Du global au local, un cap à suivre et des leviers pour agir
pour un pacte écologique local
“Il faut bâtir une conception de l’abondance maîtrisée, solidaire et donc frugale permettant à chacun d’accéder à ce qui lui est essentiel.”
L
a crise écologique traversée par nos sociétés ne fait, désormais, plus débat. Les Françaisn’ont jamais été aussi sensibles aux enjeux environnementaux et les médias ne leur ontjamais accordé autant de place. Nous sommes aujourd’hui confrontés à trois défis.
LE DÉfI CLIMATIQUE
L’humanité consomme à ce jour plus de11 Gtep (milliards de tonnes équivalentpétrole) d’énergie dont 80% sont desénergies fossiles. En brûlant ces énergiesfossiles nous émettons du CO
2
, l’un desprincipaux gaz à effet de serre responsa-bles du réchauffement climatique dont lesconséquences seront désastreuses pour lessociétés humaines. Pour répondre à ce défi,la France s’est engagée à
diviser ses émis-sions de CO
2
par quatre
d’ici 2050 et doncà maîtriser ses
consommations d’énergie
.
LE DÉfI DU vIvANT
La biodiversité, tissu vivant de la planète,est essentielle à notre mode de vie. Lamajorité de nos biens de consommationcourante provient du monde vivant (ali-ments, matériaux, fibres textiles, molé-cules pour les médicaments ou les cos-métiques). Nous bénéficions, par ailleurs,de nombreux
services écologiques “gra-tuits” :
approvisionnement en eau potable,pollinisation, épuration des eaux et de l’air nos zones urbaines, bref nos paysages,c'est-à-dire le fruit d'une longue histoireentre la nature et nous. Relever les défisécologiques passe nécessairement par cesterritoires.Les élus municipaux disposent pour celad’une boîte à outils non négligeable. Ilspeuvent, tout d’abord,
agir sur les bâti-ments et territoires
dont la communeest propriétaire : les bâtiments publics,les espaces verts communaux constituentautant de lieux sur lesquels il est possiblede mettre en œuvre des modes de gestionéconomes en ressources et favorables au vivant. Les élus municipaux sont, par ailleurs, responsables de
l’aménagement
de leur commune et de ses territoires. Pour cela, ils élaborent et approuvent des
docu-ments d’urbanisme
(Plan local d’urbanis-me ou PLU, Schéma de cohérence territo-riale ou SCOT). Ces documents sont fonda-mentaux car ils déterminent, sur le moyenterme, la cohabitation entre les zoneséconomiques, les transports, l’habitat, leszones naturelles. Les élus peuvent, dans cecadre, délivrer des
permis de construire
aunom de la commune et encourager, ainsi,la densification urbaine ou des modes de
Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme5
(par les plantes et les micro-organismes),protection contre les catastrophes natu-relles, préservation des sols… Notre modede développement va surtout de pair avecune érosion de la biodiversité à un rythmeaccéléré, détruisant les habitats des espèces vivantes et les empêchant de se déplacer.
LE DÉfI SANITAIRE
Nos modes de production et de consom-mation génèrent, aujourd’hui, l’émissionde nombreux polluants dangereux pour lasanté humaine et nuisibles aux écosystè-mes : produits chimiques (produits d’en-tretien ménager, pesticides), émissions pol-luantes des transports, déchets… Il existe deplus en plus de
produits ou de méthodesalternatives.
Il s’agit désormais de les utili-ser et d’encourager leur développement.
LES LEvIERS DE L’ACTION MUNICIPALE
La France compte plus de 36000communes qui couvrent l’ensemble duterritoire national, nos forêts, nos collines,nos prairies, nos champs, nos rivières,construction écologique. Il est égalementde leur ressort de définir des
plans dedéplacement urbain
favorisant les trans-ports doux (transports collectifs, vélos). Ilspeuvent acheter des espaces afin d’y favo-riser des
activités respectant l’environne-ment
ce qui se révèle très important pour les espaces périurbains, souvent laissésà l’abandon. Certains sujets, tel le traite-ment de
l’eau
et des
déchets
, nécessitentdes investissements lourds. C’est pourquoiles communes se regroupent souvent afind’exercer en commun leurs compétencessur ces sujets. Cela s’appelle
l’intercom-munalité
. Les décisions sont, alors, prisesen commun.
LE RôLE DU CITOyEN
Les élus locaux sont les gérants de notrepatrimoine naturel et bâti. Les électeursont donc une forte
légitimité
pour lesinterroger et les interpeller sur ce qu’ilscomptent faire pour préserver et enrichir ce patrimoine. Il est donc fondamental queles électeurs apprennent à
connaître
leur cadre de vie ainsi que les moyens d’actionsde leurs élus pour devenir
partie prenantede sa gestion.
C’est l’objet de ce guide.
JEAN-BAPTISTE DE fOUCAULD A DIT …
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