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ÉVRIER
2009V
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ITINÉRANCE AUTOCHTONE À
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N PHÉNOMÈNE INQUIÉTANT
SophieJuneau
 juneausophie@hotmail.com
Unitinérantsurcinqestd’origineautochtoneàOttawa,alorsquecettecommunau,selonuneétudecentedelafirmeSocialDataResearchLTD
1
,nereprésentequ’unfaible1%delapopulationurbaine.Auxdiresdudirecteur exécutifduGignulNon-profitHousingCorporation,MarMaracle,lessultatsdelarecherchesontclairs:lapauv-reetl’ajustementculturelsontaucentredelaprobma-tique.Selonl’étude,ilexistedemultiplesorganismessociauxdanslagionvisantd’unepartl’ensembledelapopulationetdel’autre,lacommunautéautochtone,voiredeuxclien-lesmuniesdifférentes.Denombreusesparticularitésdéfi-nissentlaconditionauto-chtone:casfréquentsdevio-lencesexuelleetintergénéra-tionnelle,perted’attachementculturel,piètresconditionsdesanté,violencesconjugales,et beaucoupplus.Ainsi,lesasso-ciationsdédiéesuniquementauxAutochtonestirentleugitimidesbesoinsparticu-liersdeleurclientèlequipré-fèredesagencesquisontdavantageadapesàleucondition,duisantlerisquedediscrimination.«Lesorga-nismesbénéficienttoutefoisd’unfinancementlargementinsuffisant,dedireM.Maracle.Ilestimpossibledesatisfaireconvenablementauxbesoinsdelacommunautéaveclesressourcesdisponibles.»Malglesconclusionsdurapportgouvernemental
 Bâtir unavenirmeilleurauxenfantsautochtonesvivantenmilieuurbain
 paruen2001,quicon-statequ’aumoinslamoitdelapopulationautochtonecana-diennesesitueprésentementdanslesvilles,90%desres-sourcesfinancièresallouéesàcegroupesontservéesàl’administrationdesréserves.Decettesomme,unetrèsfaible proportionestalloeauxser-vicessociauxoffertsauxAutochtonesvivantencommu-nautésurbaines.Lareconnaissancedes peuplesautochtonesenmilieuurbainestaucentredelaques-tiondufinancement.Lesdeux paliersgouvernementauxs’enremettentauproblèmejuridic-tionnelpoursetacherdeleur responsabilité,unevéritable«joutedeping-pong»,sou-ligneM.Maracle.NulneveutsesoudreàsepréoccuperdelaquestiondesAutochtoneshorsserves.Ainsi,cesder-niersglissent«entrelesmaillesdusystème».D’unpointdevuejuridique,leprofesseurdedroitconstitu-tionnelSébastienGrammondsoutientquelegouvernementfédéraltentedepuislongtempsderestreindrelaportéedes politiquessocialesadresséesauxAutochtones
2
.«Laclassi-ficationetladéfinitionde peuplesautochtonesauCanadasonthabituellementconsidé-escommeleproduitdefac-teurshistoriques»,expliquele professeur,ciblantainsilacauseprincipaledelarecon-naissanceexclusivedes bandesd’«Indiens»inscritssituéessurlesserves,c’est-à-direlesPremières Nations.Cependant,unamalgamed’autrespeuplesetcommunauscomposela populationautochtoneetauraitautantintàrece-voirdesressourcesafind’améliorerleursituation.Toutefois,«ledroitàl’égalipourraitinsuffler uneplusgrandejusticedanslaclassificationdespeuplesautochtones»,indiquelepro-fesseurGrammond.Eneffet,laCoursuprêmeacemmentci,danslesarts
 Powley
3
et
 ArdochAlgonquinFirs Nation
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,quelaclassificationhistoriquementimposéenéce-ssiteunemanœuvred’ouvertureafindeduiresa portéemanifestementdiscrimi-natoire.Lemilieujuridiquenepeut pastoutefoisàluiseul-clencherlesformesespérées.Lemilieupolitiqueestappeàfairedavantagepreuved’activisme.
1SocialDataResearchLTD.2005.“Évaluationdesservicesauxsans-abriautochtonesàOttawaetrecommandation”.Enligne.46p.HYPERLIN"http://www.endhomelessnessottawa.ca/pdf/CCB%20Aboriginal-Oct05-FR.pdf"http://www.endhomelessnessottawa.ca/pdf /CCB%20Aboriginal-Oct05-FR.pdf.Consultéle15novembre2008.2“EqualitybetweenIndigenousgroups”3R.c.Powley,[2003]2R.C.S.2074ArdochAlgonquinFirstNationc.Canada(A.G.),[2004]2R.C.F.108(C.A.)
Sommaire
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   P   h  o   t  o  :   S  o  p   h   i  e   J  u  n  e  a  u
 
   P   h  o   t  o  :   S  o  p   h   i  e   J  u  n  e  a  u
 
Le Flagrant Délit
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Sophie Juneau
 juneausophie@hotmail.com
Le joueur légendaire du Canadien de Montréal Guy Lafleur saura le 11 février si sa demande d’arrêt des procédures sera accueillie. Le juge Claude Parent,siégeant à la Cour du Québec, se prononcera sur l’accusation de mesuresexcessives exercées avec le consentement de la Couronne.L’an dernier, le joueur de hockey avait comparu devant la cour après avoir livré des témoignages contradictoires au procès de son fils Mark Lafleur, accu-sé d’agression sexuelle. La policière Françoise Fortin, avec l’accord de MeLise Archambault, procureure de la Couronne, avait obtenu et exécuté un man-dat d’arrestation fin janvier 2008 à l’endroit de M. Lafleur. Les avocats de cedernier avaient aussitôt lancé une poursuite civile pour abus de procédures,exhortant le Service de police de la Ville de Montréal et le bureau du Procureur général du Québec à dédommager leur client pour une somme de 3,5 millionsde dollars.Me Gene Assad, professeur de droit à l’Université d’Ottawa qui a déjàchaussé les souliers du procureur de la Couronne, explique la démarche préala- ble au mandat d’arrestation comme suit : « Le juge de paix, sur demande desforces policières, peut, selon le paragraphe 507(2) du Code criminel, décerner un tel mandat afin d’obliger l’accusé à comparaître. Une telle décision doit,cependant, se justifier par le paragraphe 515(10) du même code. »Ainsi, selon Me Assad, la Couronne aura le fardeau de démontrer que lemandat était nécessaire pour assurer la présence de l’accusé à sa comparution, pour veiller à la sécurité des citoyens ou pour maintenir la confiance du publicenvers l’administration de la justice.Or, de l’avis d’un des avocats de Lafleur, Me Louis Belleau, la personnalité publique qu’il incarne défait l’argument selon lequel sa détention a été effec-tuée dans le but d’assurer sa présence. Rien ne laissait croire que l’hommeavait l’intention de s’enfuir. Au contraire, cet homme respecté ne possèdeaucun dossier judiciaire, rayant d’un trait la crainte à l’égard de la protectiondu public. Une comparution par voie de sommation aurait-elle été mieuxappropriée selon les circonstances?Reste le motif relatif à la confiance du public. Cette approche semble primer dans les propos que Me Lori Weitzman, la procureure de la Couronne, a lancéaux médias. Selon elle, le choix de procédure reflète la sévérité de l’infraction« pure et grave » commise au procès du fils de l’accusé. Concernant l’usage dit‘excessif’ du mandat d’arrestation, elle réplique que les policiers ont procédéavec respect et soin de la personne de l’accusé. Invité à commenter l’affaire, le président de l'Association des procureurs aux poursuites criminelles, MeChristian Leblanc, a refusé de se prononcer.Appuyant les dires d’un des avocats de Lafleur, Me Jean-Pierre Rancourt,sur l’usage odieux des procédures, Assad doute de la légitimité de ce « pétage publicitaire ». Selon lui, advenant que la Cour réprimande la Couronne, elleoptera davantage pour une réparation en dommages exemplaires plutôt que pour l’arrêt total des procédures.
   2  -   L   E   F   L   A   G   R   A   N   T   D    É   L   I   T ,   F    É   V   R   I   E   R   2   0   0   9
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NUMÉRO
10
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ARRÊT DES PROCÉDURES
Nouvelles
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Sean McKinnon
seanamckinnon@gmail.com
From December until just recently, the OC Transpostrike virtually crippled the city. At the time of writingthe strike had reached Day 46. With increased traffic, people were constantly struggling to reach their desti-nations without public transportation. Amazingly, for nearly two months, the city and the Transit Union(ATU Local 279) were not able to come to any sort of an agreement and were unwilling to take their case to binding arbitration. Both sides convinced that theywere right, they were unwilling to budge in the issues.The seemingly never-ending strike may now be over, but one thing is clear: the citizens of Ottawa paid theultimate price.There were four contentious points at issue inclu-ding wages, benefits, driver scheduling and contrac-ting out, but the main issue continued to be schedu-ling. According to the city, the system in place at thetime of the strike resulted in senior drivers obtainingeasier routes, less work and full pay plus overtime,while the junior drivers were stuck putting in terribleworking hours. Junior drivers were usually on theroads late at night and again in the early morning, aschedule that was dangerous to both drivers and pas-sengers. As an incentive, the city offered a one-time payment of $2,500.00 to all union members to com- pensate for the desired scheduling changes.The union on the other hand, was firm in its belief that the city's proposal would allow split shifts to span13.5 hours instead of 12, making for more dead timeduring the day and less time at home. ATU Local 279was against the city dictating the drivers' days off.Furthermore, it felt that the assignment of several dif-ferent routes in the same workday is a recipe for confusion. Finally, the extra payment wouldn't com- pensate for relinquishing control of scheduling.Given the state of our already dismal economy, thestrike brought about an additional dose of grief, withan estimated daily cost of $8 million in lost sales andrevenue for retail stores. In fact, the city itself was theonly party not feeling the economic strain of thestrike. While storeowners and business suffered, thecity saved money and seemed like it was in no rush toresolve the issue.People suffered, finding it difficult to get to work,make it to class on time and generally get around. Theelderly found themselves hitchhiking to long-awaiteddoctors’ appointments.In one unbelievable case, a woman walked 12hours a day to save her job. With the recent winter weather conditions, people were left in extremely dan-gerous positions – all because of the failure to agreeover scheduling issues. Residents bicycled throughdreadful snowstorms and the total number of acci-dents rose by 50 per cent this year in the city of Ottawa alone, not including highways. And traffic wassimply unbearable, with a normal 10-minute commutetaking as long as 45 minutes.Although an agreement has been reached, the cityand ATU Local 279 failed to realize that their inabilityto put their differences aside created havoc for the people of Ottawa. Throughout the strike it seemed like both parties forgot one simple fact: Ottawa’s citizens pay their salaries. It was about time that both the cityand the union started thinking about the real stakehol-ders in a completely ridiculous situation.
 
A GRA NDÉ  I   ,É   VRI  R 0  0  9 - 3 
Le Flagrant Délit
Page 3
Nouvelles
L
OI SUR LA PROCRÉATIONASSISTÉE
:
UN DÉBAT
CONSTITUTIONNEL LOIND
ÊTRE TERMINÉ
Catherine Blanchard
catherine.a.blanchard@gmail.com
 La Loi sur la procréationassistée
, adoptée par leParlement fédéral le 29 mars2004, a beaucoup fait jaser lorsque la Cour d’appel duQuébec a déclaré inconstitu-tionnels 22 de ses articles danssa décision du 19 juin dernier 
Québec (Procureur général) c.Canada (Procureur général)
.La Loi interdit et sanctionnecertaines pratiques, comme leclonage. Bien que le premier objectif de la Loi entre dans lacompétence criminelle duParlement, le second vise àencadrer et réglementer les pratiques directement liées à la procréation assistée.Le gouvernement québécoisa perçu cette initiative fédéralecomme un empiétement dégui-sé sur son champ de compé-tence en matière de santé.C’est pourquoi la Cour d’appela fait le bonheur de la provinceen concluant que « l'objectif du Parlement n'[était] pas decombattre une activité illicite,mais de remettre entre lesmains du gouvernement fédé-ral le pouvoir de réglementer la procréation assistée. »L‘audition devant la Cour suprême est donc prévue pour le 24 avril prochain. Les pro-cureurs généraux de laColombie-Britannique, del’Alberta, de la Saskatchewanet du Nouveau
Brunswick interviendront afin de défendrel’intérêt des législatures.
 Riposte de Québec?
Pendant ce temps, Québec amis en chantier sa
 Loi sur lesactivités cliniques et derecherche en matière de pro-création assistée
. En plusd’encadrer la procréationassistée, cette Loi souhaiteaussi la financer en vue deremplir la promesse électoralequ’ont présentée les Libérauxlors de la campagne de 2008.Le ministre de la Santé prévoitfaire le dépôt du projet de loirévisé en mai 2009.Plusieurs se surprennent decet empressement. Dansl’hypothèse où le débat consti-tutionnel n’avait pas eu lieuautour de la Loi fédérale,Québec aurait-il développéaussi rapidement son projet deloi? Certains juristes et politi-ciens voient dans le projet deloi une prise de position cons-titutionnelle du Québec, selonqui la santé est l’affaire des provinces.« Ce qui est clair, déclareMichelle Giroux, professeureagrégée à la Section de droitcivil, c’est qu’il y a urgenced’agir. Le fédéral a décidé defaire quelque chose, mais çan’a pas fait l’affaire. Par cont-re, personne n’agit. » Commeelle l’a mentionné dans unelettre d’opinion envoyée au
 Devoir 
, c’est « la dignité etl'intégrité des enfants conçus par procréation assistée, ainsique des femmes ayant recoursà ces pratiques » qui souffrentde ce vide juridique.
Tâche clé pour la Cour  suprême
En matière de santé, deuxvisions s’affrontent dans cedébat. Alors que Québecdéfend la santé d’un point devue fondamentalement provin-cial, Ottawa agit en adoptantune vision ouverte sur le planconstitutionnel.Lorsqu’on regarde la jurisprudence, le fédéral s’estsouvent servi de sa compéten-ce en matière de paix, d’ordreet de bon gouvernement pour  justifier ses actions dans ledomaine de la santé. « Il seraitutile que la Cour suprême se prononce sur ce principe pour trancher la vision doctrinale à propos de la santé », commen-te Giroux. « Mais ce qui estcertain, c’est qu’on a besoind’un signal clair de la Cour sur les compétences en matière desanté parce que l’ambiguïtésert bien mal l’intérêt desCanadiens. »

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