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actualites@larotonde.cale 2 novembre 2009
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Philippe Teisceira-Lessard
La communauté universitaire
s’inquiète grandement des impor-
tantes coupes que prévoit l’admi-nistration Rock pour équilibrerson prochain budget déficitaire.Les associations représentant lesétudiants, les professeurs et lesemployés de l’Université d’Ottawaont en effet fait connaître leurs ré-ticences par rapport à tout le pro-cessus d’optimisation des ressour-ces lancé par Allan Rock en marsdernier.
Un processus effectuésans les étudiants
Depuis le printemps, des sous-comités chargés de secteurs d’ac-tivité particuliers élaborent desplans budgétaires afin de réussirà créer le fameux surplus de 5 %.Ces sous-comités présentent etremettent le fruit de leur travailau comité directeur afin que ce-lui-ci puisse rédiger et adopterun rapport final donnant une di-rection claire à l’action des diri-
geants universitaires. Le problè-
me, dans tout ce processus, selonles acteurs de la communauté? Lecomité supérieur, celui qui aurale dernier mot sur les recomman-dations, ne comporte que deuxmembres internes de l’Université,
et aucun étudiant n’y siège. La
présence étudiante a par ailleursété évacuée de la composition detous les sous-comités.« Ce “plan d’optimisation” adans sa mire des mesures qui ris-quent fort de réduire la qualité
de l’éducation : gel d’embauche,
réduction du nombre d’assista-nats d’enseignement, etc. C’estpourtant à des gens de l’extérieurde l’Université qu’on a demandéde prendre ces décisions, qui ris-quent d’affecter pour le pire la vie
universitaire et académique », ex-pose Gaétan-Philippe Beaulière,
commissaire aux affaires externesde l’Association des étudiants di-plômés (GSAÉD). Les deux mem- bres issus de la communauté uni- versitaire siégeant sur le comitédirecteur sont David Zussman,détenteur de la Chaire Jarislows-ki sur la gestion dans le domainepublic et ancien doyen de la fa-culté de Gestion, ainsi que DenisPrud’homme, doyen de la facultédes Sciences de la santé.Loin de rejoindre les associationsétudiantes dans leurs inquiétudes, Allan Rock, recteur de l’Universitéd’Ottawa assure néanmoins queceux-ci auront voix au chapitre.Lorsque
La Rotonde
l’interroge sur
l’absence complète de ceux qu’ilaffirme pourtant mettre au centre
de ses priorités, il tente de se fairerassurant. « C’est vrai, répond-t-il,mais la chose la plus importante,c’est d’avoir une consultation etune discussion avec les étudiantsavant que les décisions soient pri-ses. C’est vrai qu’ils ne font paspartie du comité, mais ils seront àla table quand nous prendrons les
décision. »
Cependant, les regroupementsétudiants du campus ne semblentpas vouloir se fier à la bonne pa-role du recteur et désirent êtreofficiellement représentés dans leprocessus.« Est-ce trop demander que ceprocessus de consultation com-prenne une participation active detoutes les parties prenantes, soitles étudiants, les professeurs et lesemployés? Selon la mission même
de l’Université : “Collégialité, trans-
parence et imputabilité dirigent no-tre gouvernance universitaire.” À ce jour, sur ces trois plans, il y a place
à beaucoup d’amélioration », atta-que Beaulière de manière diploma-
tique. Seamus Wolfe, président dela FÉUO, reprend ces accusations
avec plus de véhémence : « Le fait
que les étudiants, les professeurs,les assistants à l’enseignement et lepersonnel de soutien – les groupesqui seraient directement affectés –ne sont pas inclus fait de ce proces-sus un processus illégitime et anti-
démocratique. »
Professeurs en danger?
Au-delà de la composition du co-
mité qui rédigera le rapport final,
c’est surtout la nature des coupes qui
inquiète les membres de la commu-
nauté universitaire. Trouvez 5 % dedépenses à éliminer n’est chose fa-cile pour aucune organisation. Lors-que environ 80 % du budget passedans la masse salariale d’employéshautement syndiqués, comme c’estle cas à l’Université, cela devient un vrai casse-tête.Le comité directeur ne prend
pas les décisions lui-même; il se
contente plutôt de faire des recom-
mandations concrètes de coupes
budgétaires ou encore d’augmenta-tion des revenus. Son rapport seradéposé au Comité d’administra-tion, composé du recteur et des vi-
ce-recteurs, qui possède le pouvoir
de mise en oeuvre.Questionné à propos des dépen-ses qu’il envisageait de réduire,
Allan Rock retrouve ses réflexesde politicien et se fait très prudent,avant de finalement attaquer defront le problème du salaire desprofesseurs : « Les postes qui nesont pas comblés », donne-t-il enexemple. « Les dépenses au deuxiè-
me étage [de Tabaret,
i.e.
la hauteadministration], pas de sandwichespour les réunions, par exemple
(rire). » Rock poursuit sur un autreton : « Le syndicat des professeurs
a une convention collective qui exi-ge une augmentation chaque annéede 2,75 %, et on a également [une
dépense de] progrès dans les rangs
de 2 %. Ça veut dire presque que 5% par année dans les salaires, quicomposent 80 % de notre budgetentier. Est-ce qu’on peut continuerà dépenser 5 % de plus par année,
année après année, sans des pro- blèmes budgétaires, dans une ère
de crise économique mondiale?Est-ce que c’est possible? Je soup-
çonne que non, mais on verra. »
Pour leur part, les associationsétudiantes refusent de s’avanceren nommant les services qu’ellesaccepteraient de voir partir en pre-mier. « C’est peu probable que des
services soient entièrement cou-
pés, mais ils se retrouveraient dansla situation illogique et absurded’avoir à fournir plus de servicesavec moins de ressources. Encoreune fois, le fardeau de l’éducationpostsecondaire qui manque de fi-nancement serait entre les mains
des étudiants et des professeurs »,
signale Wolfe. La GSAÉD, elle,conteste la nécessité même de ceprocessus et dénonce le manqued’information sur les finances del’Université.David Zussman, président du Co-mité directeur d’optimisation desressources, n’a pas souhaité nousaccorder une entrevue pour le béné-
fice de cet article.
Si Allan Rock promet de prendre leur voix en compte, lesétudiants ne détiennent aucun siège sur les nombreux comitésqui prennent part au processus.
Les étudiants évacués de la décision
COUPES BUDGÉTAIRES
« C’est vrai qu’ils [les étudiants] ne font pas partiedu comité, mais ils seront à la table quand nousprendrons les décisions. »- Allan Rock
David Zussman
, Président, Comité de direction,optimisation des ressources et Chaire Jarislowsky sur lagestion dans le secteur public
Bruce Joyce
, Deloitte
Marie Lemay
, Commission de la capitale nationale
Bob Plamondon
, expert-conseil
Denis Prudhomme
, Doyen, Faculté des sciences de la santé
Jean-Pierre Soublière
, ancien membre du Bureau desgouverneurs
Charles-Antoine St-Jean
, Ernst & Young
COMITÉ DE DIRECTION
Le recteur ne veut pas trop s’avancer quant aux ressources à «optimiser».
Photo Mathieu Langlois
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