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  D  O  S  S  I  E  R
baroque
Retable dédié à Notre-Dame de l’Assomption
(église de Collioure),exécuté en 1699 par  Joseph Sunyer, dans le style baroque catalan.
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 Jean Feuillie -CNMH 
Un art de l’amour divin
«
Si parfois l’église baroque ne livrequ’au spécialiste les secrets de sa structure,Dieu s’y révèle toujours à tous, dans uneintuition immédiate et violente. Sa gloireéclate aux premiers retables de la nef comme au revers de l’abside. La flammede l’Amour divin poursuit chacun de noussans relâche, comme la parole passionnéedu prédicateur qu’Ignace de Loyola et lesPères de Trente ont lancée à la reconquêtede la Chrétienté. L’hérétique, le tiède, le”libertin“, ne peuvent se cacher à demiderrière un pilier, esquiver l’impérieuseargumentation et le flamboiement de laPrésence réelle, raisonner, mesurer leuradhésion, choisir leur saint, leur symboleou leur dogme: tout leur est donné, jeté,dans une indissociable et brûlante unité. Nulle part avant le chœur le regard ne doitse poser. Les guirlandes, les cordons, lespampres lui offrent d’irrésistibles lignes defuite. Aucun motif, surtout, n’est pour lui
 satisfaisant 
. Le stuc facilitait, comme onle sait, l’invention de figures bizarres auxcontours ondoyants, ramifiés, échevelés.Le baroque allemand multiplie ces cartou-ches chantournés, parfaitement dissymétri-ques, dont la grâce nous enchante d’abordet qui, en fin de compte, rebelles à toutedéfinition géométrique, à toute tentative destabilisation autour d’un axe, nous irritentet nous chassent vers d’autres formes nonmoins décevantes.
»Pierre Charpentrat.
 Remarques sur la structure de l’espace baroque.
Toutes les expressions artistiques– arts plastiques, architecture, musique,littérature– sont concernées par le mouvement baroque,qui s’est étendu à tous les pays catholiquesen leur donnant parfois leurs plus grands chefs-d’œuvre. Art d’illusion, le baroque mêle également toutes les expressions pour en faire des créations totales. La profusion de décors exubérantsdissimule l’architecture, la peinture se prolonge en relief,la musique monte sur la scène pour donner naissance à l’opéra...
Le Bernin a largementcontribué à créer le stylebaroque.
Ci-dessus,l’Extasede sainte Thérèse
(marbre,1652, église de Cornaro deSanta Maria della Vittoria, à Rome), et,
ci-contre,
la chairede Saint-Pierre de Rome(1656-1665, composition decaractère symbolique, soutenue par les Docteurs de l’Église, piliers de la doctrine) sont deux exemples du génie créati de cet artiste qui fut à la fois peintre, sculpteur et architecte,et dont les matériaux préférésétaient la pierre et le marbrerehaussé de dorures.
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Scala
(h)
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Okamura- Artephot 
(b)
L
e terme baroque, qui dérive du portugais
barroco
(signifiant «
perle irrégulière
»),désigna d’abord une nouvelle conception del’art qui s’épanouit aux
XVII
et
XVIII
siècles,encouragée par la Contre-Réforme et par legoût fastueux des souverains absolus.Rapi-dement détourné de son sens premier, il futemployé par les critiques, dès le
XVIII
siècle,dans le sens de bizarre, d’extravagant. Ilqualifie aujourd’hui des réalisations apparte-nant aux courants les plus divers de l’histoirede l’art.
¡
Beaux-arts
Au sens strict, le baroque est né àRome au début du
XVII
siècle avec les œuvresde Lorenzo Bernini, dit le Bernin, deFrancesco Borromini et de Pierre de Cor-tone. Architectes, peintres et sculpteurs, ilsproposèrentce qui est une caractéristiqueessentielle du baroqueune fusion totale deleurs trois disciplines en un tout indissociablequi visait à un effet unique, monumental,théâtral et impressionnant, répondant à un
 
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  S  u  i  t  e   d  u   D  O  S  S  I  E  R
baroque
L’abbaye de Melk,en Autriche.
Construite par Jakob Prandtauer (1660-1726) sur unéperon rocheux à pic sur le Danube, l’égliseabbatiale domine lesbâtiments conventuels qui l’encadrent et dont la sobriété fait ressortir lesvolumes de la façade.
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 Hans Wiesenhofer- Anzenberger 
Façade du Sagrario (milieu du
XVIII
siècle).
Cette façade qui flanquela cathédrale de Mexico est due à Lorenzo Rodríguez (vers 1704-1774). La surabondance décorative, propre aubaroque «colonial», est ici concentréedans des sortes de balustres
(estipites)
qui favorisent un mouvement ascendant.
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 Paul Almasy
Façade occidentale de la cathédralede Saint-Jacques-de-Compostelle.
Cette façade dite de l’ 
Obradoiro
datede 1738. Bel exemple du baroqueespagnol, remarquable par la profusiondes ornements, elle est l’œuvrede Fernando Casas y Novoa.
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 Everts -Rapho
souci constant de mise en scène. Cetteapproche totale de l’œuvre trouva sonaccomplissement dans l’opéra, la créationbaroque par excellence.
Le style baroque utilisa beaucoup lesformes de la Renaissance, mais à leuréquilibre harmonieux et sévère il substituaplus de liberté, d’émotion et de mouvement.Alors que la Renaissance, en architecturecomme en peinture, s’intéressait aux sur-faces, le baroque chercha à représenter laprofondeur de l’espace. Étroitement liée àl’architecture, la peinture privilégia alors lesgrandes compositions: expression pathéti-que, tourbillons de personnages, recours autrompe-l’œil caractérisent les fresques d’An-drea Pozzo, du Guerchin, de Guido Reni,de Pierre de Cortone et de Tiepolo, héritierde l’art de Véronèse, qui avait donné aubaroque ses premières impulsions dans lessomptueux décors des villas vénitiennes. Àla même époque, Michelangelo Merisi, ditle Caravage, prônait l’abandon des sujetsmythologiques, le retour à la nature et auréalisme
; on peut toutefois le rapprocher dubaroque par les violents effets d’ombre et delumière qui animent sa peinture. Les frèresAnnibal et Augustin Carrache, auteurs duplafond de la galerie Farnèse, développèrentun style éclectique combinant les qualités desgrands maîtres de la Renaissance: harmoniede Raphaël, puissance de Michel-Ange,palette du Titien. Quant à la sculpturebaroque, elle fut tout entière dominée parla figure du Bernin. Lebaldaquinde Saint-Pierre de Rome (1624), lafontaine du Triton(1640),
l’Extase de sainte Thérèse
(1644)comptent parmi ses chefs-d’œuvre.
Le baroque à travers le monde.
Aumilieu du
XVII
siècle, le baroque avaitconquis toute l’Europe et s’était mêmerépandu en Amérique latine et en Extrême-Orient. En se mêlant aux traditions locales,il prit une physionomie originale dans chaquepays. Le baroque espagnol et latino-améri-cain se caractérisa par un décor extérieur etintérieur d’une prolixité et d’une luxurianceinconnues en Italie (Altar Mayor de SanEsteban, Salamanque). En peinture, lespersonnalités de Vélasquez, Ribera, Murilloet Zurbarán débordèrent largement les li-mites du cadre baroque. Dans les paysgermaniques, le baroque trouva ses défen-seurs surtout parmi les architectes, quicollaborèrent souvent avec des peintresitaliens
; dans les Flandres, la peinture futà l’honneur avec Rubens. La France etl’Angleterre furent peu touchées par l’espritbaroque. Le classicisme français se contentad’intégrer à ses réalisations quelques élé-ments de décoration baroques (Vaux-le-Vicomte, Versailles). Une figure toutefois sedétache, celle du sculpteur Pierre Puget.
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Architecture
Dans un premier temps, le baroque,qui est avant tout le style de la Contre-Réforme, s’est principalement exprimé dansdes édifices religieux. Rome, chef de file dela religion catholique, devint le lieu privilégiéde ce style. L’architecture baroque adoptades plans longitudinaux et elliptiques, etapporta de nombreuses transformations dansle traitement de la façade, l’animant depilastres, colonnes, frontons et statues. L’en-semble concourt à donner une impression detension et de mouvement. L’architecturedevint véritablement baroque avec le Bernin,dont l’influence a été immense. Son œuvre,plus que toute autre, incarne le but de toutl’art du
XVII
siècle: «
étonner et émerveil-ler
». Parmi ses réalisations majeures, il
 
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  S  u  i  t  e   d  u   D  O  S  S  I  E  R
baroque
L’Entrée de saint Ignace au paradis 
(1685-1694), parAndrea Pozzo.
 La gloiredu fondateur de l’ordredes Jésuites est un chef-d’œuvre du baroqueà Rome. La fresque s’y confond avec l’architecture réelle,ouvrant la voûte del’église Saint-Ignace sur un ciel fictif.
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Scala
Le grand escalier de la résidence de Würzburg.
Sa construction demanda plusieurs années à l’architecte Johann Balthasar Neumann. Avec l’ 
Olympe
(1750), fresque de Tiepolo, l’escalier d’honneur est l’un des plus beaux exemples du baroque en Bavière.
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 Babey -Artephot 
L’église de la Wies.
Construite entre 1745 et 1754  par l’architecte Dominikus Zimmermann, elle est unlieu de pèlerinage. Conçue sur un plan ovale, autour d’un chœur bordé d’arcades blanches, elle s’élève dansun foisonnement de sculptures en stuc et de dorures.
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Tony Schneiders -Artephot 

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