CHAPITRE 1
QU’EST-CE QUE L’ÉCONOMIE POLITIQUE?5
d’abondance et l’intensité des besoins éprouvés par les hommes à l’égard du bien.L’air que nous respirons sur terre est, par exemple, un bien libre; mais dans unecabine spatiale ou sur une station lunaire, l’air est un bien économique car il y arareté des quantités d’oxygène qui peuvent y être emportées, par rapport auxbesoins des astronautes
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.La notion économique de rareté reflète ainsi, dans le vocabulaire relatif auxbiens, la tension entre besoins et moyens mentionnée au paragraphe précédent.
Section 1.2La conception réelle
§1Production, distribution, consommation…
Il peut paraître satisfaisant de définir l’économie politique comme la science quipermet de déterminer la meilleure combinaison de moyens rares pour atteindreun objectif. Pourtant, une telle définition risque de dissoudre cette discipline dansune théorie générale de l’action finalisée où rien ne distingue l’activité économiquede l’activité orientée vers la recherche du pouvoir, du salut ou du plaisir. «Si toutcomportement impliquant une «allocation» de moyens est économique, alors larelation d’une mère à son bébé est également une relation économique, ou plutôta un aspect économique, tout autant que la relation d’un employeur avec sonouvrier salarié»
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. D’autres exemples pourraient être donnés: le cas d’une partied’échecs, de la stratégie militaire
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, d’une élection présidentielle ou du salut de sonâme…C’est pourquoi certains auteurs ne se contentent pas de définir l’économiecomme une «forme» de comportement où le politique, le religieux, le militaire seconfondent avec l’économique. Ils insistent sur l’objet réel de la science écono-mique. Celle-ci «s’intéresse d’une part aux opérations essentielles que sont laproduction, la distribution et la consommation des biens, d’autre part aux institu-tions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations»
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Sur terre, pourtant, l’air «non pollué» est-il encore un bien libre? L’évolution contemporaine tend à rendrerares des biens qui jadis étaient libres.
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Selon les termes de GODELIER, M.,
Rationalité et irrationalité en économie
, Paris, Maspero, 1966, p.19.
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Une conception «économique» de la grenade est présentée dans le texte suivant qui se passe de commen-taire. «Des études de recherche opérationnelle ont montré qu’il était plus rentable de mettre hors de combat lesfantassins ennemis plutôt que de les tuer sur place. Un homme mort ne constitue aucun poids pour l’adversairemais, par contre, un homme grièvement blessé impose à l’ennemi une charge d’aide médicale, de brancardiers,d’évacuation vers l’arrière, immobilisant du personnel et des véhicules, perturbant ainsi le trafic sur les voiesd’accès à ses terrains de combat. De plus, il a été démontré qu’un homme grièvement blessé sur le terrain aumilieu de ses camarades, a un effet psychologique important sur le moral des soldats. Ceci explique qu’à la notiond’éclats mortels a été substituée la notion d’éclats efficaces…» Poudreries Réunies de Belgique s.a.,
Grenade à main et à fusil PRB–103
, 1969, pp. 3 et 4.
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Termes utilisés par MALINVAUD, E., dans ses
Leçons de théorie microéconomique,
Paris, Dunod, 1969, p.1.
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