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éditorial,
par
 Anthony Clément
Il est comme un reet d’eau des mouvements de l’âme. Il est uneexpérience immédiate de l’approche de l’être et du monde. Ilest langage, mutisme ou preuve de l’intention. Il est tension. Transformation. Et l’on remarquera dans ce numéro du moisd’octobre combien son occurrence est signicative. Le regard.Qu’est-ce qui retient le vôtre dans la rue ? Qu’est-ce qui déferre votre liberté mentale, son amplitude ? Votre regard lit-il entreles murs ? [sic], le mensuel irrationnel de
 dixit 
,
 
 vous fait unenouvelle fois lecteur de poésie malgré vous ; regardeur. Ici à cecomptoir, dans ce bar, assis dans ce théâtre ou debout dans cettelibrairie, il vous prend à l’improviste, vous fait partager le regarddu poète au travers des prunelles noctambules de Patricia CastexMenier, présentée par Mathias Trivès, et qui rendent hommageau poète aveugle. Il vous dévisage avec un poème mythiant
Lorand Gaspar, le poème
 face à ce qui se dérobe 
par
Laurence Barrère
Peu d’encres sont salvatrices. Peu de recueils ont la fraîcheur minérale
et la fulguration de la poésie comme
Sol absolu 
, peu d’oeuvres tâtentle sol avec les mains de l’inconnu. Lorand Gaspar parle la langue dupoème avec celle du corps, Lorand Gaspar est de toutes les approches,et de celle, unique d’une parole de soufre. Parler de pureté reviendraitau silence ici, reviendrait à déceler l’insoupçonnable du langage. Il vaà nous rendre
habitable l’inhabitable et respirable l’irrespirable 
. La phraseest de Michaux, car comme lui, Lorand Gaspar est
 face à ce qui se dérobe 
. Face au néant du poème, face aux signications gées. Lepoète sait d’abord lire, se nourrir, de la faim même de l’autre. Etoser. Et affronter. La beauté minérale, son terrorisme.Comme il est simple et évident tout d’un coup, de dire « c’estbeau ». Il y a une poétique de la lumière, quelque chose quihabite, ou tour à tour expatrie, désenvoûte. Une forme qui vacille, et fait vaciller. Le renversement de la parole et deson double, le phénomène de la force.de Thierry Acot-Mirande et un nouveau texte marie-célinien. Il vous ltre avec les mots d’argile de Lorand Gaspar, moissonnés parLaurence Barrère, et avec ceux d’Ismaël. Et il vous accueille avec un vers de José Maria Valverde :
L’aveugle :Le va-et-vient des gensest parfois un ot de sang qui me donne du courage […]Le croisement
avis aux auteurs
 dixit 
 
est actuellement à la recherche de manuscrits inédits, ainsin’hésitez pas à nous faire parvenir vos textes à :
 
collectifdixit@gmail.com
ou à l’adresse suivante :
association
 
 dixit 
,
6/8
 
Place du Pont-Neuf,
31000
 Toulouse, France.
 Votre envoivousseraréexpédié s’ilest accompagné d’une enveloppe sufsamment affranchie pourle retour.Nousn’assumonsaucune responsabilité siunmanuscrit est égaré.
nouveauté
L’Homme d’Aden 
, Clara Janés,
Délit Éditions, 128 p.
 Traduit de l’espagnol vers le français par Évelyne Martin Hernandez. Au bout de la péninsule Arabique, entre ciel et mer, le Yémen. Dans cetteterre de légendes et de traditions millénaires, rien n’a plus d’importancepour les hommes que l’honneur ; à l’exception de la femme peut-être. Etquand celle-ci est occidentale… quand son visage n’est pas dissimulé sousle voile et que vers lui convergent tous les yeux masculins, alors la préémi-nente dialectique des regards prend toute sa mesure. Car c’est au travers delui, du regard, de cette expérience immédiate comme langage, qu’ici tout estrégi. Pour la narratrice, perméable, le regard peine à tromper. Il est pour ellela preuve de l’intention de l’autre, tantôt une révélation douloureuse de sachosication, tantôt l’heureuse confession de l’amour.Divergent, L’Homme d’Aden est un roman qui s’éloigne des lieux communs,qui dément l’accommodante dichotomie culturelle faite trop facilement entrele Moyen-Orient et l’Occident, qui s’écarte vers des directions différentes,qui pèse toute la commune mesure de l’humanité entre les peuples tout entémoignant de la vaine tentative d’une femme occidentale à vouloir incarnerla femme arabe.
à propos de l’auteur
La poétesse espagnole Clara Janés traduite dansde nombreuses langues et grande traductricedes poètes majeurs du xxe siècle tels que les Tchèques Vladimír Holan et Jaroslav Seifert(Prix Nobel de Littérature en 1984), le Portugais António Ramos Rosa, les Iraniens Sohrab Sepehriet Ahmad Shamlou… est enn publiée en Francechez Délit Editions, ce mois-ci, avec un roman auxaccents poétiques,
L’Homme d’Aden 
qui témoignede la vaine tentative d’une femme occidentale à vouloir incarner la femme arabe. Retrouvez Clara Janés au mois de novembre, le 18 (et en avant-première au Salon du Livre de Toulouse les 14 et 15 novembre prochains),avec un recueil intitulé
Livre d’aliénations 
.Plus d’informations sur www.deliteditions.com.
Peu d’encres sont salvatrices. Lorand Gaspar est médecin, est poète.Il pense le poïen. L’éclaire. Lorand Gaspar est mouvement dans notrelangue. Et écrit, pour dissiper l’écrit , et ses nuages.
 Approche de la parole 
, ou penser le poème comme personne, cerner
l’impalpable.
extrait :
« Je voudrais t’insufer la fraîcheur
capillaire par capillaire
que t’enfantent le glissement de l’air et le resserrementdes papilles te faire des mots verts
au matin des mots
que tu aies envie de toucher de broyert’écrire avec les ongles dans l’âge paresseux
des roches
dans les yeux -te convaincre de la terre. »
Lorand Gaspar,
Sol absolu 
agenda
théâtre / lecture / rencontre
le
13
octobre
:
Ecrits de prison - le combat d’un indien - 
de Léonard Peltier, Greg Lamazère (lecture), 19h30 - Cave Poésie (Toulouse)
le
 
16
octobre
:
 Appel aux survenants 
par Serge Pey, Libraire OmbreBlanche (Toulouse), 18h.
 
le
22
octobre
:
Pas de repos - 
Quartet de Résistance Poétique (jazz), 12h30 - Salledu Sénéchal (Toulouse)
exposition
 jusqu
 au
11
octobre
:
 Manifesto, Festival d’images - 
Contain’art
port Viguerie,quais de la Daurade (Toulouse) entrée libre tlj dès 14h00
 jusqu
 au
11
octobre
: «
L’objet nous désigne plus que nous le désignons» - 
Charlotte
Cazal, hotel d’Assézat (Toulouse) tlj de 8h à19h
 jusqu
 au
31
octobre
:
De Valparaiso à Venezia - Fabgutie (poétique-photo-graphique), café associatif le Caméléon (Toulouse)
.
octobre_2009_n°09
sic 
 ] c’est gratuit,et ce mois-ci, c’est avec :
anthony clément
laurence barrèrethierry acot-mirandematthieu marie-célinemathias triveset ismaëldirection de publication :
matthieu marie-céline
pierre hunoutassociation
 dixit 
,
 
6/8
place du pont-neuf,
31000
toulouse, france. tél :
05 61 14 27 01
fax :
05 34 32 05 81
.
 dixit 
,
 
collectif et revuede poésie, est une association à but non-
lucratif régie par la loi du
1
er juillet
1901
.président : anthony clément / vice-président :benjamin alexandre / secrétaire : matthieumarie-céline
-©
 dixit 
 
tous droits réservésaux auteurs - toulouse - octobre
2009
 
   i  s  s  n   e  n   c  o  u  r  s
of 00

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