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Ici flotte un parfum pervers qui colle à tout et suscite untremblement d’angoisse et d’épouvante comme si l’abîme du temps avaitbâillé, odeur pénétrante et indélébile rôdant comme une hyène enragéeautour des ces proies faciles, guettant un moment de solitude rêveusepour mordre et instiller le venin qui tuerait ces êtres profondémenttroublés.Comment en effet ouvrir sans risque la boîte de pandore du passé,au fond de cette grotte de cyclope, qui s’emplit pendant des mois et desannées de rancœur endolorie où les joies s’effritent et tombent, où lemalheur seul reste debout dans son masque hiératique et tragique ?Le retour est certes une joie qui dilate le cœur, qui ablue le regardmorne et empoussiéré, qui rend momentanément caduque l’armure del’ennui et la carapace de la résignation qui ont été si précieuses dans lestraverses de la nostalgie et le coupe-gorge de la solitude.Les retrouvailles éclatent et chantent une fête que tout le mondegoûte à plein gosier. Cependant une fois avalé, ce breuvage âpre tantattendu, tant désiré, laisse en passant, une trace amer comme si dansl’allégresse insouciante et légère, veillait, comme un mauvais augure,l’inquiétude du temps qui vole.L’angoisse inscrit son sinistre coin dans le rire le plus franc, dansle bavardage le plus futile. Tout ici devient grave et les morts ont uneprésence qui oppresse.MorgueComme un frère cher longtemps attendu qui arrive et s’en va, lemonde que tu as depuis toujours épousé, prend inexorablement congé ;il se dresse, lance un adieu à la cantonade puis s’arrache brutalementdes mains éplorées qui le retiennent. De sa longue foulée insouciante et jeune, il part, sourd aux plaintes inaudibles qui le rappellent. Les yeuxmêmes le perdent soudain. Désormais, ta solitude est une forteressemoite et froide où des détresses foulent ta poitrine opprimée qui geint, oùune meute déchire ton cœur vulnérable qui se souvient.Bref comme un coinJe regarde le jour brûlant qui s’affaisse ;Chagrin et angoisse me sautent à la gorge ;
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