• Embed Doc
  • Readcast
  • Collections
  • CommentGo Back
Download
 
Commentaire de « La vie en Icarie » selon Cabet« Avec la communauté, plus de pauvres ni d'oisifs ; plus de crimes ni de supplices, plusd'impôts ni de police, plus de contestations ni de procès, plus d'inquiétudes ni de soucis ; tous lescitoyens amis et frères ; tous non seulement heureux mais également heureux » dit Cabet dansVoyage en Icarie de 1842. Sous ces propos, est visible l'aspect utopique fort de sa théorie socialiste.Présentation de Cabet :Fils d'un maître-tonnelier dijonnais, Étienne Cabet entreprend des études de droit après avoir eu une brève expérience dans le domaine de l'enseignement. Une fois avocat, il plaide, sans grandenthousiasme semble-t-il : plus qu’aux faits-divers, il s’intéresse à la politique. Ses prises de position en faveur de Napoléon lors du retour de celui-ci pendant les Cent-Jours (20 mars-20 juin1815) le contraignent à fuir sa ville natale pour se réfugier à Paris. Grâce à ses relations et à seslectures, il se forge peu à peu une doctrine, qu’il expose par la suite dans de nombreuses publications.Par la parole et par l’écrit, il ne cesse dès lors de s’opposer à la Restauration française: celle deLouis XVIII , puis celle de Charles X . Il adhère bientôt à la Charbonnerie , la société d’entraidesecrète que vous a exposée Marianne la semaine dernière. Ses qualités et son zèle lui valent de sevoir confier un rôle de dirigeant. À ce titre, il participe activement aux mouvements insurrectionnelsde juillet 1830. Après les Trois Glorieuses (27, 28 et 29 juillet 1830), il devient pour peu de tempssecrétaire du ministre de la Justice, puis est nommé procureur général à Bastial. Dans cette dernièrefonction, il se distingue en défendant de nombreux accusés politiques et en professant des idéesestimées trop démocratiques par le pouvoir, ce qui lui vaut d’être bientôt révoqué.Élu député de la Côte-d'Or en 1831, il attaque avec violence le gouvernement de Louis-Philippedans un journal ultra-démocratique fondé en septembre 1833, Le Populaire. Interdite deux ans plustard, la publication reparaît en mars 1841, encore plus virulente que la première version.Condamné en 1834 à deux ans de prison pour délit de presse, il préfère se réfugier en Angleterre oùil fréquente notamment Martin Nadaud, le maçon de la Creuse en passe de devenir député (1815-1898). Grâce à l’apport de ce dernier et de réformistes anglais, dont Robert Owen, le philanthropecommunisant (1771-1858), il poursuit sa formation politique. Lors de ce séjour forcé, il découvreégalement les conditions déplorables dans lesquelles travaillent les ouvriers dans les usines, dontEngels dénonce les excès dans La situation de la classe laborieuse en Angleterre, en 1845.De retour en France cinq ans plus tard, Étienne Cabet reprend son combat par la parole et l’écrit.Sous le titre de Voyage en Icarie, il publie en 1842 le plan d'une utopie communiste, la cité idéaled'Icarie. Élaboré en Angleterre et d’abord publié sous un pseudonyme en 1840, le livre connaît unsuccès immédiat en France et est plusieurs fois réédité. Dans sa préface, Cabet le présente comme« un véritable traité de morale, de philosophie, d'économie sociale et politique », qu'il invite seslecteurs à « relire souvent et étudier ».Il scinde son ouvrage en trois parties la première portant sur la description et le récit du voyage, ladeuxième sur l'établissement de la communauté par un régime transitoire qu'il appuie avec unediscussion, des objections, les réfutations de ces objections, l'histoire et l'opinion des philosophes.Enfin il résume en troisième partie la doctrine et les principes de la communauté.Dans quelle mesure l'idéal de Cabet a trouvé écho dans la réalité?Si Voyage en Icarie est un ouvrage qui comporte toutes les caractéristiques d'un récit purementutopique, il voit ses principes mis en action par les communautés intentionnelles fondées aux États-Unis par les adeptes de Cabet. Et c'est dans le socialisme moderne qu'il prend une dimension toute particulière.I)D'un cit utopique...II)… à une mise en applicationIII)De l'Icarie au marxismeI)Intro : Inspiré à la fois par l'
deThomas Moreet son amitié avec le réformateur 
 
galloisRobert Owen, comme je l'ai dit tout à l'heure, Cabet décrit Icarie à travers le récitimaginaire d'un jeune aristocrate anglais visitant une île mystérieuse.
Voyages et aventuresdu Lord Wiliam Carisdall en Icarie
est d'abord publié en 1840 en Angleterre anonymement,Cabet craignant d'être arrêté par les autorités françaises. L'ouvrage est cependant ensuite enFrance à partir de 1842 sous le titre
Voyage en Icarie
, cette fois-ci portant le nom de l'auteur.Je rappelle que le succès du livre, qui deviendra une lecture courante parmi les milieux populaires, entraînera quatre autres éditions en huit ans.La brieveté et la faiblesse de la partie critique de l'oeuvre en regard de la longueur de la partie prophétique en révèle le caractère utopique.De plus tout est prévu par la loi« Il n'ya absolument rien dans tout ce qui concerne les aliments qui ne soit réglé par la loi ».Aussi, il y a un manichéisme qui se remarque à travers le fait qu'il veut une liste desaliments « bons et mauvais » et dans la première catégorie les classer en « nécessaires, utileset agréables ». Aucune place n'est laissée à la subjectivité et la vie privée est réglée par laloi. La société parfaite est décrite avec une extrême minutie :A) DescriptionLe nouveau régime repose sur des principes égalitaires, où l'argent, la propriété privée, lescours de justice, les polices secrètes et la délinquance n'existent pas. La justice est rendue par des assemblées populaires : les crimes des Icariens sont si insignifiants que la sanction la plus courante réside dans la publication d'un blâme qui d'ailleurs ne porte même pas le nomde blâme. La vie privée elle même est en fait sans nuages : l'adultère est , par exemple,inconnu en Icarie. Le gouvernement dont la tâche est purement d'administration matérielleest constituée par représentation populaire et la publicité des débats est assurée par unservice d'information qui exclut toute possibilité de secret. Les ateliers et l'agriculture sontmécanisés et reposent sur les dernières applications scientifiques. Il dit « c'est la Républiquequi les fait produire (les aliments) par ses agriculteurs et ses ouvriers. » Nourriture etvêtements sont fournis gratuitement aux citoyens, chacun , je cite, « recevant selon ses besoins ».Il faut préciser qu'ici aussi il y a absence de subjectivité puisque tout membre de lasociété a les mêmes besoins. Il dit en effet « chaque citoyen reçoit la même quantité d'unaliment quelconque » . La propriété privée a donc disparu. Tous les enfants naissent égauxen droit et en fait. L'éducation la plus complète est universelle et gratuite pour les deuxsexes. D'ailleurs il insiste sur le fait que l'égalité des sexes est absolue. Une bibliothèquecommunautaire rassemble des ouvrages soigneusement choisis. Les oeuvres d'art loin d'êtreen fermés dans les collections et les musées sont exposées dans les rues et sur les places auxyeux de tous. Il n'existe pas de religion d'État, mais les Icariens sont des chrétiens, Cabetconsidérant les premiers chrétiens comme la première société idéale. Malgré le penchant del'auteur pour une religion d'allure saint simonienne, la tolérance religieuse la plus entière estde règle.RAPPEL DU SAINT SIMONISME (jeter les grandes lignes) : Le saint-simonisme est unedoctrine socio-économique et politique, dont l'influence au XIXe siècle fut déterminanteCette doctrine tient son nom de Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon. Sur le plan social, la société doit être fondée sur le principe de l'égalité parfaite et sur l'associationentre les Hommes. Les privilèges de la noblesse et de la royauté doivent être supprimés pour en finir avec la féodalité et parce que l'aristocratie vit aux dépens de la nation. Sur le plan"spirituel", Saint-Simon entendait donner le pouvoir spirituel aux savants, les industriels enétant les garants. Sur le plan temporel, il veut que les industriels, cultivateurs, négociants, les plus capables et désintéressés, ne dirigent pas, mais administrent la nation et ce , le pluséconomiquement possible et gèrent son budget comme une entreprise. Il souhaite que lasociété devienne un grand atelier où chaque classe a un rôle utile.Revenons à la pensée idéaliste de Cabet.B) Manière d'y accéder 
 
Comment cet âge d'or est-il né? L'auteur est ici plus évasif : l'historique de la genèse dusocialisme en Icarie ne fait mention d'aucune rupture brutale avec l'ordre ancien : Cabetinsite dans son catéchisme final sur la nécessité d'éviter toute violence. La lutte demeuretoute verbale, la propriété privée dépérit et les conflits de classe s'atténuent sans coercition.Il a suffi de dénoncer l'inégalité comme source de tous les maux et d'en convaincre leshommes pour que la société communautaire se réalise peu à peu. En un mot toutes lessources de conflit entre les hommes ont été taries.En un mot toutes les sources de conflit entre les hommes ont été taries. L'analyse critique dela société réelle est éludée au profit de la description lyrique de la société imaginaire.II)… à une mise en application concrèteLes Icaries d'Amérique : j'ai sélectionné des exemples d'expérimentation des communautésintentionnelles appelées « Icariens ».
Texas
Le 10 octobre 1847, environ 150 personnes réunies dans les locaux du journal Le Populairevotent l’« Acte de Constitution d’Icarie », élisent comme président Étienne Cabet etétablissent un « Bureau de l’immigration icarienne » dans ces locaux. En décembre, CharlesSully est envoyé comme éclaireur pour préparer le terrain situé sur les rives de la Red River,dans les environs de la ville de Cross Timber, au Texas. Le 3 février 1848, 69 colons dirigés par Gouhenart, un peintre et marchande de tableaux, en l’absence de Cabet qui purge une peine de prison, embarquent au port du Havre.Ils n’arrivent sur leur terrain qu’en juin 1848 après une longue et pénible marche car la RedRiver n’est pas praticable jusqu’à Cross Timber. Là, ils tentent d’organiser leur communautémais sont vite découragés par le climat : plusieurs colons y meurent à cause de la fièvre paludique. Ils décident donc de se rendre à La Nouvelle Orléans où, après avoir rencontréd’autres colons icariens embarqués le 15 octobre, le 2 et le 12 novembre à Bordeaux quisont dans une situation identique à la leur, ils votent la dissolution de la communautéicarienne.
Illinois
Cabet, dès son arrivée à La Nouvelle Orléans le 19 janvier 1849, tente de reprendre leschoses en main ; il convoque une assemblée générale grâce à laquelle il arrive à convaincre280 hommes, 74 femmes et 64 enfants sur un total de 485 colons à poursuivre l’aventureicarienne. Le premier mai 1849, les colons arrivent dans l’Illinois dans la localité de Nauvoo, fondée en 1840 par les Mormons qu’ils abandonnèrent par la suite. Le climat estagréable et les terres sont fertiles. Pendant l’assemblée générale du 21 février 1850, lescolons votent la constitution définitive de la communauté icarienne. Celle-ci prospère et lescolons, français comme américains, affluent jusqu’en décembre 1855.En octobre 1856, une crise interne due à l’insurrection de plusieurs colons qui jugent Cabettrop autoritaire et le système qu’il a mis en place trop liberticide, se résout par son départ,accompagné de 75 hommes, 47 femmes et 50 enfants, pour Saint-Louis, dans le Missouri.C’est là, peu après leur installation, que Cabet meurt d’une attaque cérébrale. Mercadier, quiest élu président afin de lui succéder, décide de quitter Saint-Louis en mai 1858 pour installer la communauté à Cheltenham. La communauté se poursuit jusqu’en 1863, quandles colons doivent prononcer sa dissolution, ruinés par les conséquences de la Guerre deSécession.
Iowa
J.-B. Gérard, qui avait succédé à Cabet dans la ville de Nauvoo, décide en 1857, alors à la
of 00

Leave a Comment

You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...
You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...