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Publius Ovidius Naso – Ovide
LES MÉTAMORPHOSES
Traduction de G.T. Villenave – 1806
    É    d    i   t    i   o   n    d   u   g   r   o   u   p   e  «   E    b   o   o    k   s    l    i    b   r   e   s   e   t   g   r   a   t   u    i   t   s  »
 
Chant 1
Inspiré par mon génie, je vais chanter les êtres et les corpsqui ont été revêtus de formes nouvelles, et qui ont subi deschangements divers. Dieux, auteurs de ces métamorphoses, fa- vorisez mes chants lorsqu'ils retraceront sans interruption lasuite de tant de merveilles depuis les premiers âges du monde jusqu'à nos jours. Avant la formation de la mer, de la terre, et du ciel qui lesenvironne, la nature dans l'univers n'offrait qu'un seul aspect ;on l'appela chaos, masse grossière, informe, qui n'avait que dela pesanteur, sans action et sans vie, mélange confus d'élémentsqui se combattaient entre eux. Aucun soleil ne prêtait encore salumière au monde ; la lune ne faisait point briller son croissantargenté ; la terre n'était pas suspendue, balancée par son poids,au milieu des airs ; l'océan, sans rivages, n'embrassait pas les vastes flancs du globe. L'air, la terre, et les eaux étaient confon-dus : la terre sans solidité, l'onde non fluide, l'air privé de lu-mière. Les éléments étaient ennemis ; aucun d'eux n'avait saforme actuelle. Dans le même corps le froid combattait le chaud,le sec attaquait l'humide ; les corps durs et ceux qui étaient sansrésistance, les corps les plus pesants et les corps les plus légersse heurtaient, sans cesse, opposés et contraires.Un dieu, ou la nature plus puissante, termina tous ces com- bats, sépara le ciel de la terre, la terre des eaux, l'air le plus purde l'air le plus grossier. Le chaos étant ainsi débrouillé, leséléments occupèrent le rang qui leur fut assigné, et reçurent leslois qui devaient maintenir entre eux une éternelle paix. Le feu,qui n'a point de pesanteur, brilla dans le ciel, et occupa la régionla plus élevée. Au-dessous, mais près de lui, vint se placer l'airpar sa légèreté. La terre, entraînant les éléments épais et so-
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