantpresque tout l’événement, restanttotalement impassible à la seuleoccasion où il a été interpellé direc-tement. On se souviendra que c’està la première activité de cette série,l’an dernier, que le recteur avait étéagressivement interpellé par MarcKelly, activiste radical bien connu.« L’objectif, aujourd’hui, c’est desolliciter des réactions, des perspec-tives diverses pour pouvoir exami-ner les points saillants et élaborerune politique », a rappelé Rock.« On a des lignes directrices, maispas de politique », poursuit-il avantd’affirmer souhaiter voir une politi-que « dans les prochains mois ».Questionné sur la possibilité quel’U d’O adopte le modèle de l’Univer-sité du Québec à Montréal (UQAM), Allan Rock échappe un sourire.« C’est une approche possible, c’esttôt pour en parler. Les gens en ontparlé. » Le modèle en question pré- voit l’interdiction de tout baptêmeen l’honneur de donateurs ainsi quela mise sur pied d’un comité chargéde choisir des personnalités impor-tantes pour la communauté.
Politique-cadre pour les donsattendue « dans les prochainsmois »
À la suite du panel-discussion sur la commercialisation ducampus, Allan Rock veut voir une politique d’encadrementà moyen terme.
COMMERCIALISATION DU CAMPUS
Ariane Marcotte
Le 19 octobre aura lieu au pavillonDesmarais le premier colloque dela Chaire conjointe en Études desfemmes de l’Université d’Ottawaet de l’Université de Carleton. Lethème de la journée portera sur« Les droits des femmes sur l’échi-quier politique ». Le rassemblementa pour but de donner l’heure justesur la situation féminine en milieupolitique, de proposer des solutionset de conscientiser les individus quiévoluent dans ce milieu.
Des noms de marque
Le colloque réunira pour l’occa-sion plusieurs conférencières : desdéputées, des représentantes d’or-ganismes de femmes ainsi que deschercheuses, afin d’examiner lesstratégies à adopter pour faire avan-cer les droits des femmes dans lemilieu politique canadien.Parmi les nombreuses confé-rencières invitées, on retrouvera ladocteure Leslie Wolfe, présidentedu Centre for Women’s Policy Stu-dies à Washington D.C., qui a réussiun parcours impressionnant. Seloncelle-ci, malgré les nombreuses per-cées dans le domaine des droits desfemmes au cours des dernières dé-cennies, la bataille pour l’égalité dessexes n’est pas tout à fait terminée.« Je trouve choquant d’entendreque le viol et la violence conjugaleexistent encore de nos jours », s’in-digne-t-elle. « Oui, il y a des lois, oui,les gouvernements ont prévu deslois pour contrer le problème, maisil ne faut pas que ces lois restent surpapier; elles doivent être appliquéeset respectées. »
Ignorance
Toujours selon Wolfe, la croyancepopulaire selon laquelle les jeunesfemmes des générations X et Y nes’intéressent pas ou s’intéressentpeu aux enjeux féministes est faus-se : « Les gens ont certains préjugésenvers ces femmes. Tant les hom-mes que les femmes croient que les jeunes [filles] sont indifférentes faceà ces enjeux et croient que le com- bat du féminisme est derrière [el-les]. Pourtant, je ne vois pas que desfemmes carriéristes et ignorantesde leur passé, ce n’est pas ce que je vois sur le terrain. » Wolfe animeraune conférence sur le leadership fé-ministe dans la politique nord-amé-ricaine.
Conférences gratuites etouvertes au public
Une douzaine de conférenciè-res prendront la parole le 19 octo- bre. Agnès Whitfield, l’instigatricedu colloque, en partenariat avecl’Alliance féministe de l’action in-ternationale (AFAI) et l’Institutcanadien de recherche sur les fem-mes (ICREF), s’attend à une bonneparticipation de la part du public :« Je suis confiante que l’on va cer-tainement atteindre notre objectif d’environ 70 personnes. »Le budget opérationnel pourl’événement permettra aux orga-nisateurs d’offrir l’entrée libre auxparticipants. Dans un souci d’acces-sibilité à tous, l’ensemble du collo-que se déroulera moitié en français,moitié en anglais dans la journée.Pour vous inscrire gratuitement, veuillez communiquer avec NathalieBlanchard à l’adresse suivante : scs-comm@uottawa.ca ou par téléphoneau 613-562-5800, poste 2642.Le colloque de la Chaire conjoin-te en Études des femmes a lieuaujourd’hui, 19 octobre, de 9h à17h30, dans la pièce 3120 du pa- villon Desmarais.
En vedette : « Les droits des femmes sur l’échiquier politique ».
Colloque de la Chaire conjointe en Études des femmes
DROITS DES FEMMES
« En termes de politique, l’Université estprise avec un beau problème : commentgérer des gens qui veulent aider? »
Allan Rock suivait attentivement le panel-discussion sur la commercialisationdu campus.
Photo Mathieu Langlois
- Glen Tugman
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