Trabonjy par des sentiers peu fréquentés, à travers la forêt qui borde la rive gauche de la rivière de Marovoay. Des reconnais-sances envoyées par le colonel démontrèrent en effet l’existenced’un rassemblement de troupes hovas au village d’Ambodimon-ty situé entre Ambohibary et Manonga ; interrogés, les indi-gènes de la contrée déclarent que les Hovas étaient environ2.000 et qu’ils auraient avec eux 6 pièces de canon. Ils venaientdirectement de Tananarive et devaient renforcer la garnison deMarovoay. Arrivés après l’évacuation de cette ville, ils s’étaientarrêtés à Ambodimonty. Le colonel Pardes reçut alors l’ordre deles surveiller et de garder un gué de la rivière Karembo qui se jette dans le marais de Marovoay, et qui pouvait servir aux Ho- vas pour gagner l’est au cas où une colonne partie de Marovoay les aurait chassés de leur position.
Occupation de Manonga
. – Le 15 mai, jour fixé pour l’oc-cupation du gué, on s’aperçut, vers sept heures du matin, quel’ennemi tenait déjà ce gué et marchait sur le village de Manon-ga. Notre colonne se mit immédiatement en mouvement ensuivant les collines qui bordent à l’est la route du gué et en pro-fitant, pour s’abriter, des bouquets d’arbres dont elles sont cou- vertes. A 1.500 mètres du village, les éclaireurs signalaient lesHovas en assez grand nombre, un peu en arrière d’un mamelondistant de 100 mètres environ. La section d’avant-garde, com-mandée par le lieutenant Forestou, de l’infanterie de marine,s’avança rapidement pour arriver sur le mamelon avant l’enne-mi ; au moment où elle atteignait la
crête
, elle se trouva àquelques mètres des Hovas et reçut presque à bout portant unfeu de salve. Un peu surpris, nos tirailleurs se reprirent rapide-ment, et entraînés par leurs officiers et sous-officiers, se précipi-tèrent à la baïonnette. Le corps à corps ne dura que quelquesminutes ; les Hovas laissèrent sur le terrain 60 morts. Un canonKrupp mis en batterie sur la route, à 30 mètres du mamelon,leur fut pris avant que les tirailleurs hovas eussent le temps des’en servir ; cinq d’entre eux s’étaient laissé tuer sur la pièce.De notre côté, douze tirailleurs étaient blessés, dont quatregrièvement, parmi lesquels un sergent. Le lieutenant Forestou,qui a très brillamment enlevé sa troupe, était légèrement blesséau flanc.
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