© Jesús de Prado Plumed, 2009
est littérale même s'il faudrait s'interroger à propos de l'exactitude historique, certes pasdu lyrisme, de ces affirmations de Zamora. A partir de la mort du cardinal, en 1517, c'est une ère nouvelle qui s'ouvre en Castille et en Aragon par l'arrivée du nouveau roi Charles I de Castille et d'Aragon, le futur Charles V,empereur du Sacre Empire, dont Alfonso fera la chronique –en hébreu— des premièresannées troublées de son règne dans une évocation qui n'a rien de complaisante aux intérêtsdu pouvoir en place. Il semblerait que notre Alfonso, installé d'après nos notices de façonpermanente à Alcalá, à l'université mise en activité par Cisneros en 1508, a diversifié, enquelque sorte, son niche de marché. En effet, les commandes se multiplient en mêmetemps que les commanditaires, jusqu'à arriver au chiffre des 52 manuscrits et des troisimprimés,
cinquecentine
comme les appelle la belle tournure italienne, qui ne feront pasl'objet de cette communication, mes limites étant si claires que la patienceraisonnablement limité de mon public averti et discret. Retenons juste que le corpusmanuscrit conservé d'Alfonso semble, dans son intégralité, représenter plutôt une œuvrede maturité, constat qui nous fait bien entendu nous poser la question de savoir ce qu'ilavait fait jusque-là: c'est alors tout à fait vrai que sa participation à la grande oeuvre de laPolyglotte Complutense a-t-elle réclamé toute son attention, toutes ses énergies et toutesles heures de ses journées?Parfois je m'admire du nombre de ces 52 manuscrits, qui auraient mené Alfonso à uneactivité d'écriture inépuisable bien qu'épuisante pendant les trois dernières décennies desa vie. La reconstitution du corpus manuscrit de Zamora a pris bien trop longtemps queprévu : éparpillés à présent entre Madrid, l'Escurial, Salamanque, Rome, Naples, Leyde, Vitoria-Gasteiz (au Pays basque espagnol) et Paris, il y a des manuscrits qui ont été réputés« perdus » (bien qu'ils soient été plutôt « égarés ») jusqu'à très récemment, comme laformidable copie avec des gloses latines et castillanes du commentaire aux Psaumes deDavid Qamhi. Ce manuscrit a été redécouvert en 2005 par Giancarlo Lacerenza à laBibliothèque nationale de Naples. [Diapo nº 9] Outre cet exemple, par le heureux hasardde la lecture des catalogues les plus inattendus, j'ai découvert, au mois de juillet de cetteannée, un manuscrit totalement inconnu de Zamora dans le fonds de la Faculté dethéologie de Vitoria-Gasteiz, au Pays basque espagnol, un manuscrit latin, de la maind'Alfonso, avec une traduction complète des 613 commandements positifs et négatifs du judaïsme, dédié (commandité, alors) à l'inquisiteur général de l'époque. Le manuscrit estdatable entre 1523 et 1538. [Diapo nº 10] Ce manuscrit, que l'on retiendra comme « lemanuscrit de Vitoria », fera l'objet d'une publication scientifique dans les quelques mois à venir.[Diapo nº 11]Revenons, pourtant, aux outils: il est le premier réflexe, sûrement conditionné, de presquenous tous, chercheurs dans les disciplines diverses qui touchent les manuscrits en écriturehébraïque, de nous adresser tout d'abord au grand fonds de reproductions qui est géré parl'Institut des manuscrits hébreux microfilmés à Jérusalem. Nul peut se tromper à l'égarddes ambitions de cette institution, telles qu'elles ont été évoquées par David Ben Gourionlors de sa création:« C'est le devoir de l'État d'Israël d'acheter et de rassembler ces exilés de l'esprit [lesmanuscrits hébreux], dispersés en diaspora. Je ne crois pas qu'il soit possible
Première journée d'études sur les manuscrits hébreux
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