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Jeunes, nous avons fait de grands efforts pour nous arracher à notrefamille, à nos amis et depuis nous sommes sans racines et nous voguons, fautede gouvernail, oubliés, inconnus, anonymes.La mort nous sauve de l’éternité d’un monde qui nous ignore, où nousn’avons aucune place parmi des êtres et des actes qui nous répugnent.Désabusé, il lui arrive parfois de perdre patience ; alors l’ultime exode letente comme une délivrance.Que ne donnerait-il pour entrer dans l’âme de son frère benjamin quandelle se trouvait entre le quatorzième étage et le camion sur lequel le corps aporté ?Il aimait la pourchasser, comme le loup traque la biche, avec des éclairscannibales dans les yeux.Dans l’étal des boulevards, des bustiers symboliques moulent des chairssucculentes qui accrochent des appétits ambulants.Dans cette farce galante où les rôles sont souvent intervertis, que de fraisvainement dilapidés, que d’accessoires inutiles !Qui tirent les ficelles dans ce théâtre de rue où des guignols peinturlurésparadent comme des Peaux-rouges ?La pudeur bride le regard mais l’obscénité brûle la langue !Un silence autoritaire et braillard couvre un dialogue intime et secret surcette scène hypocrite.La poésie est-elle morte et enterrée ? Les poètes actuels sont-ils donc desembaumeurs et des fossoyeurs ?
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