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Deuxième partie
[Thèse]
La recherche du bonheur va bien au-delà du seul plaisir. En réalité, la recherche
du bonheur n’est pas toujours une partie de plaisirs. Elle suppose même qu’on discipline le
plaisir.
[Argument N°1]
Quand on se pose la question de savoir ce qui nous rendrait heureux, le
plaisir n’est pas l’objectif premier
. L’objectif premier est un objectif plus
lointain, plusfondamental
. C’est l’accomplissement de tout mon être que je recherche.
[Illustration(s)]
Quiconque a un objectif de carrière recherche l
’accomplissement ou la réalisation de soi.
Quiconque essaie de changer de comportement
recherche l’accomplissement ou la
réalisation de soi. Ce sont des objectifs qui orientent ma vie toute entière. Pourpoursuivre de tels objectifs, il va sans doute falloir surmonter des obstacles parfoisdifficiles
: travailler sans relâche, ne pas se décourager, s’accrocher, se battre
ou surmonterses passions (sa colère, sa paresse, son égoïsme, etc.).
[Retour au sujet]
Le bonheur est unobjectif vers lequel on tend de tout son être en dépit des difficultés
; il n’exclut pas leplaisir mais ce n’est pas ce que le bonheur poursuit
en premier lieu. En réalité, la poursuite
du bonheur n’est pas toujours une partie de plaisirs.
Il n’y a
donc pas entre bonheur etplaisir une relation de nécessité.
[Argument N°2]
Au contraire, le bonheur consiste parfois à discipliner le plaisir plutôt
qu’à le poursuivre
. Tous les plaisirs, en effet, ne sont pas bons.
[Illustration(s)]
C’est ainsiqu’Epicure conçoit le plaisir. «
Le plaisir est [bien] le principe et la fin de la viebienheureuse », écrit-il dans la Lettre à Ménécée. Mais Epicure élabore une théorietripartite des désirs : les désirs nécessaires (manger et boire essentiellement), les désirs« seulement naturels » mais pas nécessaires (non seulement manger et boire mais bienmanger et bien boire) et les désirs vides ou vains (désir pour les honneurs, désir derichesse, par exemple). Cette théorie permet à Epicure de montrer que le bonheur supposeune gestion très strict
des désirs puisqu’il ne faut poursuivre ni les désirs «
seulementnaturels » ni les désirs vides. Pour Epicure, seuls les désirs nécessaires contribuent à la
santé du corps et à l’ataraxie ou sérénité de l’âme. L’homme ne peut se réaliser pleinement
si
ce qu’il poursuit abîme son corps ou ronge son âme de soucis ou d’inquiétudes. Or tous
les désirs, sauf les désirs nécessaires, auront cette tendance. Faut-
il refuser le plaisir d’un
bon repas ? Faut-il refuser la richesse ? Faut-il fuir la réussite ? Non mais il ne faut pasles poursuivre comme on poursuit les désirs nécessaires. Car de tels désirs produisent en
nous une telle dépendance que le jour où le plaisir d’un bon repas vient à manquer on se
retrouve malheureux. Qui était habitué à vivre confortablement, à disposer de richesses
qui lui assuraient un certain prestige aux yeux des autres, sombrera dans l’alcool le jour où
il perd tout ce qui le définissait.
[Retour au sujet]
Le bonheur n’exclut pas le plaisir
;
l’hédonisme d’Epicure ne dit pas autre chose. Mais le bonheur n’admet pas non plus tous
les plaisirs.
[Argument N°3]Plaisir et bonheur sont de nature différente : le plaisir est essentiellement
passivité alors que le bonheur suppose l’action
. Le plaisir est passivité car il est
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