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Les classes moyennes en Afrique: un air de "déjà-vu" ? Par Hélène Quénot-Suarez.

Les classes moyennes en Afrique: un air de "déjà-vu" ? Par Hélène Quénot-Suarez.

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Dans son édition du 20 juillet 2014, le New York Times propose une analyse fine de l’émergence des classes moyennes en Afrique. L’article montre les limites de la fameuse « émergence » des 300 millions de classes moyennes en Afrique et propose une analyse nuancée des avancées sociales et économiques. Ce faisant, il montre que les classes moyennes africaines ne sont plus un objet d’étonnement, qu’elles ne sont plus neuves dans l’analyse, mais ont au contraire atteint une sorte de « banalité » qui permet des analyses plus pertinentes. Pourtant, cette banalité n’est pas encore interrogée et la question de la « nouveauté » supposée des classes moyennes n’a pas réellement été soulevée. Quels éléments d’analyse de long terme peut-on apporter pour éclairer et mieux analyser ce concept-clef ?
Dans son édition du 20 juillet 2014, le New York Times propose une analyse fine de l’émergence des classes moyennes en Afrique. L’article montre les limites de la fameuse « émergence » des 300 millions de classes moyennes en Afrique et propose une analyse nuancée des avancées sociales et économiques. Ce faisant, il montre que les classes moyennes africaines ne sont plus un objet d’étonnement, qu’elles ne sont plus neuves dans l’analyse, mais ont au contraire atteint une sorte de « banalité » qui permet des analyses plus pertinentes. Pourtant, cette banalité n’est pas encore interrogée et la question de la « nouveauté » supposée des classes moyennes n’a pas réellement été soulevée. Quels éléments d’analyse de long terme peut-on apporter pour éclairer et mieux analyser ce concept-clef ?

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1 © Ifri
 
L’Afrique en question
s n°19 : Les classes moyennes en Afrique : un air de « déjà-vu » ?
Hélène Quénot-Suarez Juillet 2014
Actuelle de l’
Ifri
 
 
2 © Ifri
Les classes moyennes en Afrique : un air de « déjà-vu » ?
Dans son édition du 20 juillet, le
New York Times
 propose une
. 
L’article montre les limites de la fame
use « émergence » des 300 millions de classes moyennes en Afrique et propose une analyse nuancée des avancées sociales et économiques. Ce faisant, il montre que les classes moyennes africaines ne sont plus un objet
d’étonnement, qu’elles ne sont plus neuve
s dans l
’analyse, mais ont
au contraire atteint une sorte de « banalité » qui permet des analyses
plus pertinentes. Pourtant, cette banalité n’est pas encore interrogée
et la question de la « nouveauté » supposée des classes moyennes
n’a pas réellement été
 
soulevée. Quels éléments d’analyse de long
terme peut-on apporter pour éclairer et mieux analyser ce concept-clef ?
«
L’émergence des classes moyennes
 » : un concept récent
l’intérêt porté aux classes moyennes africaines. Il
 indiquait q
u’il y
avait maintenant sur le continent 300 millions de personnes
appartenant aux classes moyennes locales. L’intérêt de la définition
de la BAD est son adaptabilité aux contextes locaux, contrairement aux définitions habituelles qui ne définissent que des classes
moyennes à l’échelle mondiale
 (voir ici une excellente vidéo de la BBC). Elle considère que toute personne gagnant entre 2 et 20 dollars par
 jour (en parité de pouvoir d’achat, PPA) fait
partie de la classe moyenne. Cela peut paraître très peu mais correspond selon cette institution au fait que ces personnes sont sorties de la pauvreté,
c’est
-à-
dire qu’elles peuvent prendre en charge leur logement, leur
nourriture et se permettre en plus des dépenses discrétionnaires, même très modestes. On peut critiquer la définition de la BAD en raison de la
grande modestie des revenus. Cependant, en considérant qu’une personne sur trois en Afrique n’est plus pauvre et peut consommer, la BAD a attiré l’attention des investisseurs sur l’Afrique. Ce faisant, le
 
Hélène Quénot-Suarez / Les classes moyennes en Afrique
 
3 © Ifri
 continent africain, longtemps présenté sous le seul angle de la pauvreté, est apparu sous un jour nouveau, beaucoup plus positif
puisque ces 300 millions d’Africains des classes moyennes sont
Si ce discours positif sur l’Afrique est un phénomène nouveau,
après des décennies de stigmatisation, les classes moyennes, en revanche, ne sont pas nouvelles : elles existaient en Afrique durant la période coloniale et après les indépendances. Mal connues par les acteurs économiques, elles nous renseignent pourtant utilement sur ce que sont les classes moyennes actuelles.
« Évolués » coloniaux : une « classe moyenne » très politique
Pendant la colonisation, il existait une « classe moyenne », embryon des classes dominantes de la période suivante, appelée les « évolués »
 –
 
educated 
 en anglais. Cette classe était composée de ceux qui avaient fait des études
 –
 
ce qu’ Hampaté B
â nomme «
l’école des otages
 » dans
 (1973)
 –
 parlaient la langue du colonisateur et travaillaient dans
l’administration, ou comme enseignants ou infirmiers par exemple.
Issus de cette école « des Blancs », cette classe formait une élite « moderne » se distinguant des « élites traditionnelles » africaines qui
n’avaient, elles, pas le pouvoir de communiquer directement avec les
coloniaux.
Une classe moyenne artificielle
Le caractère le plus spécifique de cette « classe moyenne » était sa position dans «
l’entre
-deux », à la jonction entre le monde colonial et le monde africain. La position de cette classe moyenne
peut laisser penser qu’elle permet de faire lien entre deux entité
s distinctes. Cependant, à mieux y regarder, ces « évolués »
n’étaient
pas tant des liants que des éléments de division
: l’existence de ces
« classes moyennes coloniales » ne reposait pas sur une réalité économique. Elles avaient été créées volontairement par le pouvoir colonial pour diffuser ses valeurs, même si les groupes éduqués ne sont pas restés passifs et ont créé leur propre identité. Les métisses mettaient eux aussi en lumière un statut social entre deux mondes, mais sur lequel le pouvoir colonial a dû légiférer, contrairement aux « évolués » : nés de parents indigènes et citoyens français, il a fallu trancher sur leur statut juridique (soit ils étaient indigènes, soit ils étaient citoyens français) afin de ne pas remettre en cause le concept de différence à la base du projet colonial. Ainsi, les « évolués » possédaient plus de droits que les « indigènes » dans le système colonial, mais dans un système fortement hiérarchisé et différencié,
qui invite plus à la division qu’à l’union des parties
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