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A propos de la vita de saint Corentin A propos de la vita de saint Corentin A propos de la vita de saint Corentin A propos de la vita de saint Corentin 
par Andrépar Andrépar Andrépar André----Yves Bourgès*Yves Bourgès*Yves Bourgès*Yves Bourgès*Il faudra un jour prochain donner une nouvelle édition de la
vita 
de saintCorentin qui corrige celle de dom Plaine [BHL 1954]
1
; et qui tienneévidemment compte, comme le souligne H. Guillotel
2
, des fragments publiéspar Mme E. C. Fawtier-Jones, d’après les notes posthumes de A. Oheix 
3
[BHLsuppl. 1953
4
] : les fragments en question, connus par une transcription du P.Du Paz
5
ont en effet conservé, selon leur éditeur, les vestiges d’un ouvrage plusancien. Pour le moment, ce travail éditorial n’a pas été vraiment engagé, maisde pertinentes remarques ont été faites en ce sens par B. Merdrignac
6
et H.Guillotel
7
. Il se dégage de ces observations récentes que la
vita 
de saintCorentin, telle que la fait connaître notamment le vieux 
Breviarium Corisopitense 
, est pour une large partie constituée par une réfection del’ouvrage antérieur.
*CIRDoMoC (Centre international de recherche et de documentation sur le monachisme*CIRDoMoC (Centre international de recherche et de documentation sur le monachisme*CIRDoMoC (Centre international de recherche et de documentation sur le monachisme*CIRDoMoC (Centre international de recherche et de documentation sur le monachismeceltique), Landévennec.celtique), Landévennec.celtique), Landévennec.celtique), Landévennec.
1
Dom Plaine, « Vie inédite de saint Corentin » (avec traduction), dans
Bulletin de la Société archéologique du Finistère 
, t. 13 (1886), p. 118-153, d’après (1°) le ms. Bruxelles, Bibliothèqueroyale, n°3472 et (2°) le
Breviarium Corisopitense 
, imprimé au début du XVI
e
siècle, dont leseul exemplaire connu est conservé chez les bollandistes, à Bruxelles. — Comme l’indique E.C. Fawtier-Jones, « La
vita 
ancienne de saint Corentin », dans
Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne 
, t. 6 (1925), p. 8, l’édition Plaine donne en outre (p.154-161) « l’histoire de la
Translation 
du corps de saint Corentin à Marmoutiers et plusieursmiracles tirés d’un Passionnaire de Quimper dont un extrait se trouve aux Archives de laLoire-Inférieure. C’est une copie faite au XV
e
siècle sur un manuscrit de Quimper en vue d’unprocès ».
2
H. Guillotel, « Sainte-Croix de Quimperlé et Locronan », dans
Saint Ronan et la Troménie.Actes du colloque international 28-30 avril 1989 
, s.l. [Locronan], 1995, p. 185, n. 38.
3
E. C. Fawtier-Jones, « La
vita 
ancienne de saint Corentin », p. 38-56.
4
Il nous paraît qu’il y a une erreur dans l’attribution du n° 1953 par H. Fros à cette
vita 
de saintCorentin. En toute logique on attendrait 1954 b.
5
Ms. Paris, Bibliothèque nationale de France, fonds français, n°22362, f. 60-69 v°.
6
B. Merdrignac, « Saint Ronan et sa
Vie 
latine », dans
Saint Ronan et la Troménie. Actes du colloque international 28-30 avril 1989 
, s.l. [Locronan], 1995, p. 126-127.
7
H. Guillotel, « Sainte-Croix de Quimperlé et Locronan », p. 184-188.
 
2
A quelle époque eut lieu cette réfection et dans quelles circonstances ? Quelétait le profil de l’hagiographe et l’identification de ce dernier est-ellepossible ? Telles sont les questions, ou plutôt les séries de questions, auxquellesnous allons essayer de répondre, après avoir rapidement examiné ce qui paraîtêtre acquis relativement à l’ouvrage plus ancien, que nous qualifierons
 primitif  
,sans pour autant conclure qu’il était le premier.
I
Depuis que R. Largillière l’a exprimée en termes lapidaires dans un articleposthume paru en 1930
8
, la plupart des spécialistes qui se sont occupésd’hagiographie bretonne ont souscrit à la double conclusion : 1) que la
vita 
desaint Ronan et celle de saint Corentin ont été composées par le même auteur ;2) que celui-ci travaillait au XIII
e
siècle.Cependant, ces affirmations ne peuvent être reçues sans discussion. Commel’a montré dès 1925 Mme E. C. Fawtier-Jones, à l’occasion de son édition deplusieurs textes relatifs au saint, textes que le P. Du Paz avait en son tempsextraits de sources depuis perdues, le dossier hagiographique de Corentin estformé de pièces diverses et composites, parmi lesquelles les vestiges d’unprobable *
liber miraculorum 
9
. Or, ce sont précisément les passages enquestion
10
qui présentent avec la
vita 
de saint Ronan la grande parenté de styleet d’inspiration remarquée et soulignée, également en 1925, par R. Largillière
11
.
8
R. Largillière, « Pénity », dans
Bulletin de la Société archéologique du Finistère 
, t. 57 (1930),p. 23, n. 1.
9
E. C. Fawtier-Jones, « La
vita 
ancienne de saint Corentin », p. 36-37. Sans doute en référenceau titre choisi pour son article, Mme Fawtier-Jones n’exclut pas la possibilité qu’il ait existéune ancienne *
vita 
de saint Corentin, mais privilégie l’hypothèse d’un *
liber miraculorum 
. —Pour notre part, nous souscrivons également à l’existence d’un tel recueil de
miracula 
quenous croyons avoir été divisé en deux parties, la première consacrée aux miracles intervenusdu vivant du saint, la seconde à ses miracles posthumes.
10
 
Idem 
, p. 42-45 (§ X et XI) ; p. 47-56 (§ XV, XVI et XVII).
11
R. Largillière, « Saint Corentin et ses vies latines à propos d’une publication récente », dans
Bulletin de la Société archéologique du Finistère 
, t. 52 (1925), p. 103-105. — Tout Largillièrese retrouve dans ce compte-rendu du travail de Mme Fawtier-Jones : beaucoup d’érudition etplus encore d’intuition, quelques lapsus voire quelques erreurs, des remarques parfois
 
3
Ainsi, même si nous ne disposons plus du texte complet de l’ouvrage primitif sur Corentin
12
, la critique interne de ses vestiges permet de conclure avec uneassez grande certitude que n’en faisaient pas partie la
vita 
reconstituée par domPlaine et les fragments de celle-ci qui ont été transmis par Du Paz
13
; en outre,que la
vita 
en question lui est nécessairement postérieure puisqu’elle lui aemprunté, en l’abrégeant, la matière de son propre récit des miracles du saint
14
.L’ouvrage primitif sur Corentin a été composé, comme la
vita 
de saintRonan, avant que la cathédrale de Quimper n’eût récupéré une relique insignedu premier 
15
, en l’occurrence un de ses bras, mais après que s’y trouvèrentrassemblées les reliques du second
16
; donc, antérieurement à 1219
17
, mais sansdoute assez largement après l’époque de la fuite massive du clergé bretondevant les incursions vikings
18
. Cet intervalle d’environ deux siècles et demiautorise plusieurs conjectures relatives à l’époque de composition de ces deux ouvrages :
1.
une datation « haute », proposée notamment par l’abbé Duine quiindiquait le X 
e
siècle pour la
vita 
de saint Ronan ;
péremptoires, toujours pertinentes. On notera que R. Largillière (p. 95 et p. 105, n. 1),s’appuyant notamment sur la forme littéraire de la
vita 
de saint Ronan, ne veut pas admettrel’existence d’un *
liber miraculorum 
de Corentin et préfère conjecturer une *
vita 
ancienne dusaint dont n’auraient subsisté que des fragments, précisément consacrés à ses miracles.
12
Il manque notamment le récit d’un miracle dont l’hagiographe fait une brève mention dansson ouvrage sur Ronan : «
Vita s. Ronani 
», dans
Catalogus codicum hagiographicum latinorum antiquorium saeculo XVI qui asservantur in bibliotheca nationali Parisiensi 
, t. 1,Bruxelles, 1889, p. 456.
13
E. C. Fawtier-Jones, « La
vita 
ancienne de saint Corentin », p. 38-42 (§ I, II, III, IV, V, VI, VIIet IX), p. 45-47 (§ XII, XIII et XIV). R. Largillière, « Saint Corentin et ses vies latines... », p.92-94, a montré que Du Paz avait travaillé en l’occurrence à partir de « deux manuscrits quidonnent un texte très proche du texte publié par dom Plaine » ; quant au § VIII de l’édition deMme Fawtier-Jones, il doit être mis à part : vraisemblablement extrait par Du Paz d’unmartyrologe de la cathédrale, c’est en fait le résumé succint du texte rapporté aux § V, VII etIII, destiné à rappeler l’origine de propriété de la mense épiscopale.
14
R. Largillière, « Saint Corentin et ses vies latines... », p. 94-95.
15
En conséquence le texte n’évoque les reliques du saint qu’à l’occasion d’événements quiappartiennent comme le dit lui-même l’hagiographe « aux jours du passé » (
retroactis diebus 
).
16
«
Vita s. Ronani 
», p. 457 (et cf. B. Merdrignac, « Saint Ronan et sa
Vie 
latine », p. 138-141).
17
A cette date, un acte rapporté dans le
Cartulaire de l’Église de Quimper 
édité par l’abbéPeyron, Quimper, 1909, p. 61-62 (n°28), fait mention du « bras de saint Corentin » (
brachium sancti Chorentini 
), relique sur laquelle on faisait prêter serment.
18
H. Guillotel, « Sainte-Croix de Quimperlé et Locronan », p. 183.

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