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Qu'est-ce que les mathématiques ?

Qu'est-ce que les mathématiques ?

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Published by olivier l
C'est un petit texte que j'ai écrit afin de présenter les différents mouvements constituant l'histoire des mathématiques à mes élèves de lycée.
C'est un petit texte que j'ai écrit afin de présenter les différents mouvements constituant l'histoire des mathématiques à mes élèves de lycée.

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Published by: olivier l on Nov 09, 2009
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Les math\u00e9matiques sont-elles le langage de la Nature ?
Si ce n'est pas le cas, pourquoi d\u00e9crivent-elles aussi bien la r\u00e9alit\u00e9 ?
Dieu est-il math\u00e9maticien ou les math\u00e9matiques sont-elles d'ordre divin ?
Le temps joue-t-il un r\u00f4le en math\u00e9matiques ?
Les v\u00e9rit\u00e9s math\u00e9matiques sont-elles \u00e9ternelles, inusables, p\u00e9rissables, ont-
elles un commencement, voir une fin ?
Les math\u00e9matiques d\u00e9pendent-elles des math\u00e9maticiens qui les trouvent ?
Les math\u00e9matiques sont-elles utiles, n\u00e9cessaires ou est-ce un simple jeu de
l'esprit ?
Tout est-il math\u00e9matiquement d\u00e9couvert ?
A juste titre nous pouvons nous poser la question :

Qu'est-ce que les math\u00e9matiques ?

Int\u00e9ressons-nous aux diff\u00e9rents courants philosophiques qui ont travers\u00e9 et traversent encore les math\u00e9matiques. On peut en compter quatre principaux. Chacun d'entre eux donne une approche particuli\u00e8re des math\u00e9matiques, poss\u00e8de ses d\u00e9fenseurs, ses d\u00e9tracteurs, qui se livrent parfois un combat acharn\u00e9. Chaque point de vue apporte des \u00e9clairages ainsi que les limites de leur territoire en faisant barrage \u00e0 la toute puissance suppos\u00e9e des math\u00e9matiques.

Le premier courant philosophique est celui del'empirisme selon lequel nos connaissances sont des acquisitions de l'exp\u00e9rience. Dans le champ des math\u00e9matiques elles prirent le nomd'inventionnisme.

Les math\u00e9matiques ne seraient ni plus ni moins que des inventions de l'\u00eatre humain. L'activit\u00e9 math\u00e9matique est une cr\u00e9ation de l'esprit et non la d\u00e9couverte d'une v\u00e9rit\u00e9 pr\u00e9existante. Lorsque l'on est empiriste, on consid\u00e8re que la premi\u00e8re source de connaissances se trouve dans l'exp\u00e9rience sensible. Il n'y a que les objets et les ph\u00e9nom\u00e8nes qui sont r\u00e9els. L'empirisme admet l'existence de concepts ou d'images issues de l'exp\u00e9rience. L'une des branches des math\u00e9matiques, la g\u00e9om\u00e9trie, est en r\u00e9alit\u00e9, n\u00e9e comme une science de la nature, une science empirique. C'est de cette fa\u00e7on que les consommateurs de math\u00e9matiques les consid\u00e8rent: les math\u00e9matiques sont la science de la mod\u00e9lisation. La Nature serait \u00e9crite dans le langage math\u00e9matique que nous serions incapables de le savoir mais rien ne nous emp\u00eache d'utiliser ce langage pour la d\u00e9crire.

La principale objection du point de vue \u00ab inventionniste \u00bb vient du constat que si tel \u00e9tait le cas nous devrions trouver des diff\u00e9rences tr\u00e8s importantes sur l'\u00e9tat des d\u00e9couvertes selon les particularit\u00e9s culturelles. Or mis a part quelques diff\u00e9rences de style, mineures, ce n'est pas ce que l'on constate. En effet le th\u00e9or\u00e8me de Pythagore a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 par de nombreux math\u00e9maticiens dans le monde \u00e0 des \u00e9poques parfois diff\u00e9rentes sans qu'ils n'aient eu de contact.

Il semblerait donc que les fondements des math\u00e9matiques existent bel et bien
en dehors de l'esprit humain. C'est le point de vue de l'id\u00e9alisme.

C'est la fa\u00e7on la plus simple de concevoir les math\u00e9matiques, c'est \u00e0 dire de soutenir que le monde est, au sens profond, math\u00e9matique, que les id\u00e9es math\u00e9matiques existent bel et bien. L'activit\u00e9 math\u00e9matique n'est plus une cr\u00e9ation mais une d\u00e9couverte. Le 2 existe r\u00e9ellement et se concr\u00e9tise dans le cas pr\u00e9cis des jumeaux, de pile ou face, toi et moi, etc.... Le nombre Pi existe, ce n'est pas une invention de l'homme et il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert comme on d\u00e9couvre l'Am\u00e9rique.

Le r\u00e9alisme d\u00e9fend l'id\u00e9e d'un autre monde math\u00e9matique fait de formes parfaites. C'est ce que l'on appelle le platonisme math\u00e9matique. L'exp\u00e9rience ne serait qu'un moyen d'acc\u00e9der \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 cach\u00e9e et n'aurait aucune influence sur la nature du r\u00e9sultat.

L'harmonie est d'autant grande que l'on s'approche du monde des id\u00e9es, ainsi que dans ce monde lui-m\u00eame o\u00f9 les math\u00e9matiques occupent une place privil\u00e9gi\u00e9e comme le souligne Platon en disant que : \u00abL\u2019importance de la g\u00e9om\u00e9trie ne s\u2019explique pas par son utilit\u00e9 pratique, mais tient au fait qu\u2019elle \u00e9tudie des objets \u00e9ternels et inalt\u00e9rables et s\u2019efforce d\u2019\u00e9lever l\u2019\u00e2me vers la v\u00e9rit\u00e9\u00bb (427-347), tandis qu\u2019Archim\u00e8de souligne le caract\u00e8re \u00e9clairant de cette science: \u00abIl y a des ph\u00e9nom\u00e8nes qui semblent incroyables \u00e0 la plupart des gens qui n\u2019ont pas \u00e9tudi\u00e9 les math\u00e9matiques.\u00bb (Archim\u00e8de, 287-217).

Les math\u00e9matiques permettent d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des v\u00e9rit\u00e9s absolues et \u00e9ternelles. Citons trois exemples: la somme des angles d\u2019un triangle vaut toujours 180 degr\u00e9s, l\u2019existence d\u2019un nombre infini de nombres premiers, l\u2019existence de cinq poly\u00e8dres r\u00e9guliers.

Puisqu\u2019en principe, ce sont les dieux qui ont le monopole des v\u00e9rit\u00e9s absolues et immuables, la connaissance des math\u00e9matiques permet de s\u2019\u00e9lever au m\u00eame rang qu\u2019eux et d\u2019obtenir une place dans leur voisinage. Des consid\u00e9rations de ce genre semblent indiquer que Dieu serait un math\u00e9maticien. Et de fait si tout l'Univers mat\u00e9riel peut \u00eatre d\u00e9crit par les math\u00e9matiques comme le pensaient les grecs et comme le suppose la cosmologie moderne, il doit bien exister une logique immat\u00e9rielle plus vaste que cet Univers mat\u00e9riel.

C'est \u00e0 ce point que se rencontrent math\u00e9matiques et th\u00e9ologie. Toute la panoplie des propri\u00e9t\u00e9s et des attributs de Dieu \u00e9tablies par les premiers th\u00e9ologiens peut \u00eatre utilis\u00e9e presque mot pour mot pour d\u00e9crire les math\u00e9matiques. Il suffit de remplacer le mot \u00ab Dieu \u00bb par le mot \u00ab math\u00e9matiques \u00bb. Les math\u00e9matiques des platoniciens transcendent le monde: elles existaient avant la cr\u00e9ation du monde mat\u00e9riel, elles existeront apr\u00e8s sa disparition.

Presque deux mille ans plus tard, lors de la renaissance des cultures grecques, cette harmonie entre la pens\u00e9e de l\u2019homme, la nature et le divin est toujours pr\u00e9dominante. Pour les grandes figures intellectuelles de la Renaissance, les math\u00e9matiques conservent une place privil\u00e9gi\u00e9e: \u00abQui manque de respect pour

la certitude qu\u2019offrent les math\u00e9matiques se pr\u00e9cipite dans le chaos des id\u00e9es\u00bb, fait remarquer Leonardo da Vinci. \u00abLe grand livre de l\u2019univers est \u00e9crit en langage math\u00e9matique\u00bb, d\u00e9cr\u00e8te Galileo Galilei, alors que Nicolas de Cues se fait p\u00e9remptoire: \u00abLa connaissance du divin est inaccessible pour quelqu\u2019un sans formation math\u00e9matique.\u00bb

Mais l'harmonie entre les trois domaines pens\u00e9e-nature-divin, n'est plus tout a fait aussi parfaite que du temps des grecs. L'\u00c9glise catholique ne se montre pas aussi tol\u00e9rante que les dieux de l\u2019Olympe. Elle s\u2019oppose notamment \u00e0 la tendance des sciences naturelles de remplacer la sp\u00e9culation, l\u2019inspection par la m\u00e9thode empirique qui risque d\u2019aboutir \u00e0 des r\u00e9sultats incompatibles avec des dogmes religieux. M\u00eame les math\u00e9matiques ne conduisent plus automatiquement vers des v\u00e9rit\u00e9s absolues; elles risquent m\u00eame de conduire vers le mal, vers le diable. Augustin, au IVe si\u00e8cle, brandit l\u2019arme de la menace: \u00abIl y a le danger que les math\u00e9maticiens soient les complices du diable, ils cherchent \u00e0 troubler les esprits et s\u2019emp\u00eatrent dans les liens de l\u2019enfer.\u00bb Plus de mille ans ont pass\u00e9 quand F\u00e9n\u00e9lon conseille: \u00abD\u00e9fiez-vous des ensorcellements et des attraits diaboliques de la g\u00e9om\u00e9trie.\u00bb

L\u2019union tripartite entre math\u00e9matiques, sciences naturelles et th\u00e9ologie se r\u00e9duit donc graduellement en une alliance entre les deux premi\u00e8res disciplines , le domaine du divin \u00e9tant de plus en plus \u00e9cart\u00e9 de l\u2019activit\u00e9 scientifique. Cette alliance reste extr\u00eamement fructueuse pour les deux partenaires tout au long des XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles et permet d\u2019attaquer de nombreux probl\u00e8mes que les Grecs n\u2019\u00e9taient pas en mesure de r\u00e9soudre. Il faut surtout mentionner la g\u00e9om\u00e9trie analytique et le calcul diff\u00e9rentiel et int\u00e9gral. Ce dernier conna\u00eet un d\u00e9veloppement presque euphorique. Le grand pas de l\u2019infini est enfin franchi et les math\u00e9maticiens sont d\u00e9sormais fascin\u00e9s par les notions de mouvement, de vitesse et d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration.

Mais cette \u00e9volution est quelquefois trop rapide et manque de rigueur. Le succ\u00e8s incontestable des nouveaux concepts math\u00e9matiques se fonde parfois sur des concepts peu exacts, tels que les valeurs infiniment petites ou des s\u00e9ries non convergentes. Cela contribuera, vers 1800, \u00e0 une crise: une phase de stagnation s\u2019installe et, avec elle, m\u00eame la crainte de voir s\u2019arr\u00eater le progr\u00e8s en math\u00e9matiques.

La vision du platonisme math\u00e9matique semble s'\u00eatre bien alt\u00e9r\u00e9e avec le temps. On peut m\u00eame se demander o\u00f9 se trouverait cet autre monde d'abstractions math\u00e9matiques ? Comment faire pour entrer en contact avec lui ? Il semblerait donc que si un tel monde existait vraiment au del\u00e0 du monde physique, aller \u00e0 sa rencontre tiendrait plut\u00f4t de la s\u00e9ance de spiritisme que de la d\u00e9marche scientifique. L'attitude platonicienne pose donc elle aussi d'importants probl\u00e8mes m\u00e9taphysiques.

Une autre approche permet de ramener les moutons dans la bergerie, c'est celle du l o g ic is m e, traditionnel, conservateur, il tend \u00e0 r\u00e9duire le savoir math\u00e9matique \u00e0 un syst\u00e8me d'axiomes et de r\u00e8gles d'inf\u00e9rences, de sorte qu'il se trouve \u00eatre d\u00e9fini comme l'ensemble de toutes les d\u00e9ductions possibles,

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