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AFRICAN RIGHTS—QUI SOMMES-NOUS?
African Rights
est une organisation de défense des droits de l’homme qui se distingue des autres à plus d'un égard. Nous nous livrons à des recherches et présentons un plaidoyer concernant certainesdes plus graves violations des droits de l’homme commises en Afrique, afin d’identifier et de promouvoir des solutions possibles. Nous n’axons pas nos travaux sur les violations perpétrées àl’encontre d’individus—bien que ceux-ci revêtent une importance cruciale—mais plutôt sur lesdésastres qui ont écrasé des pays, des régions, voire des peuples tout entiers. Il est impératif de tenter de résoudre des problèmes d'une telle profondeur à tous les niveaux—tant politique, économique quesocial. Dans nombre de cas, la réponse humanitaire internationale n’a fait qu’aggraver la crise,rendant les solutions plus délicates à mettre en oeuvre au lieu de faciliter leur introduction. De fait,African Rights a été fondée en décembre 1992 à l’initiative de Rakiya Omaar et Alex de Waal, pour protester contre l’intervention des forces militaires américaines en Somalie.
African Rights
ne se fait aucune illusion: il n’existe pas de solution radicale et simpliste. Pour que des progrès soient réellement accomplis, nous sommes convaincus que les organisationshumanitaires et de défense des droits de l’homme se doivent d’examiner leur propre rôle avechumilité et franchise. Toute solution aux problèmes de l’Afrique—et cela vaut tant pour les besoinshumanitaires d’urgence que pour la reconstruction civile et économique à long terme—doit être avanttout recherchée au coeur du peuple africain lui-même. Non parce qu'il y a de soi-disant "mystèresafricains" qui restent hermétiques à toute personne de l’extérieur, mais simplement parce que lesdroits de l’homme reposent sur un contrat social transparent entre les peuples et leurs dirigeants. Lesgens de l’extérieur sont incapables de dresser un tel contrat: leur arrivée dans l’arène politique perturbe profondément les éléments qui la composent et elle n'est que trop rarement source d'unsurcroît de transparence et d'une attitude plus responsable. La tragédie africaine tient au fait que lesinstitutions internationales ont jusqu’ici été trop réticentes à admettre leurs propres lacunes.
African Rights
ne souscrit pas à l'idée du relativisme culturel. Les droits de l’homme sont une prérogative universelle. Mais nul droit ne saurait être acquis par l’intervention d’un don extérieur; ildoit découler d’un processus politique intérieur. Certes, les organisations internationales peuventcontribuer à cette évolution par le biais d’une couverture médiatique, par des encouragements et en sefaisant les porte-parole de ceux qui jusqu’ici n’ont pu se faire entendre. Les droits sont universels,mais il en va de même du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, que nous concevons comme ledroit d’un peuple à définir, par voie démocratique, ses propres priorités. De ce fait, nous retombonsdans l’arène politique, mais cela ne peut être évité. African Rights ne se targue pas d’être "neutre":nous nous efforçons de défendre les victimes de l’injustice et de l’oppression.
African Rights
n’a pas peur de la controverse—éviter la controverse revient inévitablement àcensurer la réalité.
Publié par African Rights, avril 1996Copyright
African RightsISBN 1 899 477 09 8Imprimé au Royaume-Uni
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