Extrait 1 : Achille se prépare au combat
Achille décide de venger la mort de son ami Patrocle, en défiant leterrible Hector. Les dieux de l'Olympe se divisent, choisissant chacunl'un des deux guerriers
Tel un faucon aux ailes déployées, Athénas'élance du haut du ciel dans les airstandis que les Grecs sans retard s'armentdans le camp. Elle met dans la poitrined'Achille le divin nectar et la divineambroisie pour lui donner les forcesnécessaires pour affronter le combat quidoit l'opposer à Hector. Puis elle rejointle domaine de son père, Zeus le ToutPuissant. Voici que sortent des bateaux lescasques qui luisent, l'éclat du bronze desboucliers, les cuirasses et les piques. Lesguerriers sortent en foule, aussi nombreuxque les flocons serrés dans la froideneige.Au milieu d'eux, Achille s'arme. Ses yeuxbrillent de l'éclat de la flamme. Il a dansle coeur un intolérable chagrin. Plein dehaine contre les Troyens, il revêt lesprésents que le dieu Héphaïstos a fabriquépour lui. : des jambières et des contre-chevilles en argent; sur sa poitrine,une cuirasse; son épée en bronze et sonbouclier.Il prend ensuite et pose sur satête le casque puissant qui brille comme unautre. De son étui, il tire la pique enbois de Pélion que le Centaure Chiron aofferte à son père. Puis le fils de Pelée[
père d'Achille qui était roi de Phthie
],monte sur son char tiré par Xanthe sonfidèle cheval.La déesse aux bras blancs, Héra, vient àl'instant de donner à Xanthe, le chevald'Achille, une voix humaine : « Oui,puissant Achille, nous te ramènerons. Maisle jour fatal est proche pour toi. C'est ledieu terrible et le destin qui sont lacause de ton prochain malheur ». LesErinyes [
déesses de la vengeance
] fonttaire Xanthe. Achille aux pieds rapides semet violemment en colère : « Xanthe,pourquoi viens-tu prédire ma mort ? Cen'est pas ton rôle. Je le sais bien sanstoi : mon sort est de mourir ici, loin demon père et de ma mère. Peu m'importe : jecombattrai les Troyens jusqu'à ma mort ».Après avoir prononcé ces paroles, ils'élança vers le lieu du combat
d'après Homère,
l'Iliade
, chant XIX
Extrait 2 : le combat d'achille contreHector
Cependant Achille s'approchait, pareil audieu de la guerre, et ses armes brillaientcomme du feu. Hector frémit en le voyant siprès. Il n'eut plus le courage de rester oùil était. Laissant derrière lui les portes,il prit la fuite. Achille s'élança derrièrelui, comme un épervier fond sur unecolombe. (...)Et la course continua :devant, c'était un brave qui fuyait, maisc'était un bien plus brave encore qui lepoursuivait. Trois fois ils firent le tourde la ville. Tous les dieux lescontemplaient. (...) Enfin, quand ilsrevinrent auprès des fontaines pour laquatrième fois, Apollon, qui avait aidéHector dans sa fuite, l'abandonna. EtAthéna s'approcha de lui, sous les traitsd'un de ses frères, et lui offritperfidement son aide : « Frère, lui dit-elle, Achille te fait rude violence en tepoursuivant tout autour de la ville.Allons ! arrêtons-nous et résistons surplace. »Encouragé par ces paroles, Hector setourna vers Achille et lui dit : « Je neveux plus te fuir, Achille. Combattons. Jet'aurai, ou tu m'auras. Mais d'abord,faisons une promesse devant les dieux. SiZeus m'accorde la victoire, je rendrai toncorps aux Grecs, une fois que je l'auraidépouillé de ses armes. Promets-moi d'enfaire autant. »Achille jeta sur lui un regard furieux etrépondit : « Ne viens pas me parlerd'accords. Entre toi et moi il ne peut yavoir que de la haine. Rappelle à toi toutton courage, car je vais te faire payertous les chagrins que tu m'as causés. »Il dit, et lança sa longue pique. MaisHector s'accroupit : la pique passa au-dessus de lui, et vint se ficher dans laterre. Athéna l'arracha et la rendit àAchille, sans être vue d'Hector.Hector brandit sa pique et la lança. Elleatteignit le milieu du bouclier, maisrebondit à distance. Hector s'irrita devoir que son trait était parti pour rien.Il appela pour demander une seconde lance àson frère, mais celui-ci n'était plus prèsde lui. Alors Hector comprit que les dieuxl'avaient trompé et que sa mort étaitproche.« Eh bien ! je vais l'affrontervaillamment, » se dit-il. Alors, tirant songlaive, il s'élança sur Achille, comme unaigle fond sur un agneau. Achille aussibondit, plein d'une ardeur sauvage,cherchant un point du corps que l'armurelaissait à découvert. Il le trouva sur lecou, près de la clavicule, et c'est làqu'il plongea sa pique.Hector tomba dans la poussière, etAchille s'écria triomphant :« Insensé, tucroyais peut-être, quand tu dépouillaisPatrocle, qu'il ne t'en coûterait rien.Mais un vengeur beaucoup plus fort setenait près des vaisseaux : moi, qui viensde t'abattre. Maintenant, Patrocle recevrales honneurs funèbres, tandis que tu serasdévoré par les chiens. »
d'après Homère,
l'Iliade
, chant XXII
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