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SupercoifféTu connais les renards, ces rouquins filous qui font souvent les malins ? Oui ? Alors, écoute- bien car je vais maintenant te conter l’histoire d’un renard un peu particulier : Supercoiffé.C’est ainsi que ses parents l’ont nommé car il a une belle tignasse et porte très bien le catogan, par tous temps.Attention, prête l’oreille, sa tanière n’est pas bien loin…« Tadam tadam tidoum tidoum » Ca, c’est le bruit de ses pas.« chouidououa, chacha » Et là, c’est sa voix. Supercoiffé chante souvent, trop même, toujoursdes rengaines à l’ancienne, avec des effets de voix, des chouchoubidououa. Oui, il adore ça !Pour tout te dire, quand il se prépare le matin dans sa tanière de bains, il prend sa brossecomme micro et s’entraîne à danser et à chanter. Il essaye de ne pas trop montrer ses dents, pour ne pas effrayer les enfants. Ensuite, quand il estime avoir assez travaillé, il prend soin desa tignasse flamboyante : une petite huile de ricin, un petit coup de brosse en cadence, unléger pschitt pour l’ultime mise en forme et c’est parti ! Le catogan de Supercoiffé résistera àtous les temps.Supercoiffé est donc un beau renard, à la voix bien aiguisée, aux dents étincelantes et au panache apprêté. Mais attention, ce n’est pas un gentil renard de contes de fées, ni même unrenard-peluche à cajoler. Supercoiffé a beau chanter, il cherche surtout à manger.Des lapins, des martres, des souris, des musaraignes, des loirs, des poules, des chats, desmarmottes, tout est bon pour monsieur renard, tant que y’a du sang sur ses dents.Et il croque, déchire, avale, le tout en chantant lalala et en concluant par chachacha.Mais… chut… regarde et écoute-bien…Supercoiffé vient de se réveiller et ne sait pas encore ce qu’il va faire de sa journée : une petite partie de pêche, une chasse aux lapins, une mission « ramenons une poulette »… Ilhésite mais se laisse tenter par l’idée d’une bonne poulette à la cocotte, mmmmm. Il en saliverien que d’y penser.Il prépare son nécessaire : jumelles, radar anti-chien et humain, pince et sécateur, ainsi que le baluchon à poulettes. Une fois prêt, il se dirige vers la sortie (quand on y est) ou l’entrée(quand on y va) de la forêt. Arrivé près d’une jolie langère, il prend ses jumelles et fait leguet. Chouette, un grillage qui ressemble bien à un petit poulailler ! Il va pouvoir se régaler.Le voilà donc sautant, trottant, galopant vers la petite cour grillagée.Un regard à droite, un à gauche, devant, derrière, un petit coup de snif flair-tout en l’air : c’est bon la voie est libre. Il ne sera pas perturbé pendant l’opération et pourra tranquillementaccomplir sa petite mission.Il se rapproche des cocottes à pas de loup (c’est une technique qu’il avait apprise d’un de sescompagnons de tarot). Il pense être discret mais une des poulettes le repère et alerte sescopines : « Au renard, cot, codek, couac, re-nard, re-nard ! ». Elle part se réfugier sous un peude paille, pour bien se cacher. Notre renard, ayant entendu l’alerte, se dépêche : clic clac, deux petits coups de sécateur pour se faire un passage dans le grillage. Il attrape une petite poulette,toute jeunette, qui n’a pas pris au sérieux l’alerte de sa copine. Pauvre poulette… Elle est jetéedans le baluchon et emportée par Supercoiffé.Arrivé à sa tanière de cuisine, le goupil ouvre son baluchon et attrape la petite poulette par lecou : « Que tu es jolie ! un peu petite, un peu maigrelette peut-être mais je salive déjà en tâtantta chair !
 
- Monsieur Renard, n’en croyez rien, je ne suis qu’une pauvre poulette un peu malade, je suismalingre et vraiment, vous perdrez votre temps en me cuisinant.- Tut tut tut, c’est bien essayé ma cocotte mais crois-moi, j’en ai entendu des belles avec tessoeurettes. Elles étaient toutes très bonnes une fois mijotées. Bon, comme je suis de bonnecomposition, je te laisse le choix : préfères-tu rôtir, bouillir, rissoler, être aromatisée ou être juste dévorer toute crue ?- Vraiment, je crois que vous devriez me laisser engraisser un peu, afin de me cuire à la plancha dans un mois ou deux, quand les beaux jours seront là.- Tut tut tut, qu’est-ce que tu me racontes là ? Je te laisse le choix de ta cuisson (ou noncuisson), c’est déjà pas mal… Allez, j’attends ! Et pour accompagnement : chips, frites,carottes, haricots, riz, pâtes ? Je te laisse choisir aussi tes derniers amis.- Monsieur Renard, avec tout le respect…- Pas d’entourloupe Poulette, répond à mes questions.- Eh bien, en ce cas, je veux des cèpes pour m’accompagner, de beaux cèpes tout frais ! Et puis j’aimerais autant être anesthésiée aussi, avant d’être découpée. Et puis et puis… et puis j’aurais bien aimé un chocolat et une petite crêpe suzette avant de devenir une poulette enmorceaux.- Bon bon bon, des cèpes… en mars… Ce n’est pas trop la saison.- Oh, si, peut-être qu’en cherchant bien… osa la poulette.- Oui, oui, bien sûr, tu essayes de me jouer un tour.- Oh non, je ne me permettrais pas, monsieur renard.- Bon, alors tant pis, on va faire comme je décide. Je m’occupe du chocolat. C’est déjà pasmal, je crois.Il part le préparer, non sans avoir ficelé la poulette à une chaise, pour l’empêcher des’échapper. En faisant fondre les carrés de chocolat, il se dit que c’est compliqué de trouver des cèpes à ce moment de l’année et qu’il a déjà bien faim. Oui, il a faim, grand faim,extrêmement faim. N’y tenant plus, il retourne près de la poulette et lui tient ce discours :« désolé ma cocotte mais je ne tiens plus ! » Et il l’avale toute crue, avec la ficelle et les plumes en plus !Et pour terminer son repas, il boit le chocolat. Il se love ensuite dans son fauteuil favori etentame une bonne petite sieste.ZZZZZZzzzzzzzZZZZzzzzzzAprès sa petite sieste, Supercoiffé décide d’aller prendre l’air, mmmm, une promenade dansla forêt, rien de mieux pour s’aérer les idées. Il met donc sa petite écharpe polaire autour deson cou et s’en va.Il longe le petit cours d’eau voisin et prend le sentier à gauche de la droite de l’arbre degauche de la droite qui part de chez lui. Après un tel trajet, il se remet à avoir les crocs : « Etsi je me trouvais de quoi goûter, mmmm, un bon petit goûter, tout frais, tout chaud, oui, çaserait parfait ! »Mais en dehors des baies, il n’y a pas grand-chose : quelques touffes d’herbes grasses etgrosses (un peu écoeurantes, il faut l’avouer), des glands de l’automne dernier, des crottes delapin, rien de terrible pour le goûter de Supercoiffé.Mais, tout d’un coup, il sent la bonne odeur du petit lapin. « Mmmmmm quel fumet, j’encroquerai ». Par l’odeur alléché, il se met donc à tourner dans le quartier. Et à force detourner, se retourner et tourner encore, il trouve enfin le petit terrier, glisse sa patte dans le
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