• Embed Doc
  • Readcast
  • Collections
  • CommentGo Back
Download
 
1
Ahmed BerrouhoAphorismes
La mort, en dérobant certains de nos proches, nous les donnedéfinitivement, tandis que la vie nous prend ceux qui survivent.Il l’aima follement, passionnément, l’espace d’une semaine, avant de laregarder.La fréquentation prolongée de certaines personnes nous transforme enfauve.L’onanisme à deux devenait à la longue, lassant.Il affûtait quotidiennement le fil de sa solitude à l’émeri de la foule.Parmi la myriade des visages que sa promenade lui présentait à la fin de la journée, il ne reconnaissait que les arbres qui étaient proches, fidèles etrassurants.Les passants qui le dévisageaient, n’avaient pas d’oreilles pour son silencetonitruant.Une trop longue promiscuité éloigne irrémédiablement.Si tu ne chasses pas la poussière qui couvre le prochain, elle s’entasseraet l’engloutira.
Created with novaPDF Printer (www.novaPDF.com)
 
2
Le malentendu qui est infime au départ, grossit chaque jour et devienténorme.Ceux qui meurent restent au port près de nous ; les autres font une courteescale et reprennent le large.Il avait beau changer de comédie et d’acteurs, il assistait encore ettoujours à la même fable insipide et féroce !Il s’oubliait parfois jusqu’à vouloir monter sur l’estrade pour prêcher maisil se rappelait à temps qu’il n’avait rien d’un modèle.Que d’énergie vainement dilapidée ! Pourtant Eros restait misérable !Tous les instincts se sont tus sauf Priape qui mendie, qui psalmodietoujours !Avec une aune de peau brillante et satinée et quelques bluffs de bosses, lanature nous tend un piège irrésistible.Il faut être excellent acteur pour devenir mendiant passable et crédible.Les seules personnes que j’estime infiniment et pour qui j’écris, nepeuvent me lire et cela me désole mortellement.Nous vieillissons et petit à petit nous sommes écartés, évacués :Protagonistes d’abord, simples figurants ensuite, accessoires inutiles et gênantsenfin !Au bout du regard intense qui ne cille pas, le bonheur peut être le silence,la syncope, la mort.
Created with novaPDF Printer (www.novaPDF.com)
 
3
Jeunes, nous avons fait de grands efforts pour nous arracher à notrefamille, à nos amis et depuis nous sommes sans racines et nous voguons, fautede gouvernail, oubliés, inconnus, anonymes.La mort nous sauve de l’éternité d’un monde qui nous ignore, où nousn’avons aucune place parmi des êtres et des actes qui nous répugnent.Désabusé, il lui arrive parfois de perdre patience ; alors l’ultime exode letente comme une délivrance.Que ne donnerait-il pour entrer dans l’âme de son frère benjamin quandelle se trouvait entre le quatorzième étage et le camion sur lequel le corps aporté ?Il aimait la pourchasser, comme le loup traque la biche, avec des éclairscannibales dans les yeux.Dans l’étal des boulevards, des bustiers symboliques moulent des chairssucculentes qui accrochent des appétits ambulants.Dans cette farce galante où les rôles sont souvent intervertis, que de fraisvainement dilapidés, que d’accessoires inutiles !Qui tirent les ficelles dans ce théâtre de rue où des guignols peinturlurésparadent comme des Peaux-rouges ?La pudeur bride le regard mais l’obscénité brûle la langue !Un silence autoritaire et braillard couvre un dialogue intime et secret surcette scène hypocrite.La poésie est-elle morte et enterrée ? Les poètes actuels sont-ils donc desembaumeurs et des fossoyeurs ?
Created with novaPDF Printer (www.novaPDF.com)
of 00

Leave a Comment

You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...
You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...