L’ESSENTIEL3
Mercredi 12 mars 2008
Hénin et Bouchartaucoude-à-coude
N
atacha Bouchart peut-ellemettre un terme à trente-sept ans d'investiture com-muniste à Calais ? C’est ce que tout lemonde se demande dans la capitale dela dentelle, à l’issue du premier tour des élections municipales. Avec 36 %des suffrages, la candidate UMP, têtede la “liste d’ouverture populaire et so-ciale”, talonne de près le maire com-muniste sortant, Jacky Hénin. Pour cedernier, c’est évidemment la surprise.En 2001, le numéro 1 du PCF à Calaisrécoltait 47,23 % des voix au premier tour. Dimanche soir, il ne rassemblaitque 37,7 % des Calaisiens. La douchefroide pour Jacky Hénin ? Selon lui,pas du tout. Il considère déjà que
« seule la gauche est capable de rassembler plus de 50 % des suffrages »
. En effet, lecommuniste n’a pas mis longtemps àfaire les comptes et s’aperçoit que lesvoix réunies des Verts, de Lutte ou-vrière et de la LCR lui apporteraientplus de treize points supplémentaireslors du second tour. Une perspectiveque Natacha Bouchart ne peut entre-voir. Pour l’emporter dimanche, elle nepeut compter que sur ses voix, oucelles... du FN
[voir ci-dessous]
. La can-didate d’ouverture préfère toutefois af-fronter le duel du 16 mars en rassem- blant les abstentionnistes à sa cause, etnon les voix d’extrême droite. Unemanœuvre pas plutôt habile au vu dela faible participation de dimanche quis'élevait seulement à 56,52 %.
C’est en 1978,le jour de ses 18 ans,que Jacky Hénin adhèreau Parti communiste français.Trente ans plus tard,cet ancienrugbyman est plus que jamais engagé en politique et comptebien renouveler son mandat après avoir passé sept ans à latête du beffroi calaisien.
« Je ne suis pas le plus beau,je ne suis pas le meilleur,mais je travaille et je donne tout ce que je peux pour être bon »
,déclarait-il en février dans
LaVoix du Nord
.En 2000,il est intronisé malgré lui à la tête de la mairie deCalais,suite à la démission inattendue de Jean-JacquesBarthes,ancien maire communiste de la ville.Jacky Héninn’avait pas prévu de tenir cette première place,mais il a prisgoût à ses nouvelles responsabilités.
« J’ai pris les choses en main en faisant face à une opposition très dure.On m’a qualifiéde maire par intérim.Aujourd’hui,chacun s’aperçoit qu’il y a uncapitaine dans le bateau. »
Conseillère de l’opposition dans la municipalité de Calais,Natacha Bouchart compte sur sa liste d’ouverture pour mettrefin à trente-sept ans d’investiture communiste à Calais.Considérant
« qu’il n’est pas sain d’être dirigé par les mêmes hommes »
,la candidate étiquetée UMP joue en effet surl’orientation au centre et à gauche de ses colistiers,ce quis’avère être une situation inédite.Le numéro 2 de cette“listed’ouverture populaire et sociale”en est d’ailleurs un parfaitexemple puisqu’il s’agit de Philippe Blet,membre du Partisocialiste.En s’entourant de collaborateur du MoDem et du PS,la candi-date UMP peut donc attirer les électeurs de tous bords.Ce-pendant, la stratégie peut également se révéler préjudiciabletant elle sème le trouble parmi les Calaisiens.Une telle ouver-ture peut en effet manquer d’une certaine identité.
Calais
Les arbitres
Pourtant inexistant à Calais en 2001,leFront National fait figure d’arbitre àl’occasion de ces élections munici-pales. Le parti mené localement parFrançois Dubout a en effet récolté unpeu plus de 12 % des suffrages lors dupremier tour de scrutin.Malgré ce ré-sultat qui le propulse au second tour,leFN calaisien ne semble cependant pasen mesure de faire de l’ombre à JackyHénin et Natacha Bouchart,créditésrespectivement de 37 % et 36 %.Tou-tefois, François Dubout a proposé unealliance à Natacha Bouchart dans le butde faire tomber le maire sortant.Mal-heureusement pour le parti de l’ex-trême droite,la candidate d’ouverturea refusé la proposition.FrançoisDubout devra donc se contenter dequelques sièges au conseil municipal.
Le
duel
37
millions d’euros.C’est la sommed’argent que deuxsœurs japonaisesauraient cachédans des boîtesen cartons pouréchapper au fisc.
JACKY HÉNIN,
PCF,47 ans.Maire sortant (élu depuis 2001)
NATACHA BOUCHARD
UMP,44 ans.Conseillère régionale
« C'est l'alliance de la carpe et du lapin. »
Sébastien Huyghe (UMP), à propos du ralliement de Jacques Richir (MoDem) et Éric Quiquet (Verts)à Martine Aubry (PS) lors d'une conférence de presse à son QG de campagne mardi.
La phrasedu jourLe chiffredu jour
ParJonathanRoux
P h o t o s : G a ë l A r c u s e t P h o t o : D R
La Pression
de mars
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