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Soudan français puis au Mali contemporain)
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, puis par la suite "sunnites", d'aprèsl'expression arabe
"Ahl al-Sunna"
ou "communauté des gens de la Sunna", qui sembleaujourd'hui le nom le plus courant adopté par les wahhabites d'Afrique de l'Ouest. Or ces deux appellations ne posent pas moins problème, puisqu'elles impliquent que seulsles "orthodoxes" ou "sunnites" sont sur le droit chemin de l'Islam voire sont les seulsvéritables musulmans, ce qui rentre bien dans le credo wahhabite mais n'estcertainement pas une considération du ressort du chercheur. Faute d'alternative claire ettoutes précautions prises quant aux implications idéologiques des différents vocables,nous employerons finalement dans ce papier les appellations "wahhabite", "orthodoxe"et "sunnite" comme simples synonymes. Ces wahhabites ayant aussi des traitsextérieurs caractéristiques comme leur façon de se vêtir et surtout leur manière de prier les bras repliés sur la poitrine comme cela se fait en Arabie Saoudite, on les surnommaaussi les "bras croisés". A l'inverse, tous les autres musulmans, sans considération deleurs différences réciproques, furent uniformément appellés "traditionnalistes" ou "bras ballants". Nous employerons également ces termes, qui n'ont aucune validitéintrinsèque et ne font sens que par référence au contexte wahhabite.SURVOL HISTORIQUE ET ÉVOLUTION DU WAHHABISME EN CÔTED'IVOIREAUX LENDEMAINS DE L'INDÉPENDANCE (DU MILIEU DES ANNÉES 1940À LA FIN DES ANNÉES 1960)Mouvement religieux puritain proposant une interprétation scripturaliste et anti-soufie de l'Islam, le wahhabisme fut à l'avant garde du renouveau réformiste, de stylemoderniste, tel qu'il se développa au cours des deux dernières décennies de l'èrecoloniale dans les régions à prédominance Malinké/Dioula de l'Afrique OccidentaleFrançaise, à savoir certains secteurs du Burkina-Faso, de la Côte d'Ivoire, de la Guinéeet du Mali actuels. Bien que l'influence de ses idées se soit sans doute exercée dès avantcette période, il est généralement reconnu que l'introduction dans la région du dogme etdes pratiques propres au wahhabisme remonterait aux alentours de 1945-46. C'est à partir de ce moment-là en effet qu'El Hadj Tiékodo Kamagaté, de retour d'un séjour desept ans passés à la Mecque, commenca en pionnier à prêcher le nouveau message,d'abord à Bouaké et dans ses environs puis dans d'autres centres urbains de la zone desavane.
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La présence d'autres prêcheurs wahhabites en Côte d'Ivoire, plus ou moinsinfluents et tous liés à Tiékodo, est alors attestée à Séguéla et dans quelques villagesalentours.
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Ce n'est toutefois qu'après le retour des premiers diplômés de l'universitéd'Al-Azhar du Caire, au tournant des années 1950 et principalement sur Bamako, que lewahhabisme ne prit véritablement son essor et commenca à se structurer. Al-Azhar et le pèlerinage à la Mecque, lequel voyage était parfois combiné sur place avec des étudesreligieuses
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, représentent de fait les deux principales sources de contact et d'influencedu monde musulman dit "central" sur les jeunes réformistes ouest-africains.
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Brenner, 1993, p. 61. Delval explique que "Les responsables de l'Association {AMOCI, fondée en1976} avaient retenu le titre d'“Orthodoxes“, traduction du mot arabe “Hannafia“ qui qualifie dans leCoran la religion pratiquée par Abraham, pour bien souligner leur intention de suivre l'Islam selon leCoran et la tradition du Prophète". Delval, 1980, pp. 56-57.
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Kaba, 1974, pp. 32-33 ; Beyries, 1956, pp. 22-23. Tiékodo Kamagaté est décédé soit en 1954 (Delval,1980, p. 53), soit en 1957 (Triaud, 1971, p. 392). Cette section repose principalement sur desinformations tirées de l'ouvrage de Kaba.
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Lecomte, 1953, pp. 18-20 et archives MI, dossier sur la région de Sifié.
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Abd al-Rahman al-Ifriqi de l'institut Dar al-Hadith de Médine fut l'un des avocats les plus influents duwahhabisme auprès des pèlerins ouest-africains à cette époque : Triaud (1986).