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Jospin n'est pas Flaubert (Fr. Brigneau, 2002)

Jospin n'est pas Flaubert (Fr. Brigneau, 2002)

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Published by Nicolas Mx
Lionel Jospin n’est pas Gustave Flaubert - par François Brigneau - Libre Journal no 260 du 8 mars 2002 – p. 8–9
Lionel Jospin n’est pas Gustave Flaubert - par François Brigneau - Libre Journal no 260 du 8 mars 2002 – p. 8–9

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Lionel Jospin n’est pas Gustave Flaubert
par François Brigneau
Libre Journal 
n
o
260 du 8 mars 2002 – p. 8–9
 Avez-vous lu Jospin? Tout au long de la dernière semaine de février,ce fut la question du jour. Le zappeur et moi répondions : « Non, pasencore,maisnousnecessonsdelevoir.Etdel’entendre.»Cefutd’abordrue Saint-Martin, à «L’Atelier». C’est ainsi que les socialistes ont appelé– j’allais dire baptisé, mais le terme eût choqué – le quartier général deleur campagne. Ils auraient trouvé l’expression trop militaire. À notreavis, l’explication est ailleurs. « L’Atelier » appartient au vocabulairemaçonnique. Il désigne les corps initiatiques appartenant aux troispremiers degrés Atelier symbolique ») ou aux grades supérieurs,du quatrième au trente-troisième degAtelier philosophique »).L’appellation contrôlée n’a pas été choisie au hasard. Elle ne signifie pasquelesfranginsnefoulerontpasle«Tapisrouge»,dusangdel’aristo,duconventionnel Chirac. Mais enfin, «L’Atelier», ça flatte la sensibilité desfrangins. Dans les urnes, ça aide.Ensuite, il y a eu le Salon de l’Agriculture, qui meurt mais ne se rendpas. Sitôt que les caméras, comme un vol de gerfauts hors du charniernatal, ont rappliqué, à fond la caisse, pour filmer la scène historique,on a vu le père Lionel mettre la main au cul des charolaises comme s’iln’avait fait que ça toute sa vie. Il paraît que son toucher rectal montraitune aisance professionnelle. Le zappeur, qui a toujours une anecdoteambigüe à placer, prétendait que cela rappelait Laval, à Moscou en1935. Dans une situation identique, son geste avait subjugué Staline. J’aivérifié. C’est exact.Le soir, nous nous trouvions au Stade de France. Jospin analysait, enconnaisseur, la victoire de l’équipe de France de rugby sur la Perfide Albion, considérée comme la meilleure du monde, actuellement. Enfaisant semblant d’attaquer par les ailes, nous avons pu passer parle centre, dégarni. Bayrou ne l’occupait plus. Depuis qu’il a torpillé
 
« l’Union en mouvement » en déclarant que, s’il gagnait, il trouveraitun emploi fictif à Chirac, Bayrou vit sur un nuage. Pour s’y rendre plusfacilement,ilametroqsoncamionpourunavionàcolza.Ducoupil ne bande plus à part. Il flotte. Il vole. Il survole. Il plane dans les azurs,leséthers,auréolédesarcs-en-cieldelavictoireprochaine.Lepetitchosen’est plus tout chose. Tant mieux. J’ai un faible pour l’ancien bègue.JospinaterminélajournéesurCanal+,pourlamoniedessars.Le prix du meilleur acteur étant revenu à Michel Bouquet, le premierMinistre est parti, ailleurs, se faire voir par les Grecs. Ce départ étaitinutile.Ilyenavaitbeaucoupdanslasalle.Et,lelendemain,pasdereposdominicalpourlesguerriers:c’étaitleJournalde20heuressurTF1avec,en prime, la perle de Claire, Madame Chazal, la cerise sur le gâteau.— Vous oubliez son livre, dit le zappeur.« Exact », comme dit la cheftaine du Maillon faible. Vendredi, lecandidat trotskiste le signe, en priorité, aux lecteurs de Cintegabelle quisont aussi ses électeurs. S’il ne devient pas président de la République, ilpourrapeut-êtreredevenirdéputé.Latélévisionestlà.Purecoïncidence.Jospin aligne les envois. C’est le nom exact des dédicaces. En mêmetemps, avec la plus grande facilité, il cause. Écrire : «À Josepha Jimenez(il y a beaucoup de citoyennes et de citoyens d’origine espagnole dansla région de Toulouse), grâce à qui nous allons présider autrement,fidèlement, Lionel Jospin » ne l’empêche pas d’expliquer le pourquoidu parce que sur le système de retraite par répartition que pourraitaméliorer l’épargne salariale et le parce que du pourquoi sur la «grandeconférenceéconomiqueetsociale»quicidera«desgrandesprioris»et, en particulier, «des grands chantiers».— Jospin n’est pas Flaubert, remarque le zappeur avec pertinence.Le pauvre Gustave a mis cinq ans à venir à bout de
Madame Bovary 
. Ellelui résistait mieux qu’à ses amants. De 1851 à 1856, il n’a fait que ça!Du soir au matin, toujours au turbin, il tartinait. Exclusivement. Or, de1997 à 2002, également pendant cinq ans – quelle coïncidence encore! –non seulement Lionel a écrit un livre de la grosseur de
Madame Bovary 
,mais il a trouvé le temps de gouverner la France. Rien qu’à y songer, onest épuisé. Il a commencé par gagner les législatives de la dissolution. Aujourd’hui, l’exploit électoral paraît banal. En deux tours, Jospin atransformé la formidable majorité de Chirac (477 députés contre 99) enune minorité de figuration (257 sièges contre 319 à la gauche plurielle).Jospin venait de réduire le chef de l’État à l’état de salsifis tricolore pourcinq ans. Il l’obligeait à le prendre comme premier ministre, chef du2
 
gouvernement qui « détermine et conduit la politique de la Nation »(article 20). Il le contraignait à accepter comme ses ministres ceux queles appareils directeurs du parti communiste, du parti socialiste et desécolos-anarchistesavaientdésignéscommetels.Cinqansdurant,ilallaitforcer le chef du RPR à avaliser tout ce que lui, chef du PS, voudrait luifaire avaler. Citons, en vrac : les 35 heures, le quinquennat, le calendrier(la présidentielle avant les législatives), la régularisation des immigrésclandestins, l’aggravation de l’insécurité par l’organisation idéologiquede l’impuissance judiciaire et policière, la dévaluation de 28% du francfrançais par rapport au dollar américain, l’augmentation du nombre desfonctionnaires, des impôts, et de la Dette-Maousse (12% de nos impôtssur le revenu rien que pour payer les intérêts), pensons-y toujours, n’enparlonsjamais!...UntravaildeTitanquinel’apasemchéd’écriresonlivre:
LeTempsderépondre 
,d’uneautredimensionque
MadameBovary 
,vous en conviendrez.— Je ne conviens de rien du tout puisque je ne l’ai pas lu, ni vous nonplus!Le zappeur me regarda avec commisération. Jadis, au temps desapprentissages, il se régalait du Merle blanc qui sifflait et persiflait tousles samedis avant d’être interdit par la censure de Daladier. Aujourd’hui,rien ne lui plaît davantage que de se moquer du monde et de lui-mêmetoutes les décades.— Je n’ai pas besoin de lire
Le Temps de répondre 
pour savoir que
MadameBovary 
estunromandegare,dit-il,leregardfaussementre.On dirait du pré-Sagan, rédigé symphonique, pour grand orchestre.L’alexandrin sans rimes et en prose pour les descriptions, et froid, sec,tout en détails, pour les portraits : Gustave connaît la musique. C’est duvelours. Mais l’histoire? C’est celle de la pauvre Emma, mal mariée, çaarrive, qui avait trop d’imagination pour le canton et ne trouva jamaischaussure à son pied. Celle de Rodolphe était trop grande. Celle deontroppetite.Queldommagequ’ellen’aitpasrencontréVictorHugo!C’est le bicentenaire qui m’y fait songer. Malgré Adèle, Juliette, Léonieet le passage, Emma avec Totor, la bête humaine, c’était le bonheurdans le bocage. Hélas! Emma portait au front l’étoile noire du malheur.Bonjour tristesse. Elle ne pouvait que courir en fiacre jusqu’à l’arsenic.Desgalipettesquitournentaigresettristesavantdefinirmal,j’enaipleinma cave. Rien qui puisse se comparer avec
Le Temps de répondre 
. Le titresuffitàrenseignerlechalandquipasse.Ilnes’agitpasd’unromanàl’eaudebidet,augoûtdujour,moleMignonneallonsvoirs’ilarrose...Non.3

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