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pour La trilogie “Chrysalides” de Patrick Bernatchez,alerie Bertrand Grimont, 10.09.09 / 31.10.09
“Dans le Fini, nous ne pouvons ni expérimenter ni voir que la fin est vraiment atteinte.L'accomplissement de la fin infinie ne consiste ainsi qu'à supprimer l'illusion qui nous porte à croire qu'elle n'est pas encore accomplie. Le Bien absolu s’accomplit éternellement dans le monde et le résultat est qu'il est déjà accompli en soi et pour soi et n'a nul besoin d'attendre après nous.” (1)
La trilogie “Chrysalides”
, est très bien décrite dans différents textes et souventde manière inspirée, certaines sources sont disponibles à la fin de cettecontribution (dans la version blog)une contribution comme approche de cette oeuvre envisagée commepsychogramme, où le langage se cherche comme trace, il tente de rendrepalpable (haptique) une/des conséquence/s de l’exposition (exposure) à sestextures, à ses thèmes, à ses puissances.ici surtout, cette trilogie, vue plusieures fois à la
Galerie Bertrand Grimont
, sedéploie comme une instance de délibération, la polarité nécessaire et salutairedes dispositifs de résolution qui pullulent dans la production “culturelle” etobstruent l’échange entre le donné à voir et l’être vu, “
Chrysalides
” pose desquestions qui n’exigent pas de solution, y compris celles des conditions de sonexistence, il ne s’agit en rien d’y ou d’en répondre, vers une contribution:
 
I, latéralité, des/as-cension
“ Voici encore, en cette matière, ce que je veux te faire connaître. Les atomesdescendent en ligne droite dans le vide, entraînés par leur pesanteur. Mais il leur arrive, on ne saurait dire où ni quand, de s'écarter un peu de la verticale, si peu qu'à peine on peut parler de déclinaison. Sans cet écart ils ne cesseraient de tomber àtravers le vide immense, comme des gouttes de pluie ; il n'y aurait point lieu àrencontres, à chocs, et jamais la nature n'aurait rien pu créer. (...)« C'est pourquoi, je le répète, il faut que les atomes s'écartent un peu de la verticale,mais à peine et le moins possible. N'ayons pas l'air de leur prêter des mouvementsobliques que démentirait la réalité (...)” (2)
“I feel cold today”
, 2007neige, cendres, nuées, retombées, manne?la blancheur du phénomène , sa prolifération, la force inexpugnable de laconcrétion, l’énergie cinétique de l’aggrégat, relentlessness......pour les “singes nus” ce qui vient du ciel fut toujours annonciation etévénement, condition et horizon, la terre puisque le ciel, appel au dépassementet rappel à la dissolution, “sturm und drang”, sublime de/et terreur......mais ici, du ciel seulement ses effets vus depuis un “dedans”, un intérieurtertiaire désaffecté, au design connoté, un avatar de la carapace dont le “singenu” s’est paré face aux éléments et ainsi décupler ses capacités de résistance,de faire, de transformer, de consommer, et peut-être un jour de s’enfuir, des’enfouir?...s’il a habité un jour l’a-t’il fait en poète?l’a-t’il deserté en berger?a-t’il su pré-voir?y-a-t’il un ciel ou une terre pour les créatures non humaines?replié dans sa tannière, hibernant, même disparu, l’animal lui, de-meur(t)e....des particules diverses circulent, se déposent, s’aggrègent, poussées par unebrise aussi omniprésente qu’invisible, les rideaux en pans rectangulaires encoreretenus à leur tringle, livrés à des mouvements à la fois gracieux et grotesques,du papier volant, des revues, des meubles, peu à peu engloutis, ici le désert adéjà avancé.cela sans observateur identifiable, hormis un objectif de caméra-sonde,instrument d’une tomographie sans objet cerné, sans territoire purementvertical, ici tout est horizontalité, sans pathos ni projet, documentant quelquechose de l’absence, sa propre fonction.peut-être celle de dresser la topographie d’une réalité qui à la fois précède,succède et se superpose à celle qui nous sert de référent.
 
un moment de réalité où toujours-déjà il fait froid pour un corps immobile etrésolument indifférent, aux artefacts-organes rendus à leur agencementtransitoire d’atomes et de particules, libérés de l’intention et de l’usage,bousculés par les flux du dehors auquels cette enveloppe n’offre plus derésistance, un corps sans épiderme, sans pilosité utile, vulnérable, traversé,exposé.alors qui sent, qui a froid?qui est ce “I”?le je-u de la mémoire inscrite dans les composants des terminaux beiges?dans les câbleries discrètes et structurelles de l’activité de bureau?les archives éparses aux encres instables?les traces organiques déposées sur un clavier?un accoudoir?un portemanteau?un livre?si le “singe nu” n’est plus abrité ici,si ses effets ne se font plus événement, actualisation,s’il n’est plus signature et rature entre le ciel et la terre,s’il n’a plus l’usufruit de la protection grégaire, le côntrole-matrice du “zoohumain”,s’il à froid aujourd’hui,alors “I feel cold today” pourrait être un psychogramme, un glyphe, unedernière ligne de code, une ultime saisie:“press enter” avant la glaciation, “last upload” avant la fin,invisible puisque inscrit dans la noosphère, dans les réseaux qui, eux aussi, ont(toujours-)déjà aspiré la présence vers la télé-présence, vers l’ultime extase dubiologique, vers le ravissement dans l’hyperréalité....dans le désert (du réel), transhumance vers le transhumain, “welcome”......ces particules blanches pourraient-elles être aussi et paradoxalement les tracesde cette manne biblique? qui, de retour, a nourri (feed) et ravi (download) lesélus du jugement dernier, ne laissant aux autres que l’anéantissement dansl’analogique, les limites ontologiques du code binaire, dans la poussièremagnétique, le retranchement dans les infractuosités des bases de donnéesdésormais inaccessibles, vu d’”ici”?alors, peut-être encore, “
I feel cold today
” serait une oeuvre de réconciliation,de suture avec l’humain comme tension, de la créature rendue a sa fragilité eten voie, toujours différée, d’humanisation, qui ne peut que tenter de gratter,graver, inscrire la paroi de son abri, tropisme anthropologique, fonction dupariétal, de l’art aussi, surtout?.puisque le béton résiste, puisque la surveillance, les rituels sociaux, enattendant une éclaircie impossible ou un ascenseur qui ne peut que descendre,il reste la mémoire non-organique (mais aussi minérale), le temps d’uneoscillation électrique (flicker), d’un livre posé sur un bureau: le “zoo humain” qui succède au “singe nu” ou peut-être l’inverse.
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