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fiche de lecture sur 15 pédagogues

fiche de lecture sur 15 pédagogues

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HOUSSAYE, J.
Quinze pédagogues, Leur influence aujourd’hui
, éd. Armand Colin, Paris,1994.Fiche de lecture par Caroline Dekkar, février 2003INTRODUCTIONCet ouvrage veut répondre au manque de références pédagogiques, en offrant un panorama des grands pédagogues. Il a été réalisé par un collectif de spécialistes universitaireset de chercheurs dans le domaine éducatif.Un pédagogue est un praticien – théoricien de l’action éducative. Cette articulation estdéterminante et constitutive de la pédagogie. Les caractéristiques de cette démarche sont :-l’action (« le faire est la source du dire »), qui témoigne de-l’enracinement dans un contexte-les ruptures oes par le pédagogue-la médiocrité, réalité humaine dynamisante.Les auteurs ont choisi de limiter leur choix dans un cadre notionnel, historique etgéographique.Le premier de ces grands pédagogues est
 Jean-Jacques Rousseau
, né en 1712 àGenève et mort en 1778 à Ermenonville (77). Il traverse un siècle de modernité, où le bonheur semble assuré par le Progrès. Or Rousseau dit le contraire : le savoir corrompt, et la moralitéest d’un autre ordre que la science. Sa thèse est celle de la fiction d’une humanité originelle, etde la dégénérescence de l’humanité civilisée. Il pose néanmoins le principe de perfectibilité etde liberté. L’éducation doit donc se donner le projet de faire un homme. Son pessimismehistorique a pour corollaire son optimisme naturaliste. L’éducation doit socialiser, dénaturer l’homme pour le pousser vers une liberté autonome. Il faut le faire se muer en un être de désir qui se sert des institutions pour réussir. On peut toutefois relever des paradoxes. En effet,l’enfant est un être de besoins qui entre forcément dans un univers de désirs. Le maître doitmontrer qu’il domine, mais comment ne pas faire de ce pouvoir un acte de pression sur lavolonté de l’enfant ?C’est en fait l’éducation négative : il faut tout faire en ne faisant rien. Il ne faut pas expliciter,se justifier, mais instrumenter l’enfant pour qu’il croie vouloir ce qu’il fait. D’autre part,l’éducateur doit cultiver la différence tout en éduquant à la solidarité pour ne pas creuser lesinégalités.Les pédagogues modernes n’ont pas toujours compris Rousseau et utilisent souvent àtort des idées préconçues et prises hors contexte. Sa réflexion est riche et complexe, il faut lacomprendre en globalité. Le principal point est que l’éducation naturelle ne doit pas êtrecontre la réalité sociale.A Zurich
 , Heinrich Pestalozzi
(1746-1836), fait l’éloge de Rousseau et se fixe le projet de le comprendre et d’instrumenter la visée de son œuvre. Dans le contexte d’uneoligarchie contestée par la jeunesse intellectuelle, il a pour projet le bonheur du peuple, en prenant le chemin de l’éducation à la campagne. Il crée une école : Neuhof, qui accueille les
 
enfants errants. Mais c’est un échec à tous les plans. Dans son roman
 Léonard et Gertrude
, il pose le principe d’une bonté naturelle des hommes qu’un mauvais ordre social vientcorrompre. Or l’éducation est le pouvoir qu’a l’homme sur sa propre nature. Aucun régime politique ne pouvant répondre à l’intérêt humain, il faut éduquer l’homme à son autonomie, cequi répond à l’ordre naturel de faire œuvre de soi-même. Pestalozzi poursuit son œuvre danstrois instituts : Stans, Berthoud et Yverdon, qui seront tour à tour les laboratoiresd’expérimentation de sa méthode, et qui auront un retentissement à l’échelle européenne. Ils’agit d’une pédagogie de l’intelligence, de la main, et du cœur. Les principes sont : le rapportau réel par la perception des sens ; la simplification ; l’achèvement accompli à chaque stade ;l’activité de l’élève ; l’autonomie ; le partage des savoirs ( qui fait penser aux réseaux préconisés plus tard par Illyich). Plus tard il souhaite théoriser sa méthode. Sa thèse est quel’homme travaille dans le sens de la perfectibilité de sa nature, et que la pédagogie se construitsur la tension entre les besoins infantiles singuliers et le développement de la nature humaineuniverselle.Ici l’éducation est un savoir-faire, avant tout une pratique élaborée à partir des théoriesrousseauistes mais surtout grâce aux expériences, parfois aux échecs, qu’a connu et dont a sutirer profit Pestalozzi. Au regard des pédagogies actives ou nouvelles, on peut dire qu’il fut le précurseur de ce mouvement. Il a inspiré ‘autres pédagogues comme Freinet ou Montessori.Très influencé par Pestalozzi,
 Friedrich Fröbel 
est connu pour avoir fondé le jardind’enfants. Il naît en 1782, en Allemagne, d’un père pasteur. Il en gardera à vie un fondementchrétien. Après avoir étudié et travaillé avec Pestalozzi, il s’appuie sur la cristallographie pour inventer le concept de Sphère. En 1817 il fonde l’école de Keilhau, dont les valeurs sontcelles du travail, de la famille, de la vie en communauté. C’est le seul projet d’école qu’ilréalisera, les autres échouant. Peu avant sa mort en 1852, il créé le jardin d’enfants.Sa philosophie de l’éducation est ancrée religieusement : l’homme est une réalité divine. Il yapplique la loi sphérique, soit prendre conscience de ses possibilités cognitives, faire corréler l’interne et l’externe. C’est un processus de formation assuré par l’éducation qui passe par l’analyse de la réalité extérieure par l’intérieur.Sa pédagogie scolaire lie science et formation. L’homme est le seul être qui puisse saisir l’essence des choses, les lois de la nature. Il s’agit d’un enseignement cognitif. De plus ildéveloppe une théorie du jeu en commun (jeux d’occupation, de mouvement, de jardinage…)qui a pour but de rendre visible la Création. Plus étonnant, il invente une pédagogie pour les0-2 ans, fondé sur l’amour maternel et le jeu par les sens, qu’on appellerait aujourd’huil’éveil.Son travail de fond est méconnu, et malgré son succès international on connaît peu sa philosophie, qui certes n’est plus une conception valable du monde. Mais on peut souligner la portée de ses travaux en constatant l’actualité des jeux de construction par exemple.
 Paul Robin
, 1837- 1912, était un militant progressiste qui souhaitait libérer l’homme par le savoir. Issu d’un milieu catholique bourgeois, il enseigne les sciences mais se positionne hors des cadres institutionnels. Il entretient une activité politique internationale.Ses idées socialistes le feront emprisonner car il dérange la société et la bonne morale del’époque. En effet, il préconise la mixité et proteste contre « l’imposture religieuse ». Il fera preuve toute sa vie d’une originalité provocatrice. Au niveau politique, il préconisel’enseignement général de toutes les disciplines pour tous les élèves. Il reprend les thèses positivistes sur l’acquisition de la culture, celles de la psychogénétique notamment. La mèrene doit plus avoir l’exclusivité de la présence à l’enfant, mais les familles peuvent être
 
 présentes dans une école ouverte. Cette école offre une scolarité générale et permet de sespécialiser selon ses intérêts par la suite. Dans son orphelinat de Cempuis, il organise desrandonnées, des exercices physiques, de l’expression artistique, utilise les technologieséducatives et pratique une éducation morale. Sa thèse : l’être humain est à la fois singulier et pris dans la collectivité, son mobile est l’appétit de savoir, et l’enfant est un chercheur rationnel.Les solutions proposées étaient très avant-gardistes à l’époque, et son action ne futentretenue que par une poignée de syndicalistes. Malgré tout, son recours aux techniquesmodernes font de lui un précurseur de la pédagogie nouvelle. Et il posait des problèmes trèsactuels comme l’orientation ou le choix des programmes.
 Francisco Ferrer 
, fusillé en Espagne en 1909, est devenu célèbre grâce à la phrasequ’il lança avant son exécution : « vive l’école moderne ! ».Il naît en 1859 en Catalogne d’une famille catholique d’agriculteurs aisés. Mais très vite il serapproche des milieux républicains et de la franc-maçonnerie. Il fonde une école en 1901,dans le but de faire abandonner tout préjugé et de favoriser l’émancipation de l’individu. Il proclame une philosophie praxéologique qui va contre la religion, obstacle à la libreconscience. La science est selon lui supérieure et c’est elle qui permettra le salut del’humanité. Il souhaite d’autre part instaurer une nouvelle organisation sociale pour lutter contre l’injustice. C’est une utopie scientifique, rationnelle, sociale et libératrice, dont le pointde départ fut la liberté de l’homme. S’appuyant sur Robin, il croit en un darwinismesociologique, une logique biologique « regénérationniste ». Il croit fondamentalement en la perfectibilité humaine.Dans son école, il fait preuve d’optimisme et de pragmatisme : il a confiance en l’Education Nouvelle. Ses principes pédagogiques sont la coéducation des sexes et des classes sociales,l’hygiène scolaire, l’auto discipline, l’autonomie.C’est là qu’on peut émettre plusieurs critiques : son absence de profondeur etd’originalité, son simplisme (comme si la science faite par les hommes était une véritéabsolue et définitive !), son dogmatisme scientifique, et la négation du rôle de l’institutiondans la société. Il percevait avant tout l’éducation comme un acte politique, porteur de fortesvaleurs idéologiques.Mal connu,
 Rudolf Steiner 
a produit une œuvre immense, étrange et ésotérique, maisqui dans le fond reste très actuelle. Né en 1861 en Croatie, c’est un autodidacte qui s’intéresseà la métaphysique inductive : il pense que l’être humain est capable de saisir les loiscosmiques par l’introspection. En 1919 il créé l’école libre de Waldorf.Pour lui, il existe une nature spirituelle de tous les domaines de l’existence. Penser, c’estl’essence du monde, et tout est accessible à l’homme. Il est complètement anthropomorphiste.Pour accéder à la connaissance il faut méditer. Steiner est très influencé par le bouddhisme :karma, réincarnation,…Il s’agit d’une philosophie occulte, mythologique. Par exemple ledevenir est un processus de réincarnation rythmé tous les 7ans par une évolution brutale. Ouencore, il invente un concept de personnalité : l’homme a quatre tempéraments possibles,reconnaissables physiquement. Mais lorsqu’il fonde son école, il est forcé à s’adapter à laréalité et reprend les idées de l’école nouvelle (programme centré sur l’enfant, suiviindividualisé sans notes, matériel spécifique…) en y ajoutant sa touche « cosmique » :activités, fêtes, architecture et décoration sont mises en place de manière à suivre le rythmecosmique et organique. Il veut aussi mettre en contact les enfants avec la nature et lesresponsabiliser.

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