DRUMONT : La France juive (II)
3- Ce qui est captation et démence sénile chez un chrétien est un acte de générosité intelligenteet réfléchie chez un Juif.
L
e Reinach de Gambetta a raconté, dans la Revue politique et littéraire, sa rencontre enEgypte avec Gordon, l'apôtre soldat. Sans doute le héros chrétien flaira d'abord ce jeune Juif avec dédain, et se demanda, en l'apercevant dans ces parages, s'il allait mettre les cataractesdu Nil en actions ; mais on se lie vite en voyage, et l'Anglais causa avec Reinach ; il ne luicacha pas ce qu'il pensait de Disraëli et des autres gouvernants de son espèce qu'il appelaitthe mountebanks, les saltimbanques.Le mot peint à merveille la classe d'hommes d'Etat, à laquelle appartiennent les Disraëli, lesGambetta, les Lasker, les Crémieux. La politique des Richelieu, des Colbert, des Bismarck est simple ; la politique des Juifs a toujours l'air d’une représentation foraine ; elle est à lafois romanesque et bassement cupide.On y trouve invariablement un grand étalage de principes pompeux de liberté, d'égalité, defraternité, un programme de progrès qui n'est jamais tenu et qui laisse bien vite voir l'affairepécuniaire, un boniment d'émancipation et d'amélioration qui se traduit toujours par lapersécution la plus intolérable et l'extorsion de sommes d'argent.Banquiers et banquistes marchent ensemble.Parmi ces mountebanks, Crémieux occupe cependant une place à part. Gambetta, avec safaconde intarissable et ses allures de Mangin, ne fut guère qu'un personnage toutdémonstratif chargé de faire la parade à la porte et d'exhiber des biceps en coton en battant lagrosse caisse.4V'là la peau d'âne qui ronfle;Entrez, bonnes d'enfants et soldats !Les hommes grêlés ne paieront pas.Crémieux, lui, était dans la baraque, ou, pour mieux `dire, derrière la toile. Il fut l'impressariovéritable de la comédie contemporaine en France. On est trop disposé à ne voir en lui que lefantoche en robe de chambre jaune qui, assis près d'un feu flambant, apparaissait de temps entemps devant les régiments défilant sous son balcon à Tours et à Bordeaux, et s'écriait :« Braves soldats, allez vous faire tuer ! L'exercice est bon en ce temps- ci; moi, je retourneme chauffer. »Les grelots du Polichinelle ont trop fait oublier Isaac Moise, le dépositaire des sagessesd'Israël, digne de porter comme un ancien Cohene-Hagadol le ‘miszenophet’ à voile blanc, lemehil frangé d'écarlate et orné de clochettes d'or et le khoschen enrichi de douze pierres finessur lesquelles les noms des tribus étaient gravés.Sous ce grotesque, il y eut un Nazi juif, un prince de la Juiverie qui exerça l'influence la plusprofonde sur l'évolution du peuple prédestiné, et mena de front, comme un premier ministre,la politique extérieure et la politique intérieure.Il y eut un homme d'un dévouement admirable qui, laissant à Gambetta la jouissancematérielle du pouvoir , l'assouvissement des grossiers appétits, aux Rothschild la satisfactiondes vanités sottes, accomplit son oeuvre dans une demi-teinte discrète, comme un ‘Joad’ quiagirait à demi caché dans les replis du voile du Temple.