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Pâques ? Une affaire mathématique !
Il est rare que trois religions se retrouvent autour d'une même célébration, d'unemême date. En fait il y a bien une raison, voir des raisonnements de nature aussimathématiques qu'astronomique.
La date de la fête dePâques
est fixée d’après lecomputet elle conditionne d'autres datesreligieuses et civiles.Cette année ce sera le dimanche 8 avril 2007, l'an prochain, le 23 mars, puis le 12 avril 2009. Ladéfinition de cette date est de nature astronomique, en l'an 325 leconcile de Nicée a décrété la règle suivante :Pâquesest célébré ledimanchequi suit le quatorzième jour de la lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après. Autrement dit, c’est le premier dimanchequi suit ou quicoïncide avec la première pleine luneaprès le21 mars(marquant le début du printemps). Avant ce concile, la fête suivait des règles variables, influencées par la date dePessa'h. Dans cette définition, l’expression « âge de la lune » n’est pas prise dans son sens usuel : l’âge estcompté en jours entiers, à partir du jour de la nouvelle lune. De plus, c’est la 
(diteaussi
lune pascale
) qui est utilisée, et non la nouvelle lune réelle. La date ne dépend ni des tables astronomiques, ni d’une observation directe du croissant (pratique encore en usage poul’observation de certaines fêtes musulmanes). On remarque également que c'est non pas la dateréelle du printemps, mais bien le 21 mars, qui est utilisé comme date de référence (même s'il tombesouvent un 21 mars, le printemps aura certaines années un jour ou deux de décalage avec cettedate).Par construction,Pâquesse situe au plus tôt le22 mars. Cela se produit quand la lunaison pascale commence le8 mars(nouvelle lune) et que le22 marsest un dimanche (postérieur à l'équinoxe qui coïncide ce jour-là avec la pleine lune de comput).Au contraire la date la plus tardive possible est le25 avril. En effet, dans lecomput grégorien, une lunaison (nouvelle lune) peut commencer le 7 mars. Le quatorzième jour (dernière pleine luned’hiver) tombe alors le 20 mars et la pleine lune suivante (première pleine lune du printemps) est le18 avril (29 jours après). Si ce 18 avril est déjà un dimanche, Pâques tombe le dimanche suivant (le25).Il en est de même dans lecomput  julien car, même s’il n’y a pas de nouvelle lune possible le 7 mars dans ce calendrier , une lunaison qui commencerait le 6 mars julien durerait alors 30 jours et non 29.
Éléments ducomput.
- Le comput julien utilise deux éléments, lalettre dominicaleet lenombre  d’or astronomique. Le comput grégorien utilise la lettre dominicale et l’épacte,mais la connaissance du nombre d’or est aussi nécessaire, contrairement à ce qui est dit généralement. Car le cycle solaireest un élément dont l’emploi est équivalent à celui de la lettre dominicale julienne. La valeur de ces éléments est donnée chaque année dans les almanachs ; aussi a-t-on cru devoir la publier dans la Connaissance des Temps et dans l’annuaire du Bureau des longitudes. En raison decette publication, l’annuaire du Bureau des longitudes consacrait au comput un article périodique,qui se concluait naturellement par le calcul de la date de Pâques. Le texte de cet article étaitd’ailleurs très sensiblement la reproduction de la fin du Livre IV de la 3e édition du Coursd’astronomie de H. Andoyer de1923. Il s’agissait d’une tradition non justifiée : les éléments ducomput n’ont aucun rôle scientifique, civil, ou même religieux. Le calcul réel de ces jours est pluscompliqué que celui ducalendrier perpétuel  publié annuellement dans les Éphémérides astronomiques de l’annuaire du Bureau des longitudes.La démonstration de ces formules ne demande que des connaissances d’arithmétique élémentaire.Exemple de calcul pour l’année 2006 :
Il faut au préalable calculer L selon lalettre dominicalegrégorienne (on pose L = 1 pour lalettre
 A
, c’est le cas en 2006 par exemple, jusqu’à L = 7 pour la lettre
G
).
Puis il faut calculer E, l’épactegrégorienne (E vaut zéro pour 2006) :
Pour garder une même formule en avril, l’épacte E est corrigée ainsi :
 
si E = 24 et L = 4 (lettre D), prendre alors E = –5
si E = 25 et L = 3 (lettre C), prendre alors E = –4
sinon, si E vaut 24 ou au-delà, diminuer E de 30 ;
Ajouter les nombres E et L et incrémenter de 1 (0 + 1 + 1 =
2
pour 2006).
Prendre le reste dans la division par 7 (
2
/ 7 = 0, or 0 × 7 = 0 au lieu de
2
, le reste vaut donc2).
Ajouter 45 et soustraire E (2 + 45 - 0 = 47).Le résultat représente le jour de Pâques en partant de début mars (1 = le 1er mars). En fait la plus petite valeur obtenue possible est 22 pour le 22 mars. Si le résultat dépasse 31, c’est que Pâquestombe en avril (il suffit de retrancher 31 pour avoir la date). Pour 2006, Pâques tombe donc ledimanche 16 avril (47 - 31 = 16).Algorithme de Thomas O’BeirnLe premier algorithme attribué à Gausscontenait quelques erreurs.
(En fait d'erreur, il s'était basé sur desdonnées limitées dans le temps. Son résultat n'est donc pas garanti pour toutes les périodes. )
Voici en tout cas unalgorithme, créé par Thomas O'Beirne, qui a le mérite d’être juste et d’inclure tous les calculsintermédiaires du computen partant simplement de l’année. On y reconnait évidemment des parties du calcul précédent (nombre d’or,
etc
.) même si le rôle desgrandeurs n’est pas précisé ici. L’algorithme est donné sous sa forme simplifiée car elle est pratique(laversion complète
(en)
est de toute façon moins intéressante car donne lieu à des calculs inutilesou simplifiables ; par exemple on pourrait obtenir l'épacte en divisant directement x par 19). Pour la période actuelle (1900 - 2099) on a de façon rapide :Soit
M
l’année du calcul (prenons 2005 pour exemple) :
On pose
n
= M - 1900 (on retranche 1900 à l’année, donc n = 105 pour notre exemple) ;
On prend
a
, le reste de n dans la division par 19 (105 / 19 = 5 mais 5 × 19 = 95 au lieu de105, il reste donc 10 ; a = 10) ;
On calcule a × 7 + 1 (ce qui donne pour l’exemple 7 × 10 + 1 = 71) ;
On en prend
b
, le résultat (entier) de la division par 19 (71 / 19 = 3 donc b = 3) ;
On calcule (11 × a) - b + 4 (soit 11 × 10 - 3 + 4 = 111) ;
On en prend
c
le reste dans la division par 29 (111 / 29 = 3, or 3 × 29 = 87 au lieu de 111, ilreste donc 111 - 87 = 24, donc c = 24) ;
On calcule
d
la partie entière de n / 4 (105 / 4 = 26) ;
On calcule n - c + d + 31 (soit 105 - 24 + 26 + 31 = 138) ;
On en prend
e
le reste dans la division par 7 (138 / 7 = 19, or 19 × 7 = 133 au lieu de 138, ilreste donc 138 - 133 = 5, donc e = 5) ;
On calcule P = 25 - c - e (dans l’exemple : P = 25 - 24 - 5 = -4) ;
La date de Pâques tombe P jours après le 31 mars (ou avant si P est négatif). Ce qui signifieque :
 pour P = 1, le 1er avril, autrement dit P positif correspond directement au jour dumois d’avril ;
 pour P = 0 le jour de Pâques est le 31 mars, et
 pour P = –1 le 30 mars, autrement dit P négatif doit être ajouté à 31 pour obtenir le jour du mois de mars ;(Pour l’année2005, on trouve P = -4, ce qui veut dire que Pâques est le dimanche 31 - 4 =27 mars).En refaisant ce calcul pour l’année 2006, on trouverait P = 16 et on retrouverait le résultat précédent(Pâques 2006 tombe le 16 avril).Algorithme de OudinL'avantage de celui-ci est d'être parmi ceux qui demandent le moins d'opérations. C'est donc un des plus intéressants pour le calcul généraliste (sans limite de siècle). Il est présenté sous sa forme nonsimplifiée donc utilisable pour toute année postérieure à 1583 (après l'apparition ducalendrier  grégorien). Le calcul de la date de Pâques est loin d'être une chose si facile. On prendra pour exemple le calcul dans l'année actuelle (2008).Les divisions doivent toujours être entières (on supprime les décimales).
G
qui représente le nombre d'or diminué de 1: Diviser l'année par 19, en prendre le reste

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