/  12
 
N
OVEMBRE
2008V
OLUME
2N
O
.2
P
REMIÈRE ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ÉTUDIANTE
CatherineBlanchard
catherine.a.blanchard@gmail.com
C’estdevantunecinquantained’étudiantsqu’aeulieu,le7octobredernier,lapremreAssembe-raleétudiantedel’Associationdesétudiantsetétudiantesdedroitcivildel’Outaouais(AÉÉDCO)del’année2008-2009.«Belleparticipation!»C’estcequ’apondud’embléelaprésidentedel’ÉDCO,LaurenceBrunet-Baldwin,apsl’assembe.«Onahabituellement20personnesquiyassistent.,c’étaitledouble»,ren-chérit-elle.«C’estbeaudevoirquelesgenss’inressentauxfaçonsdontilspeuvents’impliquerdanslafacul-té.»Enpliqueàcetint,l’exécutif sedonnepourmissiondefairepreuvedetransparenceauniveaufinancier,maisaussidanslaalisationdesacti-vités.Pourcefaire,lamiseenfonc-tionfinitivedusiteinternetdel’ÉDCOestunedespriorisquelaprésidentesestdonnée.
 Desprojetsvariés
Lesprojetssontnombreux.Leplusimportantestsansdoutelesjourescarrredessix,septethuitjanvie prochains.Commel’aaffirmélevice-présidentauxaffairesacadémiques,Jean-FrançoisCham,lenombredekiosquespvussesitueraentre42et45,augmentationconsidérableparrapportàl’andernier.Onyretrouveralesreprésentantsd’entreprisesprivées,defirmes,d’organismesà butnonlucratifetd’agencesgouvernementales.Lesactivisdejanvieretvriersontenlienaveclarecherchedestage.Lesétudiantspourronts’inscrireàdifférentsateliersdedactiondeCVoudesimulationsd’entrevues,ainsiqu’àdespré-sentations,réaliséesparcertainscabinets,concer-nantlesprofessionsdansledomainejuridique.Onretrouveégalementaucalendrierlesouper étiquettedu4novembreetlasoiedefinance-mentdu20novembre pourlesJeuxRidiques,ceux-cisedéroulantdudeuxausixjanvier àSaskatoon.Onprévoitégalementdesjouresd’activitésconjointesaveclaFacultédedroitdel’UniversitéLavalennovembreeten janvier.Ilfautaussimentionnerlacompétitiondebatsinter-facultairesFaceàface.Cetteane,l’ÉDCOessaied’obtenirsatenueàOttawa.
 Budget:unpointchau
C’estprobablementlaprésentationdubudget2008-2009quiasuscitéleplusd’attention.Celui-cin’estqueprovisoire,levoilementdubudgetfinitifétantprévuledeuxcembreprochain.Lebudgetdel’aneencoursestétabliselonceluidel’aneprécédente.Lesrevenusprovien-nentà70%decommandites;ladifrenceestobtenueparlacotisationdelarationétudian-tesdel’Universid’Ottawaetdesétudiants.Ainsi,lebudgetprovisoire2008-2009prévoitdesrevenustotauxde94200$etdesdépensesde83804$,procurantalorsuneservepourlesurgencesetlesimprévus.Cesontlesjourescarrrequiconstituentla partdominantedecebudget.Lesmembresdel’exécutifvisentunobjectifdecommanditesde25000$pourdesdépensesprévuesde18700$.Parallèlement,lemontantprévupourleFlagrantDélitatteint4700$.«CommeleFlagrantareprissesactivisdepuisl’andernieseulement,ilestencoredépendantfinancièrementdel’ÉDCO.Onconsidèrequ’ilnefautpascomplètementcouperlespontspourl’instantpuis-qu’ils’agitd’unmoyenimportantpourlesétu-diantsdes’exprimer»,commenteAudreyBourassa,vice-psidenteauxfinances.C’estparcontrelapartdubudgetaccordéeauxJeuxRidiquesquiasoulevéleplusdequestions.Eneffet,l’ÉDCOprévoitdonner6500$pour couvrirunepartiedesfraisde20étudiantsdelasectionquiparticiperontauxJeux.«C’esttrèsimportantdecomprendrequecemontantestuneexceptioncetteannéecomptetenudufaitqueçasepasseàSaskatoon»,rappelleBourassa.«BeaucoupvoientlesJeuxsimplementcommeunévénementilyadessportsetdel’alcool;maisilnefautpasoublierqu’ilyaunconcoursdeplai-doirie,qu’onrencontredesgensetqu’onpeutent-rerencontactaveclescabinetsquivonts’yp-senter.C’estaussil’occasiondepromouvoirlafacultéàl’échellenationale.»Parcequ’elleaconsacrerbeaucoupdetemps pourdéfendrelemontantallouéauxJeuxRidiques,lav-pauxfinancesestdéçuedenepasavoirpupsenterlebudgetdefaçonplustaile.«Ilfautaussiserappelerquenouspréfé-rons,enral,prévoirplusdepenses.S’ilyadessurplus,ilsserontredistribuésauxétudiants»,mentionnecettedernière.Finalement,lebudgetprévoitdesmontantsvariantentre500$et10000$pourdesprojets,activisetservicesvariés.Nouveautécetteannée:unesommede1000$,sujetteàmodifica-tionssicessaire,estaussiprévuepourleve-loppementdescomités.
Sommaire
Fin du mandat de la doyenne.. 2 Avocats sans frontières............ 5Impro à UdeO ....................... 7 Med-Laws ............................. 10
   P   h  o   t  o  :   C  a   t   h  e  r   i  n  e   B   l  a  n  c   h  a  r   d
 
Le Flagrant Délit
Page 2
Nouvelles
Gabrielle Côté
gcote099@uottawa.ca
Première femme à devenir doyenne de la Faculté dedroit, Section de droit civil, del’Université d’Ottawa en sep-tembre 2004, Nathalie DesRosiers quittera ses fonctionsà la fin de l’année scolaire.L’ancienne présidente de laCommission du droit duCanada n’a pas renouvelé sonmandat universitaire. Elle ditvouloir relever de nouveauxdéfis, demeurant toutefois dis-crète sur son avenir.« La section de droit civil perdra une personne hors del’ordinaire qui a insufflé unvent nouveau ici », a affirméla professeure Marie Pratte,commentant le départ de MmeDes Rosiers.Selon le vice-doyen à larecherche SébastienGrammond, la doyenne sou-haitait ardemment rehausser la renommée de la Faculté.Un de ses accomplissementsest l’embauche de nombreux professeurs pour qui la recher-che est une priorité. Ainsi, laquantité de recherches aconsidérablement augmenté
N
ATHALIE
D
ES
R
OSIERS
: L
A DOYENNE DE LA
F
ACULTÉ NE RENOUVELLE PAS SON MANDAT
É
LECTIONS FÉDÉRALES
,
LA NÉCESSITÉ DE SE POSERDES QUESTIONS
sous sa gouverne. De plus,elle a accordé beaucoupd’importance à don-ner des opportunitésaux étudiants.
Une Faculté diffé-rente après le pas- sage de Mme Des Rosiers
La professeurePratte souligne par ailleurs que ladoyenne a dirigé laréforme de plu-sieurs programmesavec un « dynamis-me constant ».D’abord, la liste descours obligatoiresde la licence dedroit civil (LL.L.) a beaucoup changéafin que les étu-diants soient mieuxinformés des enjeux juridiques contem- porains. Le pro-gramme intégré dedroit civil et dedéveloppement internationalet mondialisation (DVM) aété ajouté. Sa plus récenteréalisation est la création du programme de droit canadienqui permet aux étudiantsd’obtenir les deux diplômesde droit (LL.L. et LL.B.) entrois ans. Idée stagnante àl’Université d’Ottawa depuisquelques années, la possibilitéde faire des stages rémunérésdurant plusieurs sessions s’estaussi concrétisée sous MmeDes Rosiers.Ensuite, le programme ducertificat en droit aété entièrementrévisé. Le pro-gramme de maîtri-se a aussi été modi-fié par l’additionde quatre nouveauxtypes de LL.M,dont la maîtrisenotariale. Dèsl’année prochaine,ce sera la réformedes programmes de3e cycle qui entreraen vigueur.Parmi ses autresaccomplissementsen tant que doyen-ne, il y a la créationdu Centre de déve-loppement profes-sionnel, des écolesd’été autochtoneset la Chaire derecherche duCanada en droit dela santé et de lasécurité du travail.Une grande qualité de MmeDes Rosiers est sa disponibili-té pour la réalisation des pro- jets de ses collègues.Effectivement, elle consacre beaucoup d’énergie afin qu’ilsse concrétisent même s’ils peuvent paraître impossibles àatteindre.
 Période de réflexion
Après une période deréflexion, Nathalie DesRosiers a décidé de ne pasrenouveler son contrat. Elle pense avoir accompli cequ’elle devait accomplir etqu’elle sera plus utile dans unautre poste dont elle ne peut pas parler pour l’instant. Elleassumera aussi les fonctionsde présidente de laFédération des scienceshumaines pour les deux pro-chaines années. De plus, elleespère continuer ses travauxde recherches. Durant les prochains mois, elle prévoitfinaliser certains projets etcontinuer à amasser de pré-cieuses contributions pour continuer d’élargir le rayon-nement de la Section de droitcivil.Elle conseille aux étu-diants de droit de ne pas hési-ter et d’aller au bout de leursambitions, tout en gardant entête leurs responsabilités àl’égard de leur pays, leCanada, et du monde dont ilssont tous des citoyens.
   2  -   L   E   F   L   A   G   R   A   N   T   D    É   L   I   T ,   N   O   V   E   M   B   R   E   2   0   0   8
Doyenne Nathalie Des Rosiers
Catherine Blanchard
catherine.a.blanchard@gmail.com
Il y a maintenant près d’un moisque les Canadiens ont été appe-lés aux urnes. Depuis, lesforums politiques virtuels sesont remplis de commentaires :statu quo entraînant des dépen-ses inutiles, superficialité de lacampagne, trop de visionsincompatibles. Alors qu’aucours de la campagne elles fai-saient jaser, les élections fédéra-les font maintenant réfléchir.C’est certainement le votestratégique qui aura retenul’attention. Nombreux étaientles sites Web qui incitaient,voire aidaient, la populationvoter stratégiquement afin de bloquer la montée du Particonservateur. Citons en exempleunissonsnosvoix.ca ou encorewww.voterpourlenvironnement.org.La technique a-t-elle vraimenteu un impact sur le résultat duscrutin? Il semblerait que ce fut plus ou moins le cas. DanyHudon, professeur de sciences politiques au Cégep de Sainte-Foy, demeure sceptique. « Levote stratégique s’est manifestéen particulier au Québec,explique-t-il, l'endroit où il pou-vait avoir le plus d'impact, consi-dérant la force relative du Bloc.Toutefois, le faible taux de parti-cipation des Canadiens àl’élection nous empêche de tirer des conclusions claires. »Mauvaise compréhension?« Dion, en dépit des bonnesidées et de la plateforme du parti,n’est pas un communicateur »,explique Barry Kay, professeur de sciences politiques àl’Université Wilfrid Laurier, sur le site The Real News Network.C’est la théorie pour expliquer lachute vertigineuse du Parti libé-ral dans le Canada anglophone,notamment en Ontario. Maisdoit-on interpréter ce défautcomme un véritable problème decommunication ou plutôtcomme un problème de barrièrelinguistique?Au Québec, ce qui frappe,c’est l’absence de gains conser-vateurs depuis 2006, malgré les prédictions. Serait-ce queHarper, en essayant de rassasier les Québécois au niveau poli-tique, a perdu de vue l’objectif de les comprendre de façonidentitaire?
 Et maintenant?
Face à ces questionnements,des propositions, mais aussi desrestructurations s’annoncent.C’est ainsi que l’idée de repré-sentation proportionnelle estremise sur la table. Après troisélections consécutives d’un gou-vernement minoritaire, cette ave-nue est séduisante et permettraitde confier les rênes du gouverne-ment entre les mains d’un partiqui refléterait réellementl’opinion des Canadiens.Les partis devront aussi faireleur bout de chemin. Harper devra-t-il faire des compromis pour rendre sa politique, définiecomme fortement de droite, plusdouce pour attirer davantage de partisans? Les libéraux devront-ils revoir leur organisation inter-ne comme le suggèrent plu-sieurs? Dany Hudon soulèveaussi un certain paradoxe : mal-gré un multipartisme relative-ment important, l’échiquier poli-tique revient à la case départ,faute de solution de remplace-ment.L’écrivaine canadienneCharlotte Gray décrit le Canada,dans son essai No Idol IndustryHere, comme étant un pays « quia une culture nationale faible etde fortes identités régionales[traduction libre] ». En ce quiconcerne la culture, cette affir-mation ne serait probablement pas contestée. Toutefois, peut-on prétendre la même chose pour les valeurs des Canadiens,sachant que plus de la moitié dessièges sont détenus par des partis prônant tous des idéaux decentre-gauche ou de social-démocratie ? Compte tenu de larépartition des sièges à laChambre des communes, peut-on alors parler de polarité desvaleurs? En tant que société,que pouvons-nous conclure?
 
A GRA NDÉ  I   , N O VMR 0  0  8 - 3 
Le Flagrant Délit
Page 3
Nouvelles
Sophie Juneau
 juneausophie@hotmail.com
Entrée en vigueur le 2 juillet dernier, la nouvelle Loi sur lalutte contre les crimes violents vise, entre autres, à combat-tre avec une sévérité accrue la conduite automobile avecfacultés affaiblies. Certains des amendements qu’elleapporte au Code criminel provoquent des remous devantles tribunaux et remettent en cause sa constitutionnalité.Auparavant, les procureurs de la défense pouvaient dis-créditer les résultats de l’alcootest s’ils arrivaient à prouver, par l’intermédiaire d’un chimiste, leur fausseté. Désormais,ils doivent démontrer un lien direct entre la défectuosité oula mauvaise utilisation de l’appareil et les résultats obtenus.De nombreux criminalistes sont inquiets. De leur avis,les nouvelles dispositions vont à l’encontre de l’al. 11 d) dela Charte canadienne des droits et libertés, c’est-à-dire du principe fondamental de la présomption d’innocence.Rappelons qu’une dérogation à une disposition de la Charten’est pas inconstitutionnelle si l’on démontre, en vertu del’article premier, qu’elle se justifie dans le « cadre d’unesociété libre et démocratique ». En d’autres mots, une pré-somption de culpabilité peut être conforme à la Charte sielle impose à la défense un fardeau de preuve raisonnableselon les valeurs qui sous-tendent notre démocratie. Enl’espèce, le renversement du fardeau de la preuve serait beaucoup trop sévère pour satisfaire au critère de la raison-nabilité.Dans une lettre adressée au Sénat le 20 février 2008, le bâtonnier du Québec, Michel Doyon, avait soulevéd’importantes lacunes au projet de loi. Selon ses propos, lasaisie immédiate des appareils d’alcootest après l’infractionserait quasiment impossible et l’accessibilité réduite auxregistres d’entretien de ces derniers est déplorable.Il va sans dire que du côté des organismes sociaux, lesamendements au Code criminel représentent une fière vic-toire. Questionné à ce sujet, le directeur national des poli-tiques juridiques du regroupement canadien des mèrescontre l’alcool au volant (MADD Canada) et professeur dedroit à l’Université Western Ontario, M. Solomon, soutientqu’il était inconcevable que les résultats de l’alcootest pou-vaient, auparavant, être écartés par témoignage. « En cas deviols, ou d’autres délits criminels, on remet rarement enquestion les empreintes digitales, prises de sang et autres preuves scientifiques. Comment expliquer alors ce laisser-aller dans les poursuites pour conduite avec facultés affai- blies ? », se demande-t-il.La professeure de droit pénal à l’Université d’Ottawa,Marie-Ève Sylvestre, précise que la justice n’est jamaistenue aux conclusions de la science, étant donné la possibi-lité, comme en l’espèce, d’une marge d’erreur. Elleremarque aussi que la prévention et la sensibilisation sontde bien meilleurs moyens de dissuasion quel’alourdissement des recours et des sanctions légales.
A
LCOOL AU VOLANT
: D
ES AVOCATS DE LA DÉFENSEENTENDENT LA CONTESTER
A
FFAIRE
L
ATIMER
: T
OUJOURS EN QUÊTE D
UNNOUVEAU PROCÈS
Philippe B. Coderre
 pbour083@uottawa.ca
Reconnu coupable en 1994 du meurtre de sa filleTracy atteinte de paralysie cérébrale, Robert Latimer continue de lutter afin d’obtenir un nouveau procès.L’homme de 59 ans, qui vivra dans une maison detransition à Ottawa jusqu’en 2010, n’a jamais réussià obtenir gain de cause dans ses multiples démarchesvisant à retrouver sa liberté.Si l’affaire s’ébruite encore en 2008, c’est qu’il ya bel et bien eu, selon l’accusé, plusieurs violationsd’ordre moral et juridique depuis l’avènement detoute cette saga. Il ne demande rien de moins qu’unnouveau procès visant à faire reconnaître son inno-cence.Selon Marie-Êve Sylvestre, enseignante de droit pénal à l’Université d’Ottawa, ces nouvelles démar-ches ne devraient pas s’avérer concluantes : « Jedoute qu’il puisse obtenir un nouveau procès, men-tionne-t-elle. Habituellement, il faut qu’il y ait uneinjustice pour que la cause soit entendue de nouveau.Dans ce cas-ci, les faits n’ont visiblement pas chan-gé. »
 Incapable de parler, de marcher ou encore de man- ger par elle-même
Il y a maintenant quinze ans, Robert Latimer, unfermier saskatchewanais, tua par empoisonnement àl’oxyde de carbone sa jeune fille de 12 ans, Tracy.Celle-ci se trouvait dans l’incapacité totale d’exercer ses droits et ne pouvait pas parler, marcher ou encoremanger par elle-même.Elle avait l’âge mental d’un enfant de six mois.Malgré ses nombreuses plaidoiries évoquant lemeurtre par compassion, Robert Latimer fut accuséde meurtre au premier degré en 1994, mais futcondamné à la sentence minimale réservée auxmeurtres de second degré, soit la prison à vie avec possibilité de libération conditionnelle après dix ans.Cette sanction fut confirmée au cours de la mêmeannée par la Cour d’appel de la Saskatchewan.Le substitut du procureur général fut toutefoisaccusé de s’être ingéré dans la sélection des jurés enenquêtant sur leurs convictions profondes à l’égardde l’euthanasie. La Cour Suprême approuval’ouverture d’un deuxième procès.« Au Québec, commente la professeure Sylvestre,on accuse la personne, bien souvent dans ce genre decas, d’homicide involontaire. On laisse ainsi au jugele soin de fixer lui-même la durée de la sentence, puisqu’il n’existe aucune peine minimale prévue pour ce type d’accusation. Le procureur a donc, en plus d’avoir altéré la sélection du jury, choisi la pireaccusation qui soit, voire le meurtre, ne laissantaucune latitude au juge pour déterminer la peine. »En 1997, lors du deuxième procès, le juge Ted Noble accorda une exemption constitutionnelle à M.Latimer, sous prétexte que la peine minimale étaitcruelle, inhabituelle et contraire à la Constitution. Ce jugement fut infirmé par une Cour d’appel unanimequi qualifia le geste de M. Latimer « d’inexcusable ». Le fermier épuisa donc son der-nier recours en portant le jugement en appel à laCour suprême, alléguant notamment que laCouronne avait « frauduleusement mal rapporté lesfaits » au public.
 Débat juridique ou de société?
En 2001, le plus haut tribunal du pays prononçason verdict de culpabilité, esquivant la création d’un précédent dans le domaine des exemptions constitu-tionnelles. Il souligna que la peine était juste pour le pire des crimes : le meurtre.« Je ne comprends pas en quoi l’exemption cons-titutionnelle aurait créé un précédent, se questionneMme Sylvestre. Accorder un sursis à Robert Latimer n’inciterait pas davantage les gens à tuer des person-nes inaptes à prendre soin d’elles-mêmes. Je suis peut-être un peu naïve, mais il vient un temps où ilfaut faire confiance à l’humanité. »Entre-temps, Robert Latimer désire se battre dansun troisième procès afin de recevoir des réponseshonnêtes de la Cour à ses questions. Bien que la sagase déroule depuis plus d’une décennie, la polarisa-tion marquée de l’opinion publique sur ce sujetdémontre que le débat sur l’euthanasie au Canada estloin d’être résolu.« C’est un débat qui devra être discuté en sociétéet non devant les tribunaux, conclut Mme Sylvestre.Le monde politique doit prendre ses responsabilitésen main et faire face à cette question qui fait référen-ce aux croyances des gens, à leur religion et à leur  propre code moral. »
   P   h  o   t  o  :   S  o  p   h   i  e   J  u  n  e  a  u

Share & Embed

More from this user

Add a Comment

Characters: ...