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 Arthur Conan Doyle
LA BANDE MOUCHETÉE
Les aventures de Sherlock Holmes(février 1892)
    É    d    i   t    i   o   n    d   u   g   r   o   u   p   e  «   E    b   o   o    k   s    l    i    b   r   e   s   e   t   g   r   a   t   u    i   t   s  »
 
La bande mouchetée
En jetant un regard sur mes notes des soixante-dix etquelques affaires dans lesquelles j’ai, pendant les huit dernièresannées, étudié les méthodes de mon ami Sherlock Holmes, j’entrouve beaucoup qui sont tragiques, quelques-unes comiques etun grand nombre tout simplement étranges, mais il n’y en aaucune qui soit banale ; car travaillant, comme il le faisait, plutôtpar amour de son art, que par esprit de lucre, il refusait des’associer à toute recherche qui ne présentait pas une certainetendance l’extraordinaire et même au fantastique. Parmi toutesces affaires si diverses, toutefois, je ne me souviens pas qu’aucuneait présenté des traits plus singuliers que celle à laquelle on aassocié la famille bien connue des Roylott de Stoke Moran, dansle Sussex. Les événements dont il s’agit se sont déroulés dans lespremiers temps de mon association avec Holmes lorsque,libataires, nous occupions ensemble notre appartement deBaker Street. J’aurais pu, sans doute, en faire déjà le récit, mais jem’étais alors engagé au secret, et je n’ai été délié de ma promesseque le mois dernier par la mort prématurée de la dame à qui jel’avais faite. Peut-être même vaut-il mieux que ces faits soientrévélés maintenant ; j’ai en effet quelques raisons de croire quetoutes sortes de bruit ont couru un peu partout concernant lamort du docteur Grimesby Roylott, tendant à rendre cette affaireencore plus terrible que la vérité.Ce fut au début d’avril 1883 que je m’éveillai un matin pourtrouver Sherlock Holmes, déjà tout habillé, debout près de monlit. D’ordinaire il se levait tard et, comme la pendule sur macheminée me montrait qu’il n’était que sept heures et quart, jeposai sur lui un regard incertain, un peu surpris et peut-être unpeu fâché, car j’étais moi-même très régulier dans mes habitudes.– Tout à fait désolé de vous réveiller, Watson, dit-il, maisc’est le lot de tous, ce matin. Mme Hudson a été réveillée, j’en aisubi le contrecoup, elle m’a réveillé et maintenant à votre tour.
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