- Monsieur Renard, n’en croyez rien, je ne suis qu’une pauvre poulette un peu malade, je suismalingre et vraiment, vous perdrez votre temps en me cuisinant.- Tut tut tut, c’est bien essayé ma cocotte mais crois-moi, j’en ai entendu des belles avec tessoeurettes. Elles étaient toutes très bonnes une fois mijotées. Bon, comme je suis de bonnecomposition, je te laisse le choix : préfères-tu rôtir, bouillir, rissoler, être aromatisée ou être juste dévorer toute crue ?- Vraiment, je crois que vous devriez me laisser engraisser un peu, afin de me cuire à la plancha dans un mois ou deux, quand les beaux jours seront là.- Tut tut tut, qu’est-ce que tu me racontes là ? Je te laisse le choix de ta cuisson (ou noncuisson), c’est déjà pas mal… Allez, j’attends ! Et pour accompagnement : chips, frites,carottes, haricots, riz, pâtes ? Je te laisse choisir aussi tes derniers amis.- Monsieur Renard, avec tout le respect…- Pas d’entourloupe Poulette, répond à mes questions.- Eh bien, en ce cas, je veux des cèpes pour m’accompagner, de beaux cèpes tout frais ! Et puis j’aimerais autant être anesthésiée aussi, avant d’être découpée. Et puis et puis… et puis j’aurais bien aimé un chocolat et une petite crêpe suzette avant de devenir une poulette enmorceaux.- Bon bon bon, des cèpes… en mars… Ce n’est pas trop la saison.- Oh, si, peut-être qu’en cherchant bien… osa la poulette.- Oui, oui, bien sûr, tu essayes de me jouer un tour.- Oh non, je ne me permettrais pas, monsieur renard.- Bon, alors tant pis, on va faire comme je décide. Je m’occupe du chocolat. C’est déjà pasmal, je crois.Il part le préparer, non sans avoir ficelé la poulette à une chaise, pour l’empêcher des’échapper. En faisant fondre les carrés de chocolat, il se dit que c’est compliqué de trouver des cèpes à ce moment de l’année et qu’il a déjà bien faim. Oui, il a faim, grand faim,extrêmement faim. N’y tenant plus, il retourne près de la poulette et lui tient ce discours :« désolé ma cocotte mais je ne tiens plus ! » Et il l’avale toute crue, avec la ficelle et les plumes en plus !Et pour terminer son repas, il boit le chocolat. Il se love ensuite dans son fauteuil favori etentame une bonne petite sieste.ZZZZZZzzzzzzzZZZZzzzzzzAprès sa petite sieste, Supercoiffé décide d’aller prendre l’air, mmmm, une promenade dansla forêt, rien de mieux pour s’aérer les idées. Il met donc sa petite écharpe polaire autour deson cou et s’en va.Il longe le petit cours d’eau voisin et prend le sentier à gauche de la droite de l’arbre degauche de la droite qui part de chez lui. Après un tel trajet, il se remet à avoir les crocs : « Etsi je me trouvais de quoi goûter, mmmm, un bon petit goûter, tout frais, tout chaud, oui, çaserait parfait ! »Mais en dehors des baies, il n’y a pas grand-chose : quelques touffes d’herbes grasses etgrosses (un peu écoeurantes, il faut l’avouer), des glands de l’automne dernier, des crottes delapin, rien de terrible pour le goûter de Supercoiffé.Mais, tout d’un coup, il sent la bonne odeur du petit lapin. « Mmmmmm quel fumet, j’encroquerai ». Par l’odeur alléché, il se met donc à tourner dans le quartier. Et à force detourner, se retourner et tourner encore, il trouve enfin le petit terrier, glisse sa patte dans le
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