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Ariane MarcotteIsabelle Laroseactualites@larotonde.ca
le 26 octobre 2009actualites@larotonde.ca
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Isabelle Larose
L
’Ontario est maintenant laprovince canadienne où lesétudiants ont les frais de sco-larité les plus élevés. Selonles dernières données de StatistiqueCanada, les universitaires inscrits àun programme de premier cycle enOntario ont déboursé 5 951 $ pourl’année 2009-2010, une hausse de5 % par rapport à 2008. L’Ontariodétrône ainsi la Nouvelle-Écosse,qui occupait la tête du palmarès de-puis quelques années.« Gagner le prix des plus hautsfrais de scolarité au Canada n’est pasle genre de distinction que le premierministre McGuinty devrait recher-cher », a déclaré Shelley Melanson,présidente de la Fédération cana-dienne des étudiantes et étudiants– Ontario (FCÉE-O). Pour RoxanneDubois, trésorière de la FCÉE-On-
tario et vice-présidente aux finances
de la Fédération Étudiante de l’Uni- versité d’Ottawa (FÉUO), la nouvelleposition occupée par l’Ontario n’estpas une surprise : « On savait que ças’en venait. Depuis le dégel des fraisde scolarité adopté en 2006, [ceux-ci] ont augmenté de près de 30 %. Avant cela, on occupait la quatrièmeou cinquième position.»
Hausse généralisée
Le Québec demeure la provincecanadienne où les études universitai-res sont les moins dispendieuses. Lesétudiants québécois versent annuel-lement 2272 $ pour fréquenter l’uni- versité, un montant plus de deux foiset demie inférieur à celui demandé àleurs voisins ontariens. Terre-Neuve-et-Labrador suit la Belle Province deprès avec des frais de 2619 $. D’unocéan à l’autre, les étudiants ont dé- boursé en moyenne 4917 $ pour leurinscription universitaire, une haussede 3,6 % par rapport à l’an dernier.Toutes les provinces ont connu uneaugmentation des frais de scolaritécet automne, à l’exception de trois.Les frais sont demeurés stables à Ter-re-Neuve-et-Labrador et au Nouveau-Brunswick, alors qu’ils ont diminuéen Nouvelle-Écosse ( -3,1 %) pour unedeuxième année consécutive.Selon Roxanne Dubois, le contex-
te économique difficile ne faitqu’ajouter au fardeau financier des
étudiants : « À cause de la récession,un étudiant sur cinq n’avait pasd’emploi cet été. Avec les frais descolarité qui ne cessent d’augmen-
ter, ils font face à d’énormes diffi-cultés financières. Les étudiants on-
tariens sortent de l’université avecune dette de près de 30 000 $. »
Lueur d’espoir?
La FCÉÉ voit une lueur d’espoiravec la création, par le gouverne-ment, d’une nouvelle structure de
financement du système universi-
taire, élaboré à la suite du dégel desfrais de scolarité en 2006. La for-
mule actuelle de financement com-
prend un plafond de 5 % de hausse
annuelle et prend fin cette année.
La FCÉÉ espère donc sensibiliser le
gouvernement aux enjeux financiers
des étudiants à travers diverses ren-
contres afin d’avoir droit à une nou-
velle formule plus avantageuse. Desreprésentants de la FCÉÉ se ren-dront notamment à Lobby Week,qui se tiendra en décembre, pouraller rencontrer les députés onta-
riens. « On est confiant qu’on a l’at-
tention des décideurs. On veut leurfaire comprendre qu’aujourd’hui,on ne peut plus se passer d’un di-plôme d’études postsecondaires. Lesecteur manufacturier, en Ontario,ça ne fonctionne plus. Le gouver-nement doit investir davantage enéducation, il faut bâtir une écono-
mie du savoir », affirme Dubois.
Toutefois, lorsqu’on lui demande siun nouveau plan structurel pourraitmener à un gel ou une diminutiondes frais de scolarité, elle est moinsoptimiste : « C’est le gouvernementqui a le gros bout du bâton. »Plus de 85 000 cartes postalesdemandant une baisse des frais descolarité, une conversion des prêts
étudiants et un financement par
étudiant supérieur à la moyennenationale ont déjà été envoyéesau premier ministre McGuinty. À l’Université, des bénévoles œu- vrant pour la campagne « À bas lesfrais » (“Drop Fees”) font actuelle-ment la tournée des classes poursensibiliser la population étudianteà l’augmentation des frais. Une ma-nifestation organisée par la FCÉÉse tiendra d’ailleurs le 5 novembreprochain dans les rues d’Ottawa.L’an dernier, à pareille date, prèsde 3500 personnes avaient marchépour soutenir la cause. Une amnis-tie académique empêchant les pro-fesseurs d’évaluer les élèves durantcette journée a déjà été votée au sé-nat de l’Université.
la « grande championne » des frais
FRAIS DE SCOLARITÉ
CanadaTerre-Neuve-et-Labrador Île-du-Prince-ÉdouardNouvelle-ÉcosseNouveau-BrunswickQuébec
Ontario
ManitobaSaskatchewanAlbertaColombie-Britannique2008-20092009-20102008-2009 à 2009-2010dollars courantsvariation en %4 7472 6194 5305 8775 4792 180
5 667
3 2385 0645 3084 7464 9172 6194 7105 6965 4792 272
5 951
3 3775 2385 5204 8403,60,04,0-3,10,04,2
5,0
4,33,44,02,0
Les frais de scolarité enchires par province
« Le secteur manufacturier, en Ontario, ça ne fonctionne plus. Legouvernement doit investir davantage en éducation, il faut bâtirune économie du savoir. »
L’Ontario,
- Roxanne Dubois
La manifestation annuelle du 5 novembre est en préparation.
Photo Mathieu Langlois
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