Le Flagrant Délit
Page 2
Nouvelles
Rédacteur en chefGABRIEL QUERRYRédacteur en chef adjointPHILIPPE CORDISCOMaquettisteMERISSA LICHTSZTRALSection NouvellesGABRIELLE FORTIER-COFSKYSectionVieCampusSIMONLABATSectionArts et CultureMARIKA BOYKO
Journal étudiant de la Faculté de droit Section de droit civil
le flagrant délit
CorrecteursGEORGE BALABANIANHAYDEN BERNSTEINCARLA KORZINSTONERACHÈLE ROBERTSELINASFORZA
Novembre, 2009
Pour nous contacter:
flagrant@uottawa.ca
Section SportsISAAM BAKHTI
Claude Robinson
OU COMMENT SE DÉFENDRE SEUL SUR SON ÎLE
D
OSSIER
M
ANIFESTE SUR L
’
ACCÈS À L
’
AIDE JURIDIQUE
Première rencontre de la CADED
Gabrielle Fortier-Cofsky
gfort099@uottawa.ca
Claude Robinson a été traitéd’illuminé lorsqu’il s’est attaqué en1995 à la boîte de production multi-millionnaire Cinar, l’accusant d’avoir plagié son œuvre « RobinsonCuriosités ». Après une bataille de 14ans durant laquelle il a enquêté seul, laCour supérieure lui a enfin donné rai-son en août, condamnant Cinar à 5,2millions de dollars de dommage.Durant les années 1980, ClaudeRobinson est bien connu dans lemonde de la publicité et du designquébécois. En 1986, naît chezRobinson une idée de série pour enfants, dont le personnage principalest inspiré de sa propre personnalité,voire de son propre visage. Il appellecette série « Robinson Curiosités ».Créateur acharné et visionnaire, il ima-gine sa création exportée partout dansle monde. C’est ainsi qu’il rencontreRonald Weinberg et MichelineCharest, couple à la tête de Cinar Productions. Leur collaborationn’aboutit pas. Robinson rencontre éga-lement Christophe Izard, producteur àCannes. Cette rencontre n’aboutit pasnon plus. « Robinson Curiosités » estdès lors mis au placard.En 1995, Claude Robinson aperçoitun personnage étrangement familier àla télévision : Robinson Sucroé.Reconnaissant sa propre œuvre de plu-sieurs années plagiée par Cinar etChristophe Izard, il envoie une mise endemeure à ces derniers. C’est ainsi quedébute une bataille juridique non seu-lement pour que justice soit faite, mais pour retrouver sa dignité et son estime.Pendant 14 ans, Robinson a rassem- blé plus de 5000 documents pour prou-ver la supercherie montée par Cinar,France Animation, Ravensburger FilmTV, RTV Family Entertainment etChristophe Izard. S’élevant seul contreune machine de production multi-millionnaire, il a rencontré un lourdfardeau de preuve à satisfaire pour gagner sa cause.D’abord, le créateur devait démont-rer par preuve prépondérante l’accèsde Cinar à l’œuvre et ensuite les simi-litudes entre « Robinson Curiosités »et « Robinson Sucroé ». En plusd’avoir démontré l’accès et lesditessimilitudes, Robinson a égalementdéterré un autre scandale concernantCinar : celui des prête-noms. Robinsons’est rendu compte que certains des producteurs et scénaristes de« Robinson Sucroé » n’existaient pas.En effet, il semble que Cinar ait utilisédes prête-noms ayant de fausses identi-tés canadiennes, dans le but d’obtenir des subventions et des crédits d’impôtsfédéraux et provinciaux.Après 40 témoins, 20 765 pages dedocuments divers, 23 interrogatoiresdéposés au préalable, 4 expertises, plusde 53 heures de visionnage d’épisodesdivers et une commission rogatoire enFrance, la Cour supérieure a donné rai-son à Robinson en condamnant Cinar et autres à payer 5,2 millions de dol-lars. Ces dommages-intérêts englobentla facture d’avocats de 1,5 million dedollars accumulée par Robinson duranttoutes ces années, les droits d’auteur dont il a été privés, les profits encais-sés par Cinar et d’autres producteurs,ainsi que le préjudice moral.Finalement, un million a été accordéen dommages exemplaires.Il semble que tout soit bien quifinisse bien pour Claude Robinson, quia eu gain de cause le 26 août 2009. Par contre, n’en soyons pas si certains : enseptembre, Cinar, Ronald Weinberg,Christian Davin de France Animation,Christophe Izard et les compagniesFrance Animation et Ravensburger ontdécidé de porter leur cause en appel.
Catherine Blanchard
cblan016@uottawa.caLa Coalition pour l’accès à l’aide juridique est un mouvement créé enautomne 2007. Il regroupe diffé-rents membres de la communauté juridique, syndicale et communau-taire qui militent en faveur del’augmentation du seuild’accessibilité à l’aide juridique.Actuellement, pour qu’une person-ne seule puisse y avoir accès, sonsalaire annuel doit être égal ou infé-rieur à 12 149 $, ce qui représenteun montant inférieur à un revenuannuel au salaire minimum.En mars dernier, les étudiants dela Section de droit civil avaientdonné à l’Association des étudiantset étudiantes de droit civil del’Outaouais (AÉÉDCO), par voieréférendaire, le mandat de partici- per à la rédaction d’un manifeste pour appuyer la Coalition. Ceci seferait conjointement avec les autresassociations étudiantes de laConfédération des associationsd’étudiants en droit civil (CADED).Le OUI l’a emporté avec 170 voixcontre 11.Afin de mettre ce projet en bran-le, les représentants des différentesassociations étudiantes de droitcivil se sont rencontrés le 17 octob-re dernier à la Faculté de droit del’Université McGill. « C’étaitcomme un méga brainstorming,affirme Alik Angaladian, v.-p.externe de l’AÉÉDCO. Nous avons bâti un plan d’action conjointe-ment. »Compte tenu de son caractèreconfidentiel, la v.-p. externe n’a pas pu révéler davantage sur le pland’action. « Nous devons encoredévelopper le contenu du manifesteet la façon dont nous voulons le présenter. Certaines associationsétudiantes doivent aussi recevoir l’approbation d’instances supérieu-res avant de pouvoir définitivementagir. » Elle ajoute aussi que lemanifeste sera publié dans les diffé-rentes facultés afin que les étu-diants puissent en prendre connais-sance. « Ce que les membres de laCADED veulent, c’est que le projetsoit uniforme. Si une associationfait face à un refus, on va se ras-seoir pour voir comment on peutmodifier les choses tous ensem- ble », ajoute-t-elle.Angaladian affirme aussi que la présentation du Manifeste à laministre de la Justice, KathleenWeil, est un projet fortement sou-haité. « Nous désirons la rencont-rer, s’il y a ouverture de sa part. »La v.-p. externe a mentionnéqu’elle était optimiste face au suc-cès du projet. « Nous espérons pou-voir finaliser le tout lors de notrerencontre du 13 novembre pro-chain. Nous voulons que tout soit bien planifié et organisé pour mett-re toutes les chances de notrecôté. »Une piste à suivre…
Add a Comment