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Pourriez-vous nous dire ce qui vousa poussé à devenir enseignant?
Ma mère avait une école commercialeprivée et je voyais qu'elle prenait ungrand plaisir à son travail.Ensuite, quand elle a pris sa retraite,elle a commencé à louer des cham-bres à des étudiants étrangers de l'Al-liance française ou bien des cours dela Sorbonne. Certains me deman-daient parfois de les aider et jeme suis rendu compte que j'adoraisexpliquer ma langue à des étrangers.Il faut dire qu'au départ ma vocation aété entravée par un affreux professeur de philo en terminale.Me trouvant trop timide, il avait éclatéde rire lorsque j'ai répondu avant lebac que je souhaitaisdevenir enseignant un jour.
Dans quel type de structure ensei-gnez-vous?
Dans une faculté des lettres et scien-ces humaines à des étudiants qui ontfait 3 ans minimum de francais au ly-cée et qui sont donc capables de sui-vre des cours en français.
Qu'aimez-vous dans votre profes-sion?
Ce qui se passe en classe et qui n'est jamais pareil, car mon public changetout en restant le même.le fait aussi d'être payé pour cultiver mes passions que je partage ensuiteavec mes étudiants.Bref, j'ai fait d'autres métiers, je n'aipas étudié pour devenir prof, mais jene saurais faire autre chosedans la vie!
Et quelssont les in-convénientsde cetteprofession?
Tout ce qui se passe en dehors de maclasse. L'administration universitaire,les querelles intestinespour les postes, les crédits, les gensqui se prennent au sérieux car ils n'ont jamais vu autre chosedans leur vie que le monde de l'ensei-gnement de la maternelle à l'universi-té. Bref l'absence de véritabledébat intellectuel ou de contacts sti-mulants, d'autant que les départe-ments de langues sont de plus enplus linguistiques. Quand on et pas-sionné de littérature et d'histoire politi-que, sociale, on est de plusen plus isolé.
Avez-vous le sentiment que les Fin-landais s'intéressent particulière-ment à la France et à la langue fran-çaise?
Non pas du tout! Pourquoi diable leferaient-ils ? Napoléon et le tsar sontallés disposer d'eux à Tilsitt!La culture européenne leur est arrivéepar l'Allemagne et la Suède. Quandl'existence de la Finlande était mena-cée, leurs soutiens sont arrivés deSuède et d'Allemagne, pas de France!L'intérêt pour la France ne peut être lefait que d'une minorité. La langueparaît autrement difficile àapprendre que par exemple l'italien.
Avez-vous remarqué, dans votreétablissement, une évolution en cequi concerne le nombre d'étudiants
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qui choisissent le français?
Tout de suite après l'entrée dans l'UE,il y a eu une vague assez importanted'intérêt pour le français pour des rai-sons purement utilitaires: Beaucoupde gens s'imaginaient que sans lefrançais, ils seraient marginalisés àBruxelles et dans les institutions com-munautaires.Or la réalité du poids de la languefrançaise dans l'UE est bien moinsreluisante et donc, j'ai pu constater une décrue. Mais je ne m'en soucieguère, car ceux qui choisissent le fran-çais, ici du moins à Oulu ont un vérita-ble intérêt pour la France et les paysfrancophones où un nombre grandis-sant a passé quelque temps.L'autre point qui me réjouit est quenous accueillons, même en Lettres,des étudiants de tous horizons: histo-riens, informaticiens, biologistes, géo-graphes, économistes, littéraires aulieu des "banals" étudiantsen langue étrangère.
En général, quelle image de laFrance et des Français vos élèves/étudiants ont-ils?
Une belle langue difficile. Un beaupays béni des dieux à cause de la di-versité des paysages, des vins, desfromages. Mais aussi des gens diffici-les à comprendre car ils sont fiers de
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leur francité, fiers de leur langue etc.
Vos élèves/étudiants considèrent-ils la langue française particulière-ment comme une langue difficile?Pourquoi?
La prononciation peut-être en premier lieu. Le subjonctif, le futur de l'indicatif,les prépositions.Le fossé entre langue écrite et langueparlée. La diversité des niveaux delangue.
Quelles difficultés principales, liéesà l'apprentissage du français, lesélèves/étudiants finlandais ren-contrent-ils?
Les prépositions, la diversité destemps du passé par ex. La compré-hension de la langue parlée. L'expres-sion écrite.
Quelles sont, d'après vous, les dif-férences fondamentales entre lessystèmes éducatifs français et fin-landais?
Le système éducatif français me paraîtplus dur, plus exigeant, plus impitoya-ble et froid, plusélitiste: c'est "que le plus fort gagne" et"chacun se débrouille"! Il y a aussi uneplus grande distance étudiants/enseignants. Peu de dialogue. Quesuive celui qui comprend! semble êtrela devise deséminents professeurs.Ici on écoute sans cesse les étudiants.On leur demande leur avis. On se faitnoter par eux. Le travailexigé pour chaque crédit est soigneu-sement soupesé au milligramme prêtet que l'on ne s'avise pas defaire lire par exemple un livre dont lenombre de pages dépasserait le maxi-mum prescrit.L'université se plie en 4 pour procurer des stages aux étudiants. Chacun re-çoit une bourse quelsque soient les revenus des parents.Bref on bichonne, dorlote les étudiantsqui deviennent très conscientsde leurs droits, mais plus vagues, plussouples quant à leurs devoirs.
Quels sont les points forts du sys-tème éducatif finlandais?
L'absence de dualité Universités/Grandes écoles. Une relation sanspréconçu idéologique avec le mondedu travail et des entreprises.Par ex pour les enseignants une inté-gration de la formation théorique et dela formation pédagogique.Une plus grande écoute aux deman-des des étudiants et de la société.
Et quelles sont ses faiblesses?
Un certain conformisme social et intel-lectuel. Je suis sidéré d'apprendre queles étudiants suiventavec passion les émissions de chaî-nes sans intérêts: talk-show de ConanO'Brian, Idols, genre Lof story et autres insanités.L'idée qu'on ne fait que ce qui est obli-gatoire et ou utile. Rares sont les es-prits curieux, exigeants quine se contentent pas de ce qu'onpourrait leur offrir de prémâché. Jesuppose que c'est inévitable,car le système rappelle les horaireschargés des lycées.L'adoption de la réforme des étudesdite de Bologne a été l'occasion deserrer la vis aux étudiantsen limitant leurs possibilités de choixde matières secondaires afin de lespousser le plus vite possible vers lasortie. La pire aberration cependantest le système qui consiste à répartir les crédits accordés aux universitésselon le nombres de masters et docto-rats produits.Nous sommes dans la logique stali-nienne des plans mirobolants: cons-truire x tracteurs sans se soucier deleur qualité. Autre plaie de l'université. L'introduc-tion de la rémunération au mérite quiest un système kafkaïo-stalino-courtelinien. Il faut désormais perdredes heures ennuyeuses à remplir despages et des pages pour se vendreet ensuite négocier ligne par ligneavec un directeur de département dé-pourvu de toute autorité, car en fin decompte, la décision appartient au mi-nistère des finances qui d'ailleurs n'ac-corde que quelques miettes dérisoirespour "récompenser" le mérite.La contestation étant une forme d'es-prit étrangère à la Finlande, les gensse contenteront de grogner tout enobtempérant, car m'a-t-on dit, de labouche même d'éminents esprits doc-toraux, "nous sommes un peuple quirespecte l'autorité et quand on nousdonne un ordre, nous l'exécutons."
D'après vous, pour quelles raisonsun élève/étudiant finlandais devrait-il apprendre le français?
Parce que la langue ne ressemble niau finnois ni à l'anglais! Parce qu'onne cesse jamais d'en découvrir denouvelles facettes.Et puis, explique-t-on pourquoi onaime le champagne, le roquefort et laharissa? Et bien la France, c'esttout ça, parce que ça pétille, c'est in-saisissable, ça pique, parce qu'on necesse jamais de la découvrir,de s'irriter, de se réjouir, de la détester et de l'adorer. Elle permet en plus dedécouvrir des dizaines decultures hors de France.Et puis, c'est une langue vivante, quichange tout le temps, tout en étantconservatrice.
 
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Pourriez-vous nous dire ce qui vousa poussée à devenir enseignante?
Depuis mon enfance, je voulais êtreinstitutrice, j'aimais bien apprendre etapprendre aux autres me paraissaitagréable, j'aimais bien l'école, lescontacts avec les autres. Je trouvaisqu'il y avait une certaine égalité, qu'onpouvait parler et s'exprimer et discuter avec les autres. J'aimais mes profes-seurs et ils m'ont donné envie de fairela même chose. Étant timide, ce mé-tier était un bon moyen d'apprendre àm'exprimer et de communiquer avecles autres. L'école, c'était une ouver-ture sur d'autres pays, d'autres cultu-res, plus larges que le monde familial.
Dans quel type de structure ensei-gnez-vous?
Une Université
Qu'aimez-vous dans votre profes-sion?
Le contact avec les autres, l'échangeet aussi l'obligation de transmettre desidées, également le fait de faireconnaître de nouvelles choses auxautres et d'apprendre d'eux.La liberté dans le travail, le travail doitêtre organisé par soi-même en-dehorsdes heures de cours. On découvresans cesse de nouvelles choses.
Et quels sont les inconvénients decette profession?
 Aucun !! Mais bien sûr, cela demandede l'énergie et parfois c'est un peufatigant de parler beaucoup.
Avez-vous le sentiment que les Fin-landais s'intéressent particulière-ment à laFrance età la lan-gue fran-çaise?
Oui. Peut-être moins qu'avant l'entréede la Finlande dans l'UE.
Avez-vous remarqué, dans votreétablissement, une évolution en cequi concerne le nombre d'étudiantsqui choisissent le français?
C'est toujours à peu près le mêmenombre, car il y a un examen d'entrée.
En général, quelle image de laFrance et des Français vos élèves/étudiants ont-ils?
Une image positive mais aussi assezréaliste, car ils y sont allés. Ils aimentl'atmosphère, la nourriture, la culturemais sont aussi conscients des problè-mes sociaux de ce pays.
Vos élèves/étudiants considèrent-ils la langue française particulière-ment comme une langue difficile?
 Assez difficile je pense, mais le niveauest déjà très bon à leur entrée dansnotre département. Des difficultés deprononciation bien sûr et de syntaxe(les temps du passé par exemple).
Quelles difficultés principales, liéesà l'apprentissage du français, lesélèves/étudiants finlandais ren-contrent-ils?
la prononciation, ils n'ont pas toujoursla possibilité de pratiquer suffisam-ment le français oral, les temps desverbes, les prépositions, le manque devocabulaire pour pouvoir discuter 
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Quelles sont, d'après vous, les dif-férences fondamentales entre lessystèmes éducatifs français et fin-landais?
Le système finlandais assure à toutela population un niveau d'éducationbon mais où les étudiants les plusdoués ne peuvent pas s'exprimer suffi-samment : c'est une éducation pour lamajorité. L´éducation française privilé-gie davantage le développement de lapersonnalité, du débat, l'analyse detextes, la remise en question, lessciences humaines. L'éducation finlan-daise donne une bonne culture géné-rale et privilégie les langues, les scien-ces et les techniques. L'histoire, lalittérature, la philosophie restent se-condaires.Le système d'organisation des horai-res est meilleur en Finlande : moinsd'heures, plus de sport.
Quels sont les points forts du sys-tème éducatif finlandais?
le soutien des élèves jusqu'à la fin ducollège : pas de redoublement (trèsrare), la souplesse du travail par pério-des, les exposés, la modernité desoutils d'enseignement (internet, power point)
Et quelles sont ses faiblesses?
Le manque d'analyse et débat, laculture et l'art sont délaissés, un ensei-
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