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Dans Berlusconi il y a berlue (Fr. Brigneau, 2001)

Dans Berlusconi il y a berlue (Fr. Brigneau, 2001)

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Les carnets télé du zappeur K. Membert : Dans Berlusconi, il y a berlue ! - par François Brigneau Libre Journal no 239 du 9 juin 2001 – p. 10–11
Les carnets télé du zappeur K. Membert : Dans Berlusconi, il y a berlue ! - par François Brigneau Libre Journal no 239 du 9 juin 2001 – p. 10–11

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Lescarnetstélé du zappeurK.Membert
DansBerlusconi,il ya berlue !
par François Brigneau
Libre Journal 
n
o
239 du 9 juin 2001 – p. 10–11
Zappeur chez Serge de Beketch, l’idée me paraissait géniale. À l’usage etlaflexion,jemedemandesielleestbonne.Jezappe.L’angoissemonte.Je surzappe. Le doute augmente. Vais-je tomber enfin sur quelquechose de neuf, d’original, de pittoresque, hors des sentiers battus et descheminstouttracés?Surles24chnesquejeloue,jen’arrivequ’àpasserdu déjà vu à l’infiniment ressassé, sans jamais un autre esprit qu’unconformisme répugnant imposé par les squatters du prêt-à-penser.Qu’il s’agisse du passé, du présent ou de l’avenir; de reconstitutionshistoriques ou de science-fiction; de reportages, d’enquêtes, de docu-mentaires, de journaux, de magazines, de télé-trottoirs et de sondagesbidon; d’émissions-vedettes ou de remplissages, de séries-cultes ou defeuilletonsdébiles,devariétésavariéesoupotables,dedébatspolitiques,d’ébats psychologiques, d’abats culturels ou de sabbats de société; demodes, de librairies, de médecine, de cuisine, de sport, sur les chaînespubliques ou privées, la Une, la Deux, la Trois, Arte, la Six, Canal+,Eurosport, Planète, Paris-Première, Ciné-cinéma, etc., sur les 24 clochesde mon église cathodique je n’entends qu’un son.Lacenteélectionitalienneaconfirmél’existencedecephénomèneacoustique. Dès qu’elles parlaient de Berlusconi, les voix des chaînesdisaient la me chose. On croyait écouter Lionel et Jacquot, lesduettistes comiques, s’exprimant à l’étranger. Où que je zappasse, jen’entendaisque:
menteur,truqueur,ruffian,forban,affairiste,capitaliste.
Et j’oubliais :
fasciste 
, naturellement.« Méfiance et vigilance », s’écriait, toujours inspiré, Hollande, leguetteur du fromage. « Méfiance et vigilance », répétaient Moscovici,
 
ancien commissaire aux comptes cachés du Parti Socialiste passé àl’Europe, et
tutti quanti 
, forcément, puisqu’il s’agissait d’un Italien.Le toujours jeune et fringant Silvio ne pouvait se plaindre. La consignede silence, généralement appliquée avec l’ostracisme, ne le frappait pas.On ne parlait que de lui. Il était habillé pour l’hiver.Il n’est pourtant pas antipathique, le
cavaliere 
. Râblé, vif, crépitantde dynamisme et les accus chargés d’entrain, il a le sourire charmeur etmoqueur, l’œil brillant, allumeur et frisé, des conducteurs-séducteurs.Réjoui dans le succès, on le devine résolu dans l’adversité. Il pourraittrès bien être la vedette des séries indémodables, genre
Chapeau melon et bottes de cuir 
ou
Amicalement vôtre 
. Il se tirerait des pires situationsoù l’auraient plongé ses ennemis avec la plus grande désinvolture. Jetéligodanslafosseauxcrotales,ouliésurlesrails,devantunelocomotivefonçant à 200km à l’heure, on le retrouverait l’instant suivant glissant leTango des fauvettes avec Miss Italia, dans la nuit douce de Capri.Cedoitêtrepourcetteaisanceamuséequenotrevisionleteste. Avec des renvois d’aigreur, elle le présente comme un populiste friqué,gaspillant des sommes pharaoniques pour triompher dans les urnes,grâce à des trucs publicitaires, au clinquant et à l’argent sale, commeil se doit. C’est scandaleux! C’est immoral! C’est ignoble! C’est uneinsulte à la dignité de l’homme et à la misère du peuple! Ce n’est pasdans la France d’Urba-Graco et de la cassette de Méry réunie que l’ontrouverait de telles turpitudes pareillement étalées. Nul n’ignore quechez nous les élections se font dans un grand souci d’économies et latriple exigence des principes d’égalité de la République, de la Loi pourtous et de la conscience de chacun. Tandis que dans Berlusconi il y aberlue. Ne l’oublions jamais, la Démocratie en dépend.En conséquence tous les moyens, même les plus douteux, sont bonspour condamner sans appel le candidat Berlusconi. C’est un individudouteux. Il a connu des difficultés judiciaires, dit-on, tout en accueillantà bras ouverts Bernard Tapie que ses malhonnêtetés chroniquesempêchent d’être éligible et électeur. Le procédé est magnifique. Anciencondametprisonnierdedroitcommun,Tapie,quipoussaitlecynisme jusqu’à poursuivre en correctionnelle les journaux qui osaient publierson casier judiciaire, est aujourd’hui moraliste de gauche et confesseurlaïc, tous les dimanches, le jour du Seigneur, sur le câble, RTL9, 19h45,tandis que la télévision met Berlusconi à l’Index. Pourquoi? Parce quela télévision française, au nom de la liberté de l’information et de ladiversité du commentaire, lui reproche le groupe de presse, de radio etde télévision qu’il a réussi à bâtir.2
 
C’est oublier, avec une certaine outrecuidance :1. Que le groupe Berlusconi a emché la gauche et le centregauche de posséder en Italie le monopole de la presse, de laradio et de la télévision, à la grande satisfaction, semble-t-il, deceux qui apprécient la liberté de l’information et la pluralité ducommentaire.2. Que le monopole de la presse, de la radio et de la télévision estexercé en France par le parti médiatique. C’est le totalitarismedémocratique qui le lui a remis, à travers la Quatrième et laCinquièmeRépublique,parétapes,pendantplusdecinquanteans. Ainsi s’explique l’absence de liberté de l’information et de diversitéducommentaire,ainsiquelaprésenceduconformismeintellectuelet politique des médias, particulièrement étouffant à la télévision.Ce dernier a tous les droits. Sans crainte ni vergogne, il se croittout permis. Ainsi la télévision française a-t-elle comparé Berlusconi àMussolini. C’est facile. C’est idiot. Mais ça peut rapporter gros et ce n’estqu’une falsification de plus. Quelle importance? Malheureusement, lapreuve de la supercherie est là, évidente, flagrante, irréfragable :Berlusconi ne peut être Mussolini car il n’a jamais été socialiste.Rien ne permet de prévoir qu’il finira sa course à Salo, à la tête d’unnational-socialisme à l’italienne, avant de terminer harponné au crocd’un boucher par de vigoureux humanistes, défenseurs des droits del’homme. Ce n’est pas du tout le style de Berlusconi.La chemise noire ne lui va pas. Son habit de lumière, c’est le completveston deux boutons, grand tailleur, du brasseur d’affaires international.Son arrivée ne peut même pas se comparer au retour de Don Camillo.En1946,laguerrefroideentrel’URSSetlesÉtats-Unisprenaitdesalluresde guerre civile. Guareschi inventa Don Camillo, le curé de choc, quivoulait protéger la Botte de la botte rouge. Face à Peppone, sectaireet violent avec un fond bonhomme, Don Camillo était un personnageaux frontières du désespoir dans une situation tragique racontée d’uneplume cocasse. La période est toute différente. Les personnages le sontégalement. Berlusconi est un libéral de centre droit qu’on a peint enfasciste parce qu’il menace l’assiette aux leurres de ses adversaires.Partisand’uneéconomiedemarcdansuneEuroperaleilestpourl’euro, le mondialisme de bonne compagnie et l’indestructible amitiéaméricaine. Son système politique emprunte à celui qui a permis la3

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