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Regards sur la droite n° 41.pdf

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06/09/2014

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Édito
La crise française
L’UMP est en crise, c’est entendu
. Mais nos di
cultés sont également patentes. Elles nesont certes pas de même nature. Mais elles expliquent pourquoi le Front national étend soninfluence. Il a un leader, Marine Le Pen, et un message simple, un nationalisme d’exclusion,qui a recruté les thèmes de la gauche, tout en restant inscrit dans une tradition d’extrêmedroite. Cela dessine évidemment une urgence politique. Les élections européennes sontcertes propices pour cumuler les mécontentements sans conséquences concrètes. Les élec-tions municipales ont vu une progression nette du Front national, mais il n’a obtenu alorsque 14,7 % des voix au premier tour. Quoiqu’il en soit, la réalité politique française en estchangée. Et cela va entretenir la perte de confiance dans l’action politique qui est au cœur de la crise française.Ce n’est évidemment pas à nous de proposer des remèdes à la crise de l’UMP ! Elle est pro-fonde. Derrière le spectaculaire de l’a
ff 
aire Bygmalion, qui, pour reprendre les termes d’unéditorial du
Monde
, a révélé
 « l’hypocrisie et l’irresponsabilité »
de la direction de ce parti, il y a des problèmes de fond non réglés depuis 2012. La sévère bataille pour le leadershipva entrer dans une phase décisive – et vraisemblablement violente. Surtout, la question sur la stratégie n’est pas réglée. Alain Juppé propose un virage centriste. Les courants de la Droiteforte et de la Droite populaire – arrivés en tête au vote militant lors du dernier congrès, rap-pelons-le – le refusent et défendent le cours proposé par Nicolas Sarkozy dans sa campagne.Résultat : pour les élections européennes, il n’y a eu aucune ligne claire et la cacophonie adominé. Il en va de même pour les autres thèmes. Or, ce choix est crucial. Le Front national,entre autres, a prospéré sur la légitimation que lui a apportée l’UMP dans les dernières an-nées sur ces thèmes clefs, « les frontières », « l’immigration », etc… La volonté de Marine Le Pen est de faire éclater l’UMP – que l’opportunisme sarkozyste a préparé –, de restructurer la droite autour d’elle. Aujourd’hui, cela peut ne pas être qu’une hypothèse…Les défis qui sont les nôtres ne sont pas moindres. Cette lettre, bien que consacrée à l’analysede la droite – ne peut aujourd’hui que le marquer fortement. Car notre action commandece que peut être l’issue de la crise actuelle. Nos responsabilités gouvernementales obligentd’agir dans deux dimensions en même temps, celle de l’actualité, avec la pression du quo-tidien et de l’événement, celle du projet qui seule donne le sens. C’est une articulation entreles deux qui a manqué dans les deux dernières années, tant pour ce qui concerne la Franceque l’Europe. Il nous faut dire pourquoi les mesures prises pour renforcer la compétitivitésont nécessaires, quel type de société nous défendons, une société humaniste, ouverte àtous, quel destin collectif nous voulons pour la France. Ce sont les repères dont les Françaisont besoin, dans l’incertitude où ils sont. La di
culté est bien sûr que nous n’avons pas letemps pour une longue préparation, il nous faut accomplir cette tâche maintenant en coor-donnant étroitement la pensée et l’action, du gouvernement, du Parlement et du Parti. C’estla condition de notre crédibilité.Alain BERGOUNIOUX
Regards droite
   s   u   r    l   a
2 juin 2014 - n° 41
Édité par la cellule
Veille et Riposte
du Parti socialiste
 
Une crise rampante à l’UMP depuis deux ans
La droite UMP continue d’étaler ses divergenceset contradictions. Elle n’a toujours pas soldé l’épi-sode et surtout les conséquences de son doubleéchec du printemps 2012. Ni sur le plan poli-tique, ni sur le terrain stratégique. Elle y a ajoutétrois épisodes supplémentaires qui témoignentd’un vrai désarroi, jusqu’aux élections euro-péennes du 25 mai.Le Congrès de l’automne 2012 s’est conclu enune sorte de vaudeville médiatique entre Jean-François Copé et François Fillon et latragicomédie d’un groupe parlementaire bis,éphémère à l’Assembléenationale.L’a
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aire des surfactura-tions de la campagne deNicolas Sarkozy, audétriment de l’UMP, entant que collectif poli-tique, est vécue demanière d’autant plusdouloureuse au sein dece parti, que l’Etat-majode l’UMP a fait appel à la générosité de sesmilitants et de ses sym-pathisants, en juilletdernier, pour solder lescomptes de la cam-pagne présidentielle deNicolas Sarkozy, privé deremboursement de fraisde campagne sur décision du Conseil Constitu-tionnel, présidé par Jean-Louis Debré.L’implosion du mardi 26 mai résulte de ce pro-fond malentendu.Enfin, la campagne européenne a montré l’inca-pacité de ce parti à définir un projet européenhomogène et à l’exprimer d’une même voix.
Une stratégie sous influence.
En fait, les diver-gences sont de plusieurs ordres. Tout d’abord, lescontradictions stratégiques vis-à-vis de l’extrêmedroite perdurent et s’amplifient. La ligne Buisson,l’homme qui enregistrait à son insu les conver-sations politiques qu’il nouait à l’Elysée avec leChef de l’Etat de l’époque, continue de faire desadeptes. Elle conduit au « ni-ni », en matière élec-torale, quand il s’agit de choisir entre l’extrêmedroite et la gauche, et aux thèmes les plus « iden-titaires » au plan idéologique. Cette ligne porteune explication de la société, relevant de la discri-mination, de la xénophobie et du replinationaliste. Elle magnifie la notion de frontière,au nom de l’origine et de l’ethnie et, surtout, de ladéfiance de l’autre. Elle tourne donc le dos à ladémarche républicaine, fondée sur l’égalité et lacitoyenneté et, surtout, le lien indissociable entrenationalité, citoyenneté et égalité des droits. Alain Juppé en a pris acte, en appelant à un congrès àl’automne. Mais, le débat n’est pas clos pour autant.Face à cette logiqueépousée et mise enscène par Nicolas Sar-kozy, depuis le fameuxdiscours de Grenoble du30 juillet 2010, onobserve, en e
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et, unerésistance interne plusou moins a
rmée deceux qui se réclamentsoit du Chiraquisme –Alain Juppé, par exem-ple -, soit d’une forme dedémocratie chrétiennedécentralisatrice et pro-vinciale, à l’instar de Jean-Pierre Ra
ff 
arin. Cesresponsables politiquesrefusent peu ou prou, la« dérive identitaire » etpréfèrent le discours et les pratiques issues duchiraquisme. Ils a
chent une véritable aversionvis-à-vis des thèmes de l’extrême droite et plai-dent pour le respect d’une tradition républicaine,certes conservatrice au plan social, mais fidèle àl’idée d’une égalité formelle dans la République.
Une non-campagne.
Cette contradiction s’estexprimée et creusée à l’occasion de la campagneeuropéenne, l’UMP restant de surcroît directe-ment soumise à la concurrence politique du FN,qui récuse, par principe, la construction euro-péenne et déclame sa volonté de sortie de l’euro,présenté comme responsable de tous les maux.Ainsi, des parlementaires UMP comme HenriGuaino, ancienne « plume » de Nicolas Sarkozy,Laurent Wauquiez ou Patrick Ollier ont signé destribunes et des manifestes proposant une remise
La ligne Buisson, l’homme quienregistrait à son insu lesconversations politiques qu’ilnouait à l’Elysée avec le Chef del’Etat de l’époque, continue de faire des adeptes. Elle conduit au « ni-ni », en matièreélectorale, quand il s’agit dechoisir entre l’extrême droite et la gauche, et aux thèmes les plus « identitaires » au  plan idéologique.
 
à plat totale, et sans circonstances atténuantes,de la construction européenne, instruisant unecritique en règle du bilan des dix dernièresannées de l’UMP au pouvoir en matière euro-péenne. Henri Guaino allant jusqu’à indiquer, àplusieurs reprises, qu’il ne voterait pas en Ile-de-France, pour Alain Lamassoure, tête de listerégionale UMP, au prétexte que celui-ci incarne-rait une Europe « dont plus personne nevoudrait ».Face à cette dénonciation en règle de l’acquiseuropéen, des dirigeants tels qu’Alain Juppé ou Jean-Pierre Ra
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arin ont tenté un rappel à l’ordresur la forme et sur le fond, invoquant la nécessitéd’une Europe économique et monétaire, dans lamondialisation en cours. Cette initiative n’adébouché, dans un premier temps, sur aucunemise au point de la partde Jean-François Copé.Ce dernier se conten-tant d’esquiver le débatinterne, mais public, etpréférant tenter detransformer l’électiondu Parlement européenen référendum pour ou contre François Hollande, ce qui, à l’évi-dence, n’était pas lesujet. Bref, jouer la cartepoliticienne pour mieuxéviter d’aborder lesquestions qui fâchent etfaciliter le jeu du Frontnational.Cet épisode en dit long sur l’incapacité de cetteformation politique à parler clair et à retrouver ses esprits sur un projet européen cohérent etlisible. À noter que l’intervention de Nicolas Sar-kozy à trois jours du scrutin, redoutée par certains, à l’UMP, mais sollicitée par d’autres, n’arien réglé. Elle aurait même plutôt contribué àbrouiller le message. En évoquant une quasifusion franco-allemande pour assurer le leader-ship de l’Europe, Nicolas Sarkozy a soulignél’étendue de ses carences au pouvoir, inquiétégrand nombre de nos partenaires européens, etpréconisé, dans la confusion, une Europe à troisvitesses. Il a surtout évité de trancher le débatinterne à l’UMP, en fait de plus en plus soumiseà la pression et à la surenchère de l’extrêmedroite sur le registre du repli nationaliste. Sa prise de position pour une suspension deSchengen, en vue d’une renégociation d’unSchengen 2, a confirmé une adhésion mainte-nue à la ligne Buisson, tout en suscitant lacritique acerbe et immédiate sur ce chapitre, deFrançois Fillon. Quant à Jean-François Copé, pluspréoccupé par la montée et les rebondissementsdes a
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aires de surfacturations au sein de l’UMPet tentant de dégager sa responsabilité sur sonentourage et celui de Nicolas Sarkozy, il s’estcontenté d’une déclaration convenue et d’uncommentaire poli d’une tribune, qu’il a avanttout cherché à banaliser.De ce point de vue, il existe d’ailleurs un pointcommun entre les di
ff 
érents rivaux de l’UMP.Interdire le retour de Nicolas Sarkozy dans le jeu,et multiplier les références aux « primaires »pour désigner le candidat de la droite à l’électionprésidentielle de 2017. Quitte à se dédire vis-à-visde ce que l’UMP a pu dénoncer dans les pri-maires citoyennes organisées par le PS, àl’automne 2011.
Le recours aux pri-maires : une stratégied’empêchement.
Si cette référence auxprimaires fait la quasi-unanimité chez lesfrères ennemis de l’UMP,à l’exception notable deNicolas Sarkozy, il n’endemeure pas moinsque celles-ci posent unproblème de fonction-nement pratique etpolitique à ce parti,davantage habitué auculte du chef et auxsolutions verticales, pour agir. La polémique sur les modalités de préparation de cette échéancene fait que commencer ; sachant que les triche-ries et contestations observées lors du voteinterne de l’automne 2012, ont laissé des tracesindélébiles et ont marqué les mémoires des dif-férents protagonistes potentiels. Ces rancœurssont revenues à la surface en raison des déclara-tions de Jérôme Lavrilleux à propos des comptesde campagne de Nicolas Sarkozy. D’où la vio-lence de la réunion du bureau politique de l’UMP,le 26 mai.En outre, la droite ne sait pas comment s’y pren-dre pour organiser cette consultation, sanstomber dans la bataille rangée, sur fond de défi-cit financier aggravé. Elle sait, en revanche, quesans cette ultime parade, elle prendrait encore lerisque de s’exposer au calendrier et au « tempo »imposés par Nicolas Sarkozy.
Une panne d’alternative.
C’est aussi dans ce
Il existe un point commun entreles di
 ff 
érents rivaux de l’UMP.Interdire le retour de Nicolas Sarkozy dans le jeu, et multiplier les références aux  « primaires » pour désigner lecandidat de la droite à l’élection présidentielle de 2017.
Quitte à sedédire vis-à-vis de ce que l’UMP a pu dénoncer dans les primairescitoyennes organisées par le PS, à l’automne 2011.

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