L’ESSENTIEL3
Samedi 8 mars 2008
Deux“roys”pour un trône
T
apis rouge ou tapis rose ? Les 9et 16 mars, Denain, ville ou-vrière traditionnellement degauche et communiste depuis 1977, serale théâtre d’un affrontement fratricideentre Patrick Leroy, maire sortant PCFet Patrick Roy, député socialiste.Leur quasi-homonymie les rapprochemais pas leurs affinités, tant ils se détes-tent. Entre les deux hommes, c’est laguerre aussi bien sur la scène politiquequ’en public. Pourtant, rien ne laissaitprésager une telle situation en 2001lorsque le candidat du PS était devenul’adjoint de ... Patrick Leroy, sa tête deliste.
« Au début, je ne le connaissais presque pas mais les relations se sont très vite dégra-dées »
, admet Patrick Roy. La victoiredans un mouchoir de poche (194 voixd’écart) de ce dernier contre son adver-saire communiste lors des législatives de2002 a constitué le point de non-retour.À la veille du premier tour, la tensionn’est pas prête de tomber car ce scrutinpourrait marquer un tournant à Denain.Pour la première fois depuis trente ans, lamairie pourrait passer du rouge au rose.Une hypothèse envisageable depuis lanettevictoireduchallengersocialistefaceau maire sortant denaisien l’an dernierdans la course à l’Assemblée nationale.
« Chaque élection est différente. Mais je suis plu-tôt confiant. Les retours sont bons »
, avouePatrick Roy qui n’a pas hésité à récupé-rer, pour sa liste, deux adjoints dans la“Cour” de son adversaire. Quant à Pa-trick Leroy, il part avec le handicap desdeux revers électoraux successifs dans sacirconscription. Mais le bilan de son sep-tennat plaide en sa faveur. La querelleentre ces deux antagonistes pourrait enrevanche profiter à Emmanuel Cherrier,candidatUMP,partiquinecessedemon-terdanscetancienbassinminier.Difficilede savoir qui sera couronné à Denain.
Lorsqu’il a été élu en 2001,Patrick Leroy était le maire d’une ville fortement marquée par la crise industrielle qui avait tou-ché le bassin minier depuis deux décennies.Sept annéesplus tard,Denain s’est métamorphosée.Symbole de cettetransformation,le tramway reliant Denain àValenciennes,enattendant la rénovation prochaine des quartiers.Riche enévénements,le mandat de l’élu communiste a aussi été mar-qué par ses tensions permanentes avec le candidat socialiste.Contrairement à son rival qui lui reproche
« ses difficultés dans les relations humaines »
et
« son obnubilation à couper les rubans »
,Patrick Leroy est davantage un homme de bureau,très besogneux dans ses dossiers.À tel point qu’il a éténommé vice-président aux finances de la Communauté d’ag-glomérations de la Porte du Hainaut.Malgré deux échecs auxlégislatives au cours de son mandat contre son plus fidèle en-nemi, son bilan est plutôt positif.D’ailleurs,il n’hésite pas àl’affirmer.
« J’ai dit aux Denaisiens que la ville allait changer.Je l’ai fait.J’ai réalisé plus de 100% de mon programme »
,assu-rait-il dans les colonnes de
L’Observateur duValenciennois
lemois dernier.Une façon de répondre aux attaques dePatrick Roy.
« L’une des règles essentielles en politique,c’est d’aimer les gens,de discuter avec eux,de les écouter »
,estime Pa-trick Roy.Et on ne peut pas dire qu’il désobéisse à cetterègle.Le terrain,c’est son truc.Omniprésent sur tous lesévénements locaux,jamais avare en poignées de main,adepte de la pose sur les photos,le député socialiste bé-néficie d’une belle cote de sympathie dans le Denaisis.Mais pas auprès de Patrick Leroy,le maire du Denain.D’ailleurs,leur inimitié prend parfois des proportions in-croyables en public.
« Dès 2001,j’avais compris que je ne poserai jamais de gerbe avec lui.En tant que conseiller général,j’ai donc acheté un coussin pour le déposer lors des cérémonies.En2006,lors de la célébration de l’Appel du 18 juin,le maire s’est arrêté à quatre mètres du monument et m’a demandéde“dégager”devant les anciens combattants.Et depuis,comme il a vu que je ne cédais pas,il fait mettre un présen-toir en bois pour que sa gerbe soit au-dessus. »
Et en casde confrontation gauche-droite au second tour,une choseest sûre :
« Il ne sera jamais question d’alliance Roy-Leroy lundi matin. »
Denain
Les arbitres
Mêmesilaluttepourlamairierisquedese jouerentrePatrickLeroyetPatrickRoy,d’au-tresacteursdelaviepolitiquelocaleontleurmotàdireetpeuventjouerlestrouble-fêtesles9et16marsprochains.ÀcommencerparEmmanuelCherrier,chefdefiledelalisteUMPDenainchanged’ère.Cejeuneprofes-seurdedroitetdesciencespolitiquesàl’uni- versitédeValenciennestenteraderéitérerlescoreflatteurauniveaulocalde44,25%,réa-liséparsonprédécesseurGérardPhilippeausecondtourdesmunicipalesde2001.QuantàDjemiDrici,candidatduRassemblementso-cial-démocratedeRachidNekkaz,iltenterad’attirerlesélecteursautrementqu’avecdesbonsd’essenceoudesbilletsd’avion.
Le
duel
400 000
Eneuros,lacautionréclamée,hier,parleprocureurdeBrest,XavierTarabeux,auxporte-conteneursbat-tantpavillonlibérienl’EcuadorStar,soupçonnédepollutionvolontaireparhydrocarbures.
PATRICK LEROY,
PCF,58 ans.Maire sortant (depuis 2001).
PATRICK ROY
PS,51 ans.Brigue un premier mandat.
« La faiblesse de Huyghe pendant le débatn’a d’égale que la faiblesse de son programme. »
Jacques Richir, candidat MoDem à la mairie de Lille, en sortant du débat organisé par France 3, jeudi soir
La phrasedu jourLe chiffredu jour
ParFlorianPottiez
La Pression
de mars
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