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ee
Ulnzalne
a
3F
littéraire
Numéro
83
Du
16
au
30novembre
1969
LaS
ISO
du
EDueûen:
,Pierre
c
ae
er
etle
pot
de
miel
 
SOMMAIRE
3
LELIVRE
DE
LA
QUINZAINE
5
ROMAN
ÉTRANGER
8
ROMANS
PRANÇAIS
8
9
10
11
12
POÉSIE
FlanneryO'Connor
Martin
WalserGeorges.EmmanuelClancierMonique
WittigJean
Sulivan
Jeanne
ChampionClaireGalloisMichelDeguy
MonmalvientdeplusloinLalicorne
Unthème
privilégié:
l'enfance
L'éternitéplus
un
jourLesguérillèresMiroirbrisé
X
UnefillecousuedefilblancFigurationsPoèmes
-
propositions
-
études
par
GenevièveSerreau
par
Rémi
Laureillard
par
ClaudeBonnefoy
par
MauriceChavardès
parAndré
Dalmas
par
GillesLapouge
par
AlainClerval
parAnne
Fabre-Luce
parPierre
Chappuis
14
ENTRETIEN
Pierre
Schaefferetlepotdemielproposrecueillis
par
MarcPierret
18
ARTS
17
EXPOSITION
19
PHILOSOPHIE
21
ESSAI
22
POLITIQUE24LETTRE
D'ITALIE
LeszekKolakowskiMichelZeraffa
Brian
CrozierLaRevuede
l'Art
Giacometti
ChrétienssanséglisePersonneetpersonnageFranco
Unscandalelittéraire
par
FrançoiseChoay
parJean
Selz
par
ConstantinJelenski
par
CatherineBackès
par
HerbertSouthworth
par
GuidoDavicoBonino
28
27
THÉATRE
BertoltBrechtGrotowski
à
Londreset
à
NewYork
Tamboursettrompettes
par
Raymonde
Temkinepar
GillesSandier
28
FEUILLETON
w
par
GeorgesPerec
Créditsphotographiques
La
Quinzaine
2
FraoisErval,MauriceNadeau.
Conseiller
:
JosephBreithach.
Comidedaction:
GeorgesBalandier,
Bemard
Cazes,FrançoisChâtelet,FrançoiseChoay,DominiqueFernandez,MarcFerro.Gilles
Bernard
Pingaud.
GilbertWalusinski.
Secrétariatde
la
daction:
AnneSarraute.
Courrierlittéraire:
AdelaïdeBlasquez.
daction,administration:
43,rue
duTemple,Paris-4·.
Téléphone:
887·48·58.
Publicitélittéraire:
22,
rue
deGrenelle,Paris-.phone:2294-03.
Publicitérale
:
au
journal.
Prix
du
n·au
Canada:
75
     
Abonnements:
Un
an
:58
F,
vingt-troisnuméros.
Sixmois:
34
F,.
douzenuméros.
Etranger:
Un
an
:70
F.
Sixmois:40
F.
Pour
tout
changementd'adresse:
envoyer3timbresà0,30
F.
Règlement
par
mandat,
chèquebancaire,chèquepostal:C.C.P.
Paris
15.551.53.
Directeurde
la
publication
François
Emanuel.
Imprimerie:
GraphiquesGambon
Printed
in
France
p.
3
p.5
p.
6
p.
7
p.8p.
9
p.10p.
Il
p.
12
p.
14
p.
16
p.
17
p.
18
p.
19
p.23
P·25
p.26p.27
Gallimardéd.Gallimardéd.VascoVascoVascoVascoLaffontéd.
Magnum
Gallimardéd.Buchet·ChastelD.R.Fititjian-Belfond
Flammarion
Galerie
     
GalerieMaeghtCopyrightNew
York
Review
et
Opera
Mundi
CopyrightNew
York
Review
et
Opera
Mundi
LeSeuil
D.R.
Bemand
 
LB
LIV.B
DB
LA
QUINZAIIJB
Des
soleils-poignards
La
Quinzaine
littéraire,
du
16
au
30
novembre
1969
"'lanneryO'Connor
1
FlanneryO'Connor
Mon
malvient
de
plusloin
Nouvelles
trad.de
l'anglais
par
Henri
MorissetGallimard
éd.,
280
p.
Nousvoiciprojetés
en
pleinroyaumedesténèbres.L'en-
fer
c'estici-bas,
et
lagrâcedeDieu,quitombe
çà
et
surlesplusdéshérités,res-sembleàl'éclairdel'épéequitue.DanslesnouvellesdecedernierrecueildeFlanneryO'Connor(1)toujoursquel-
Latragédie
estainsiposée
dès
lepart,
etquidit
tragédie
dit
l'impossibilité
detoute
solution
autreque
la
mort.
Cela
vient
dou-
cement,
par
touches
irrémédiables
mais
légères.
On
admire
l'éton-
nante
sécurité,
la
maîtrise,l'allé-
gresse
qu'une
telle
certitude
de
latragédie
en
cours
donne
à
l'auteur.Riendepluspropice
à
l'humour
-
qui
n'estjamais
si
quefailleprofondeapparaîtentrelespersonnagesmisenprésence.
En
dehorsmêmedesdifférencesimmédiate-mentvisibles,surleplanracial(lesNoirs
et
lesBlancs),
ou
social(lesmaî-tres
et
lesdomestiques),
ou
surleplandesgénérations(lesres
et
les
fils).
Cettefaille
est
bienpire,quin'estpasincompréhensionmo-mentanée,malentendu
ou
erreurparables,maisbienl'absoludelasurdité,l'enferde
la
non-communication.
bien
portant
que
dans
la
noiremachineriede
la
fatalité.Ecoutons
l'attaque
de
la
pre·mière
nouvelle
(celle
quidonne
son
titreau
recueil)
:
c'est
la
ren-
contredelare
etdu
fils,
l'étu-
diant
Asburyquirelourne
pour
y
mourir
dans
la
maisonmater-nelle
:
Elle
avait
poussé
unpetit
cri
et
semblait
atterrée.
Il
étaitraviqu'elleeût,
du
premier
coupdiscerné
la
mort
sur
sonvuage.
Ainsi,à
soixante
ans,eUeallait
prendrecontact
avec
le
réel.
L'une
est
atterrée,
l'autre
ravi,
ces
deux-là
ne
s'entendront
ja-mais
La
cassureest
nette,
tracée
au
diamant.
Ellenefera
plus
ques'approfondir.Plusle
fils
est
odieux
-
et
il
sait
l'être
-
plus
la
remultiplie
soins
et
atten-lions
et
mobilise
l'optimisme
des
amis
autourdumoribond,
et
pluss'aggrave
entreeuxl'abîme,carjusqu'aubout
la
mère
refuse
la
vérité
delamort,
et
on
a
presque
le
sentimentque
le
fils
meurt
denepouvoirlatransmettre,
meurt
non
tantpourlui
quecontre
sa
mère,
contresonimcile
aveu-
glement.
Il
seraobligé
d'entrer
seul
en
agonie,
d'affronter
seulcette
terreur
de
la
mortqu'iln'avait
pasprévue
et
qui
l'assaille
audernier
instant.
Qui
a
tort?
Qui
raison?
Qui
est
bon?
Qui
méchant?
Ce
n'est
pas
entre
ces
termes-làque
passe
la
coupure
:
simplement
il
ya
d'un
ceux
qui
savent
(ce
quine
les
rendni
meilleurs
ni
plus
pitoyables
niplus
perspicaces)
et
del'autre,
les
sourds.
Pour
se
faireentendre,
les
premiersutiliserontn'importequel
moyenviolent,
et
leplusfou
enapparence
sera
aussi
le
plus
efficace.
Même
cassure,
fondamentale.
irréparable,
entre
les
personna-
ges
de
«les
Boiteuxentreront
les
premiers
»,
l'une
des
plusbellesde
ces
neuf
nouvelles
et
sans
dou-
te
des
plus
insupportahles.
Shep.pard,tout
comme
lare
d'Asbu-ry,est
animé
des
sentiments
les
plusaltruistes
et
totalement
im-
perméable
à
la
véritable
connais-
sance
des
êtres
:
ilne
voit
ni
son
propre
fils
(qu'a
traumatisé
lamortde
sare)
ni
lepetitboiteuxabandonqu'il
recueille
et
comble
de
ses
bienfaits.L'or-
phelin,
aprèsavoir
faitsubir
à
son
protecteur
les
pires
avanies,
lui
déclare
en
pleine
face,
qu'iln'est
qu'un
«
groslard,
un
Jésus-
Christenpeau
de
toutou,
qui
se
prendpour
lebonDieu
».
«
J'ai·
me
cent
fois
mieux,
ajoute-t-il,
la
maison
de
redressement
que
la
sienne
...
Le
démon
le
tienten
son
pouvoir
Par
laboucheinfâme
de
l'horrible
Rufus,
nourri
du
langage
primitif
des
prêcheursdu
Sud,c'est
toutdemêmelavéritéqui
passe,
unecertaine
connais-
sance
terrible
à
laquelle
l'honnê-
teSheppard
estétranger.Ah,
onn'est
guèresauvé
par
ses
œu-vres
ou
ses
mérites
dansl'universde
lacatholique
O'Connor
!
Mais
l'est-ondavantage
parla
foi
?
Et
faut-il
appeler
«
grâce
ce
donétrange
deconnaissance
qui
tom-
besur
le
premier
venu(etdepréférence
surle
pire)
et
fait
de
luiun
ricanant
messagerdel'au-
delà?
Tous
ces
illuminés
ressem-
blentpeuou
prou
au
monstreuxévangélistede
la
      
dans
le
sang
dont
legrand-re
portait
susdanslacervelle
comme
un
aiguillon
et
quifinit
par
se
brû-
ler
les
yeuxavec
de
la
chaux
vive
afind'y
voir
plusclair
dans
ses
propres
ténèbres.Lorsque
Sheppard.
lentement,faisant
un
prodigieux
et
méritoireretour
sur
lui-même,
comprendenfinl'énormité
deson
erreur
(la
ruée
de
l'angoisse
et
de
l'amourferlasur
lui
comme
une
transfusiondevie),
rien
ne
vient
l'en
compensersinonle
petit
cadavredeson
fils
pendu
à
unepoutre
-
suicidé
par
safaute.Dans
la
nouvellesuivante
-
elle
s'intitule
«la
Révélation
maispresquetoutes
pourraientporter
le
moten
sous-titre
-
la
grosse
et
pieuseMrs
Turpin,
conscientede
sa
valeur
et
de
ses
mérites
(ordre,
bon-sens
etrespect
de
soi)
eten
remerciant
Jésus
à
touteheure,
sera
brutalementarrachée
à
son
confortspirituel
dans
le
salond'at-tente
d'un
médecin
par
une
filleinconnue,
«
une
grosse
laid
asse
qui
n'a
cessé
de
la
fixer
avec
har-
gne,
etfinit
par
se
jeter
sur
elletoutes
griffes
dehorsdans
un
ac-cèft
derage
qui
ressemble
à
de
la
folie
pure.
Et
quelque
chose
alon
franchitobscurément
l'épaisse
bonne
conscience
de
Mrs
Turpin
:
elle
était
sûre,
maintenant
que
lafillelaconnaissait,personnel-
lement,profondément,
par-delàle
temps,
les
lieux
et
lescircons-tances.
Elle
ne
se
trompait
pas
et
le
message
est
clair
:
«
Retourneenenferd'où
tu
viens,
vieux
pour-ceauàverrues
»,
articule
la
fille,
et
s
lorsc'est
en
vainque
Mrs
Turpintordra
son
espriten
tous
sens
pour
échapper
à
la
justesse
fulgurantede
ce
jugement:
oui,elle
n'estqu'un
«
pourceau
et
ses
vertus
seront
«la
proie
du
feu
».
C'est
avec
lamêmefurie
meur-
trreque
Mary(dans
«
Vue
sur
les
hois»),
l'étrange
et
rébarba-
tive
petite
fille
du
vieux
Fortune
se
jetterasur
songrand-père
qui
3
of 00

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