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Le journal indépendant de l’Université d’OttawaÉdition du 2 novembre – Volume LXXVII N
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Avenir sombre pour les nances de l’Université,malgré des frais de scolarité toujours à la hausse.
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Actualités
Ariane MarcotteIsabelle Laroseactualites@larotonde.ca
le 2 novembre 2009actualites@larotonde.ca
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www.larotonde.ca
 Isabelle Larose
L
a crise économique n’a pas épar-gné le secteur de l’éducation, nil’Université d’Ottawa. Fontedes revenus d’intérêts, réductiondes transferts gouvernementaux etaugmentation des coûts d’approvi-sionnement ne sont que quelques-unes des raisons pour lesquelles le
spectre des déficits et des coupes
 budgétaires plane actuellement au-dessus du pavillon Tabaret.Lors d’un discours sur la situation
financière de l’Université énoncé en
mars dernier, Allan Rock avait an-noncé que l’établissement allait en-
trer dans une ère de déficit budgétai-
re. À ce moment, on prévoyait qu’ilmanquerait cinq millions $ dans lescoffres de l’Université pour bouclerle budget de l’année 2008-2009.
Bien que le déficit n’ait finalement
atteint que 400 000 $ en raisond’une augmentation imprévue dunombre d’inscriptions, la situation
financière de l’Université d’Ottawa
est loin d’être rose. Selon les prévi-
sions, l’exercice financier en coursdevrait se clore avec un déficit total
de 15 millions $, tandis que 25 mil-lions $ devraient manquer dans lescoffres de l’Université pour l’année2010-2011. « Sans vouloir être alar-miste, l’Université d’Ottawa, commetoutes les universités ontariennes, va connaître des mois et des années
difficiles », affirme Victor Simon, vi-
ce-recteur aux ressources.
Moins d’argentdu gouvernement
La réduction des transferts gou- vernementaux vers les universitésest l’un des facteurs qui expliquent
la difficulté financière de l’Universi-
té. « À l’heure actuelle, les gouverne-ments voient leurs revenus diminuer
et les besoins financiers augmenter;
ils ne sont donc pas en mesure denous donner les subventions defonctionnement accrues dont nousavons besoin, ni de compenser nospertes en revenus de placement oula diminution des contributions pri-
 vées », avait déclaré Rock en mars
dernier. Aujourd’hui, Simon se dit
également très préoccupé par lesfinances du gouvernement : « Le
gouvernement fédéral annonce un
déficit de 50 milliards $ et affirme
qu’il n’y aura pas d’équilibre avant2014. Le gouvernement ontarien
 vient de hausser pour la deuxièmefois cette année le déficit prévu. On
est passé de 18 milliards $ à 25 mil-liards $ pour cette année et on pré-
 voit encore des déficits pour les troisprochaines années. »
Revenus d’intérêts en baisse
L’Université a vu diminuer desept millions $ ses revenus d’inté-rêts provenant du fonds de roule-ment, une somme normalementréinvestie dans les coûts de fonc-tionnement. Les fonds de dotation
pour financer les bourses d’études
et la recherche ont rapporté troismillions $ de moins qu’à l’habitude.En plus de voir ses revenus dimi-nuer, l’Université a dû composeravec des augmentations de 5 % dela rémunération et du coût d’ap-provisionnement. Cette hausse peuts’expliquer par le recul du dollar ca-nadien, qui a fait augmenter le prix
des fournitures achetées auprès de
fournisseurs étrangers, comme deslivres, des périodiques et du maté-
riel scientifique. Victor Simon considère égale-ment que le financement actuel du
régime de retraite des employés
contribue à dégarnir les coffres :
« La contribution de l’Universitéau régime de retraite est passéede 8,75 % en 2003 à un peu plusde 12 % actuellement. C’est unehausse considérable qui met unegrande pression sur le budget del’Université. On ne peut plus conti-
nuer comme ça. » Selon Simon,
des négociations avec les syndicatsdevront avoir lieu pour procéder à
un rééquilibrage afin que « les em-ployés participent davantage au fi-nancement de leur régime ».
Fonds de roulement
Les déficits des années 2008-2009
et 2009-2010 seront épongés grâceà la réserve de fonctionnement et demultiples fonds d’opération. Qua-torze millions $ seront entre autrespuisés dans la réserve allouée à Vi-sion 2010. « On peut faire ça un anou deux, mais on ne peut pas aller
répéter ça chaque année », explique
Simon. C’est donc dans ce contexteque l’administration a mis sur piedle plan d’optimisation des ressour-ces pour atteindre un équilibre bud-gétaire durant l’année 2010-2011. Leplan vise à diminuer les dépenses del’Université ou à augmenter les re-
 venus de 5 % (25 millions $) afin de
ne pas terminer l’année 2010-2011dans le rouge.
Bien qu’il qualifie les prochainesannées d’« austères », Victor Simon
 voit dans la hausse actuelle du dol-lar canadien un effet favorable à la
situation financière de l’Université.
De plus, l’augmentation constantedes inscriptions pourrait permettreà l’Université de mieux affronter lesannées de disette.
L’Université se serre la ceinture
COUPES BUDGÉTAIRESOPTIMISATION » VOX-POP
Dans le cadre de son dossier sur l’optimisation des ressources,
 La Rotonde
a demandé à des étudiants s’ils savaient que ceprocessus était en branle et quels services ils seraient prêts à
sacrifier ou, au contraire, à sauvegarder.Texte:
 Philippe Teisceira-Lessard 
Photos
: Mathieu Langlois
Charline Guertin
Non, je ne le savais pas du tout. On ne devrait surtout pas tou-
cher à l’aide financière aux études, ça coûte tellement cher,
étudier à Ottawa, par rapport au Québec, par exemple.
 Allan Balfe
Non, je n’en avais aucune idée. Je dirais que la bibliothèque est
essentielle. J’y passe beaucoup de temps pour mes études. Jene sais pas ce qu’on pourrait couper, je ne vois pas vraimentde services inutiles.
 Virginie Laganière
Je pense que tous les services sont utiles à la qualité de vieet de l’enseignement à l’Université d’Ottawa. Le service de lapublicité devrait sûrement être coupé en premier.
Sarah Napp
Non, je n’étais pas au courant. Je ne sais pas ce qu’onpourrait couper. Les besoins sont tellement différents en-tre les individus, donc c’est difficile de prendre une déci-sion comme ça.
DÉFICITS
     4     0     0      0     0     0      $     1     5      0     0     0      0     0     0      $     2     5      0     0     0      0     0     0      $
     2     0     0     8  -     0     9     2     0     0     9   -     1     0     2     0     1     0   -     1     1
 
Actualités
actualites@larotonde.cale 2 novembre 2009
www.larotonde.ca
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 Philippe Teisceira-Lessard 
La communauté universitaire
s’inquiète grandement des impor-
tantes coupes que prévoit l’admi-nistration Rock pour équilibrerson prochain budget déficitaire.Les associations représentant lesétudiants, les professeurs et lesemployés de l’Université d’Ottawaont en effet fait connaître leurs ré-ticences par rapport à tout le pro-cessus d’optimisation des ressour-ces lancé par Allan Rock en marsdernier.
Un processus effectuésans les étudiants
Depuis le printemps, des sous-comités chargés de secteurs d’ac-tivité particuliers élaborent desplans budgétaires afin de réussirà créer le fameux surplus de 5 %.Ces sous-comités présentent etremettent le fruit de leur travailau comité directeur afin que ce-lui-ci puisse rédiger et adopterun rapport final donnant une di-rection claire à l’action des diri-
geants universitaires. Le problè-
me, dans tout ce processus, selonles acteurs de la communauté? Lecomité supérieur, celui qui aurale dernier mot sur les recomman-dations, ne comporte que deuxmembres internes de l’Université,
et aucun étudiant n’y siège. La
présence étudiante a par ailleursété évacuée de la composition detous les sous-comités.« Ce “plan d’optimisation” adans sa mire des mesures qui ris-quent fort de réduire la qualité
de l’éducation : gel d’embauche,
réduction du nombre d’assista-nats d’enseignement, etc. C’estpourtant à des gens de l’extérieurde l’Université qu’on a demandéde prendre ces décisions, qui ris-quent d’affecter pour le pire la vie
universitaire et académique », ex-pose Gaétan-Philippe Beaulière,
commissaire aux affaires externesde l’Association des étudiants di-plômés (GSAÉD). Les deux mem- bres issus de la communauté uni- versitaire siégeant sur le comitédirecteur sont David Zussman,détenteur de la Chaire Jarislows-ki sur la gestion dans le domainepublic et ancien doyen de la fa-culté de Gestion, ainsi que DenisPrud’homme, doyen de la facultédes Sciences de la santé.Loin de rejoindre les associationsétudiantes dans leurs inquiétudes, Allan Rock, recteur de l’Universitéd’Ottawa assure néanmoins queceux-ci auront voix au chapitre.Lorsque
 La Rotonde
l’interroge sur
l’absence complète de ceux qu’ilaffirme pourtant mettre au centre
de ses priorités, il tente de se fairerassurant. « C’est vrai, répond-t-il,mais la chose la plus importante,c’est d’avoir une consultation etune discussion avec les étudiantsavant que les décisions soient pri-ses. C’est vrai qu’ils ne font paspartie du comité, mais ils seront àla table quand nous prendrons les
décision. »
Cependant, les regroupementsétudiants du campus ne semblentpas vouloir se fier à la bonne pa-role du recteur et désirent êtreofficiellement représentés dans leprocessus.« Est-ce trop demander que ceprocessus de consultation com-prenne une participation active detoutes les parties prenantes, soitles étudiants, les professeurs et lesemployés? Selon la mission même
de l’Université : “Collégialité, trans-
parence et imputabilité dirigent no-tre gouvernance universitaire.” À ce jour, sur ces trois plans, il y a place
à beaucoup d’amélioration », atta-que Beaulière de manière diploma-
tique. Seamus Wolfe, président dela FÉUO, reprend ces accusations
avec plus de véhémence : « Le fait
que les étudiants, les professeurs,les assistants à l’enseignement et lepersonnel de soutien – les groupesqui seraient directement affectés –ne sont pas inclus fait de ce proces-sus un processus illégitime et anti-
démocratique. »
Professeurs en danger?
 Au-delà de la composition du co-
mité qui rédigera le rapport final,
c’est surtout la nature des coupes qui
inquiète les membres de la commu-
nauté universitaire. Trouvez 5 % dedépenses à éliminer n’est chose fa-cile pour aucune organisation. Lors-que environ 80 % du budget passedans la masse salariale d’employéshautement syndiqués, comme c’estle cas à l’Université, cela devient un vrai casse-tête.Le comité directeur ne prend
pas les décisions lui-même; il se
contente plutôt de faire des recom-
mandations concrètes de coupes
 budgétaires ou encore d’augmenta-tion des revenus. Son rapport seradéposé au Comité d’administra-tion, composé du recteur et des vi-
ce-recteurs, qui possède le pouvoir
de mise en oeuvre.Questionné à propos des dépen-ses qu’il envisageait de réduire,
 Allan Rock retrouve ses réflexesde politicien et se fait très prudent,avant de finalement attaquer defront le problème du salaire desprofesseurs : « Les postes qui nesont pas comblés », donne-t-il enexemple. « Les dépenses au deuxiè-
me étage [de Tabaret,
i.e.
la hauteadministration], pas de sandwichespour les réunions, par exemple
(rire). » Rock poursuit sur un autreton : « Le syndicat des professeurs
a une convention collective qui exi-ge une augmentation chaque annéede 2,75 %, et on a également [une
dépense de] progrès dans les rangs
de 2 %. Ça veut dire presque que 5% par année dans les salaires, quicomposent 80 % de notre budgetentier. Est-ce qu’on peut continuerà dépenser 5 % de plus par année,
année après année, sans des pro- blèmes budgétaires, dans une ère
de crise économique mondiale?Est-ce que c’est possible? Je soup-
çonne que non, mais on verra. »
Pour leur part, les associationsétudiantes refusent de s’avanceren nommant les services qu’ellesaccepteraient de voir partir en pre-mier. « C’est peu probable que des
services soient entièrement cou-
pés, mais ils se retrouveraient dansla situation illogique et absurded’avoir à fournir plus de servicesavec moins de ressources. Encoreune fois, le fardeau de l’éducationpostsecondaire qui manque de fi-nancement serait entre les mains
des étudiants et des professeurs »,
signale Wolfe. La GSAÉD, elle,conteste la nécessité même de ceprocessus et dénonce le manqued’information sur les finances del’Université.David Zussman, président du Co-mité directeur d’optimisation desressources, n’a pas souhaité nousaccorder une entrevue pour le béné-
fice de cet article.
Si Allan Rock promet de prendre leur voix en compte, lesétudiants ne détiennent aucun siège sur les nombreux comitésqui prennent part au processus.
Les étudiants évacués de la décision
COUPES BUDGÉTAIRES
« C’est vrai qu’ils [les étudiants] ne font pas partiedu comité, mais ils seront à la table quand nousprendrons les décisions. »- Allan Rock
David Zussman
, Président, Comité de direction,optimisation des ressources et Chaire Jarislowsky sur lagestion dans le secteur public
Bruce Joyce
, Deloitte
Marie Lemay
, Commission de la capitale nationale
Bob Plamondon
, expert-conseil
Denis Prudhomme
, Doyen, Faculté des sciences de la santé
 Jean-Pierre Soublière
, ancien membre du Bureau desgouverneurs
Charles-Antoine St-Jean
, Ernst & Young
COMITÉ DE DIRECTION
Le recteur ne veut pas trop s’avancer quant aux ressources à «optimiser».
Photo Mathieu Langlois
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