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 ________________________________________________________________________________  Seul le prononcé fait foi 
 
Hôtel de Roquelaure – 246, boulevard Saint-Germain – 75007 PARISwww.developpement-durable.gouv.fr  
Eléments de langagede Jean-Louis BORLOO
Ministre d’État,Ministre de l’Écologie, de l’Energie, du Développement durableet de l’Aménagement du territoire
 
Projet de loi de programme relatif à la mise en œuvredu Grenelle EnvironnementSénat
Monsieur le président,Monsieur le président de la Commission des Affaires économiques,Jean-Paul EMORINE,Monsieur le rapporteur Bruno SIDO,Mesdames et Messieurs les sénateurs,Permettez-moi tout d’abord de vous dire tout le plaisir que nous avons avecChantal JOUANNO, Dominique BUSSEREAU, Hubert FALCO et Christian BLANC à vousretrouver pour le deuxième acte parlementaire du Grenelle Environnement aprèsl’adoption en première lecture par l’Assemblée nationale de ce projet de loi de programme.Un temps parlementaire qui, comme l’expérience récente l’a montrée, est un tempsnécessaire, incontournable, d’interrogations, de précisions, de clarification, de confirmationet de validation démocratique de la feuille de route de la Nation. Comme j’avais déjà eul’occasion de le dire devant les députés, le Parlement n’est pas un collège de plus duGrenelle Environnement, même s’il a été associé tout au long du processus dans lesgroupes de travail, dans les comités opérationnels, dans les groupes de suiviparlementaires, mais bel et bien le dépositaire ultime des conclusions, celui qui fixe defaçon définitive et irrémédiable, le cap et la stratégie de la Nation, à un moment clef del’histoire de notre pays, de l’Europe et du monde.
Cabinet du ministre d’État
Paris, le mardi 27 janvier 2009
 
 
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Un temps du Parlement, qui cette année sera particulièrement riche puisque, après avoirexaminé ce projet de loi de programme, après avoir débattu du PLF pour 2009 quiconstitue en quelque sorte la deuxième brique du Grenelle Environnement, nous nousretrouverons ensuite pour discuter du projet de loi d’engagement national pourl’environnement, la «brique territoriale» du Grenelle, dont le but est essentiellement delever les obstacles juridiques et techniques, de clarifier les compétences et de simplifierconsidérablement l’ensemble des branches de notre droit, afin de donner aux collectivitéslocales les outils nécessaires à l’accomplissement de cette mutation. Permettez-moi toutd’abord et avant de commencer, de remercier les membres de la Commission des Affaireséconomiques du Sénat et son président, Jean-Paul EMORINE qui s’est impliqué de façondéterminante et continue tout au long du processus et qui a siégé personnellement auGrenelle Environnement. Jean-Paul EMORINE à qui l’on doit la création du «Comité desuivi parlementaire du Grenelle Environnement» réunissant des sénateurs de tous lesbancs ayant participé directement aux travaux préparatoires, initiative capitale repriseensuite par le président Patrick OLLIER à l’Assemblée nationale. Et puis, permettez-moiégalement de saluer et de remercier très sincèrement son rapporteur, Bruno SIDO, pourl’intensité de son travail, la qualité de ses auditions, et la profondeur de son rapport surdes sujets d’une très grande technicité.Alors, ce débat intervient à un moment charnière de nos histoires politiques, économiqueset industrielles, où finalement, le monde semble s’est être décidé à gravir les premièresmarches du siècle à venir.Un débat parlementaire qui coïncide avec un grand moment de rupture où l’on sent bienque, des Etats-Unis au Japon, du Brésil à la Chine en passant par l’Europe, tout est entrain de basculer ; où l’on voit des pays ou des secteurs industriels entiers s’engager, àdes rythmes différents, en fonction de leurs spécificités ou de leurs contraintes, dans lamutation écologique et économique.C’est d’abord la France qui, à l’issue de l’élection présidentielle de juin 2007 et sousl’impulsion du Président de la République, a choisi de procéder à ce vaste exercice deradiographie ou d’introspection qu’est le Grenelle Environnement, afin de construire étapepar étape, secteur par secteur, une nouvelle feuille de route pour les dix ou quinze annéesà venir. C’est ce «Grenelle déjà en actes» ou ce «Grenelle déjà concret et opérationnel»dans un certain nombre de secteurs – la grande distribution, l’industrie aéronautique, lapublicité, les transports, - la plupart du temps sur une base volontaire ou dans le cadre deconventions d’engagements qui démontre que le marché a déjà pris plusieurs longueursd’avance…Ce sont 62 millions de consommateurs formés et informés, qui aujourd’hui,veulent plus de qualité, plus de sécurité sanitaire, plus de traçabilité, plus de transparenceet plus d’efficacité, tout en améliorant leur pouvoir d’achat et en réduisant leurs facturesénergétiques.C’est ensuite, 27 Etats européens aux histoires économiques, industrielles etgéographiques radicalement différentes qui décident de s’engager sur des objectifs à lafois précis, contraignants et quantifiables, et dont ils devront rendre compte devant laCJCE. C’est la mise en œuvre opérationnelle de l’objectif dit des «3 fois 20» en 2020 :réduire de 20% les émissions de gaz à effets de serre de l’Union européenne à l’horizon2020, voire de 30% en cas d’accord international à Copenhague en décembre 2009 ;porter à 20% la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique final ;améliorer de 20% l’efficacité énergétique.
 
 
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C’est la mise en mouvement de l’ensemble des secteurs industriels européens avec :
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la révision de la directive ETS sur les échanges de quotas d’émission ;
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l’inclusion des activités aériennes dans le système d’échanges de quotas ;
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l’accord sur le règlement dit «du CO2 des voitures» qui fixe un objectif d’émissionsde 130 gCO2/km en 2012 et de 95 gCO2/km en 2020 et qui concernepotentiellement 18 millions de véhicules neufs mis sur le marché européen ;
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avec aussi le retrait programmé de 4,2 milliards d’ampoules à incandescence…C’est encore hier la signature à Bonn, par 75 pays du monde, du traité fondateur del’IRENA, qui est la première agence internationale exclusivement dédiée à la diffusion et àla coopération en matière d’énergies renouvelables.Ce moment charnière de notre histoire, c’est également le président Barack OBAMA qui,dans son discours d’investiture censé fixer le cap de la Nation américaine pour les quatreannées à venir, affirme devant des centaines de millions de téléspectateurs, que
«Les Etats-Unis ne peuvent plus consommer les ressources planétaires sans se soucier des conséquences»
et que
«le monde a changé».
Un président américain massivement élu sur un programme qui place le développementdes énergies renouvelables, la sobriété en carbone et les nouvelles technologies del’environnement, au cœur de la stratégie économique de la première puissance mondiale.C’est enfin la Chine qui se fixe comme objectif d’atteindre 1/3 de véhicules faiblementémetteurs à un horizon de dix ou quinze ans.Mais comment ne pas voir que ce moment charnière que nous vivons actuellement, estégalement marqué par un monde en plein désarroi ou en plein doute ; un monded’incertitudes et d’inquiétudes face à l’effondrement des deux plus grands dogmes qui ontstructuré la pensée du siècle dernier, à savoir le communisme et le capitalisme financier,l’effondrement de ces deux murs que sont le mur de Berlin et WALL STREET ; un mondequi prend conscience, progressivement, et dans la douleur de la crise économique, que le21
ème
siècle ne sera pas une simple répétition du siècle précédent à quelques ajustementsprès, mais un siècle radicalement nouveau. Un monde à la recherche d’une nouvelleespérance et d’une nouvelle stabilité autour d’un capitalisme assaini et re-légitimé. Aufond, la crise à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés, n’est pas qu’une criseéconomique, écologique et financière : elle est le prolongement, la face visible ouémergée, d’une crise beaucoup plus profonde, du sens et des consciences. L’homme du21
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siècle est orphelin de ses dogmes et de ses illusions, orphelin de ses certitudes.Et face à la violence et à la rapidité des changements qui nous étaient demandésd’accomplir, nous avions, nous, économie classiquement industrialisée, deux chemins oudeux voies possibles.Soit, nous décidions d’imposer une mutation d’en haut, de façon totalement verticale etnon concertée, dans la précipitation, les convulsions et les crispations, au risque debloquer toute la société et de dresser les différents membres du corps social les unscontre les autres. Soit, nous choisissions, comme l’a souhaité le Président de laRépublique, de poser le débat autrement, en sortant des affrontements réducteurs etfaciles, en refusant les anathèmes et le mépris de l’autre, pour élaborer, avec tous lesacteurs de la société, un diagnostic à la fois réel, sincère, et sans concession, afin detrouver les moyens acceptables par tous d’assumer cette transition.
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