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Directeur responsable :
Mohamed GONTARA
Rédaction et Coordination :
Salem TRABELSIEdité par la SNIPE - 6, rue Ali Bach Hamba - Tunis - Tél.: 71 341 066 - Fax: 71 349 720http://www.lapresse.tn
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Deux pages pleines de bandesdessinées . . . . . . . . . . . . . .pp.52-53
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apitale elle est née, capitale elle est restée.Kairouan, première cité de tout l’Occidentislamique (le Maghreb et l’Andalousie), n’a,en effet, jamais failli à son destin. Celui d’une villeféconde, militante, généreuse et éclairée.
 
La Presse Magazine - 1121/ 5 avril 2009P. 2
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Kairouan, capitale de la culture islamique pour 2009
L’éternelrayonnement
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apitale elle est née,capitale elle estrestée. Kairouan, pre-mière cité de toutl’Occident islamique(le Maghreb etl’Andalousie), n’a, eneffet, jamais failli àson destin. Celui d’uneville féconde, mili-tante, généreuse, éclai-rée.C’est grâce à elleque l’implantation dela foi islamique et dela langue arabe en Afrique du Nord etleur consolidation ontété rendues possibles.Son influence s’estétendue jusqu’en Andalousie, au sud del’Italie et Malte dontelle était la capitale àcertaines époques deson histoire. D’où unrayonnement qui aduré près de quatresiècles consécutifs de670 à 1057, année aucours de laquelle ellefut saccagée par lestribus bédouines desBéni Hilal, venues deHaute-Egypte.Elle a été aussi pre-mière capitale du 1
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Califat chiite (desFatimides), a partici-pé indirectement à lafondation du Caire, deFès (le quartier desKairouannais et laMosquée-Universitéd’Al Qarawiyine).Reléguée en secon-de position d’abordpar Mahdia juste pourquelques années puispar Tunis, devenucapitale depuis 1227,Kairouan a cependantgardé son statut decapitale spirituelle dupays et ville sacrée, la4
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dans le monde isla-mique.
Pendant quelquesannées, elle a été le siègedu pouvoir husseïnitenaissant (1735-1740) eta participé ainsi à laconsolidation de cettedynastie (1705-1957).Toujours capitalespirituelle et symbo-lique, elle a été le der-nier bastion de la résis-tance à l’occupationfrançaise (12 mai 1881 -20 mars 1956). C’est avecsa reddition le 26octobre 1881 que laFrance a considéré queson entreprise colonialeest devenue complète.Kairouan a été aussicapitale du
 fiqh
(juris-prudence islamique),de la médecine (lafameuse école deKairouan), de la poé-sie, de l’eau, même sison climat est semi-aride (puis semi-déser-tique), des droits de lafemme, de la musique,de l’architecture, de l’ar-tisanat…Fondée par et pourla foi, Kairouan a surésister à toutes lesépreuves.L’injusticedes hommes et lesinjures du temps.Toutes les tentativesvisant à la marginali-ser ont été, en effet,vouées à l’échec. Ayant participé acti-vement au Mouvementnational, elle bénéficiedepuis le Changementdu 7 novembre 1987d’une attention parti-culière et d’une solliti-citude sans égale de lapart du Chef de l’Etat.
Consacrée «capita-le de la culture isla-mique pour 2009», ellesaura mériter cettedistinction et mettreainsi en valeur sonriche héritage maté-riel et immatériel. Ci-après un bref survolde cet apport fécondet indélébile.Foued ALLANI
 Minaret-tourde la Grandemosquée de Oqba
 
Pour et par la foi
• Expression de l’essence de l’Islam, creuset de la spiritualité première, fondements et remparts denotre identité
Kairouan (Al Kaïraouanou caravansérail) a vu le jour en l’an 670, cinquan-te ans après la fondationde Médine (l’Hégire) et unetrentaine d’années aprèsl’islamisation pacifique d’AlQods. D’où son statut de 4
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ville sainte de l’Islam, cellequi a permis à cette reli-gion et à la civilisation quien découla de connaîtreune expansion durable versl’ouest. Au carrefour des grandesvoies de communication del’Ifriqiya (Africa), le site deKairouan était déjà connuavant que celle-ci ne voiele jour. C’est d’ailleurs pourcela que ses environs immé-diats abritent la sépultu-re de l’un des plus ancienscompagnons du Prophèteparmi les
«Ansars»
(habi-tants de la future Médine), Abou Zama’a Al Balaouimort en martyr en 654.Fondée par Oqba IbnNefaâ suite à une décisionsolennelle et éclairée, inves-tie d’une mission sacréeafin de servir de base à l’is-lamisation du Maghreb età la conquête de la pres-qu’île ibérique, elle a trèsrapidement connu uneexpansion et un essor spec-taculaires. Ainsi d’une basemilitaire, elle est devenueune capitale politique.D’abord province rattachéeau Califat omeyyade deDamas puis au Califat abas-side de Bagdad, pour enfindevenir la capitale de l’Etataghlabide, principautéautonome rattachée sym-boliquement à Bagdad (àpartir de 800 ap.J.-C.). En909, elle devient capitaledes Fatimides pour rede-venir après leur départ pourl’Egypte conquise en 969capitale de la dynastie desZirides (ou Sanhajites) en972, et ce, après un bref intermède au cours duquelMahdia après avoir été fon-dée en 916 s’est investiedu statut de capitale poli-tique du pays (921-972).Kairouan a été pour plu-sieurs décennies une capi-tale totale, c’est-à-dire à lafois politique, économique,culturelle, et spirituelle. Au cœur de la cité, sa gran-de mosquée, celle de Oqba.Centre spirituel, mais aussiscientifique de très hautniveau. Une universitéayant donné à tout leMaghreb ses plus illustressavants. La cité de Oqbaest restée l’âme du pays etla colonne vertébrale deson identité.Grâce à sonimmense aura, la puissancede sa symbolique, le paysa pu résister à toutes lescrises qu’il a vécues.Bref,Kairouan était et resteencore «le repère», les fon-dements, l’ossature et lesremparts de notre identi-té sur laquelle sont venuss’incruster les autres attri-buts.Pas une dynastie, unpouvoir, un gouvernant n’apu se défaire de son cha-risme.Mieux encore, elleétait indispensable pourlui conférer une certainelégitimité.D’où l’intérêtqu’elle a su susciter auprèsde ces pouvoirs et l’atten-tion particulière dont elle jouissait de leur part.Son poids spirituel étaittel que des princes, à plu-sieurs époques, ont essayéde se soustraire à son pou-voir pour une raison ou uneautre.D’abord Aboul Mouhajir(672-682) qui la délaissapour fonder Takairouan.Puis les princes aghlabidesqui, tour à tour, bâtirentles cités princières d’El Abbassiya en 801 puis deRaqqada en 870, et enfin Al Mansour le calife fati-mide, qui après sa victoi-re sur l’Homme à l’âne chef de l’insurrection Kharrajiteen 948, fonda Sabra AlMoubouriya. Aucune de cesquatre cités n’a pu survivreà Kairouan.
Capitaledu sunnisme,du fiqh malékiteet de l’ijtihad
Kairouan n’a pas étéuniquement un pôle pourle fiqh en général et le ritemalékite (Ecole de juris-prudence fondée à Médinepar Malek Ibn Anas) enparticulier, elle a été aussil’un des piliers de la doc-trine sunnite de l’achaâ-risme qui prône la simpli-cité du dogme, la modéra-
P. 3La Presse Magazine - N°1121/ 5 avril 2009
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 Porte de Tunis
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