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Guillaume le Breton et l'hagiographie bretonne aux XIIèGuillaume le Breton et l'hagiographie bretonne aux XIIèGuillaume le Breton et l'hagiographie bretonne aux XIIèGuillaume le Breton et l'hagiographie bretonne aux XIIè----XIIIè sièclesXIIIè sièclesXIIIè sièclesXIIIè siècles
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 Par André-Yves Bourgès*Un article posthume du regretté professeur L.Fleuriot a rappelé l'intérêt de l'oeuvre deGuillaume le Breton, non seulement pour l'historien mais encore pour le celtisant qui peut ytrouver quelques gloses bretonnes provenant d'une période pour laquelle les documentsexploitables par le philologue font souvent défaut
2
. Quelques années avant la publication de cetarticle, Monsieur J.C.Cassard avait de son côté puisé à la même source mais dans uneperspective très différente, celle de l'exploration de l'univers mental des Bretons des XIIè-XIIIèsiècles
3
.Notre propre approche de l'oeuvre de Guillaume le Breton emprunte naturellement à cesdémarches antérieures ; mais elle est plus orientée vers les rapports possibles entre l'individuGuillaume le Breton et l'hagiographie bretonne de son temps, au travers d'un nouvel examendes
Vitae Goeznouei 
et
Hoaruei 
.
*CIRDoMoC (Centre international de recherche et de documentation sur le monachisme celtique), Landévennec.
1
Notre travail doit beaucoup aux recherches de M.Gwenaël Le Duc (Université de Rennes 2) et de M.BernardTanguy (C.R.B.C., Université de Bretagne Occidentale) et à leur constante obligeance à notre endroit ; nous avonségalement bénéficié des avis de M. Hubert Guillotel (Université de Paris 2). Mais bien entendu, la part sans doutefaite trop belle aux conjectures est à imputer au seul auteur de la présente étude. Il nous faut aussi remercier MM.André Chédeville et Bernard Merdrignac (Université de Rennes 2) qui ont encouragé et permis la publicationde notre article dans les
A.B.P.O.
Abréviations utilisées :
B.S.A.F 
.:
Bulletin de la Société Archéologique du Finistère M.S.H.A.B. Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne 
 
E.C.: Etudes Celtiques 
 
A.B.(P.O.) 
:
Annales de Bretagne (et des Pays de L'Ouest) 
 
2
Le texte doit dater de vers 1966 ; il a été publié dans les
Mélanges offerts à la mémoire de Léon Fleuriot 
, 1992, p315-324 sous le titre "Quelques gloses bretonnes d'un chapelain de Philippe-Auguste".
3
J.C.Cassard, "un possédé du démon et deux spectres en Léon en 1198", dans
M.S.H.A.B 
., tome 59, 1982, p 317-328
 
 
1.A l'occasion de la reprise récente de la controverse sur la date de rédaction de la
Vita Goeznouei 
4
- qui est d'ailleurs moins une
Vita 
qu'un résumé d'histoire de Bretagne
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par uncertain Guillaume, prêtre, (
Guillelmus...presbiter 
) - les professeurs L.Fleuriot et H.Guillotel,celui-là inclinant pour une datation haute - qui découle de la date de 1019 expressémentindiquée dans le manuscrit de la fin du XVè siècle qui contient cette
Vita 
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- celui-ci pour unedatation abaissée à la seconde moitié du XIIè siècle, ont opposé des arguments qui ne sontpourtant pas contradictoires. Ces argumentations respectives s'appuient l'une et l'autre sur unpoint de critique interne du texte de la
Vita 
à propos de la présence du corps de saint Melar aumonastère de Châge à Meaux,
 
(
<corpus> Meloris Meldis in monasterio Cagia 
)
7
.Ainsi Monsieur L.Fleuriot a fait remarquer en 1987 qu'il existait depuis l'année 1005 au moins àMeaux une égliseégliseégliseéglise Notre-Dame de Châge (
Sancta Maria in Cavea 
) ; mais Monsieur H.Guillotelavait rappelé dès 1981 que la fondation du monastèremonastèremonastèremonastère de Châge est intervenue en 1135 : il s'agiten l'occurrence de l'établissement, par le Doyen de la Cathédrale de Meaux d'une maison dechanoines réguliers (
ecclesiam beatae Mariae de Cagia canonicis regularibus decorare 
4
Sur cette controverse, on lira :- A.de La Borderie, "l'Historia Britannica avant Geoffroi de Monmouth et la Vie inédite de saint Goeznou",dans
B.S.A.F 
., tome 9, 1882, p 225-233.- C.Sterckx et Gw.Le Duc, "les fragments inédits de la Vie de saint Goeznou", dans
A.B.
,tome 78, 1971, p277-285.- Gw.Le Duc, "l'Historia Britannica avant Geoffroy de Monmouth", dans
A.B.
, tome 79, 1972, p 819-835.- L.Fleuriot, "Sur quatre textes bretons en latin...", dans
E.C.
, tome 18, 1981, p 197-213.- L.Fleuriot,
Les origines de la Bretagne 
, ²1982, p 246, 263,277.- H.Guillotel, C.R. de l'ouvrage ci-dessus de L.Fleuriot dans
M.S.H.A.B 
., tome 58, 1981, p 350-357, enparticulier p 355-356.- L.Fleuriot dans
Histoire littéraire et culturelle de la Bretagne 
, tome 1, 1987, p 98.
5
Le Duc, art. cit., p 822.
6
Il s'agit du manuscrit conservé dans le fonds La Borderie des Archives départementales d'Ille et Vilaine sous lacote 1 F 1003. - Le grand historien breton du siècle dernier a amplement utilisé les différents extraits contenus dansce cahier de notes qu'il désignait
Vetus collectio manuscripta de rebus Britanniae 
. - Le texte, p 48-49, est introduitpar le 'chapeau' suivant que nous donnons d'après A.de La Borderie, art.cit., p 228 :
In legenda sancti Goeznouei 
(=c'est la désignation par le copiste de sa source)
 /Uenerabili domino et patri in Christo Eudoni episcopo fratribusque cum eo in Christi seruicio congerentibus Guillelmus eorum presbiter in Domino salutem anno ab Incarnatione Domini M° nono decimo qui est XXIIIIus episcopatus tui domine episcopo 
.
7
Sterckx/Le Duc, art.cit., p 280.
 
disposuimus 
)
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. Nulle contradiction, comme on le voit, entre ces deux épisodes successifsdeux épisodes successifsdeux épisodes successifsdeux épisodes successifs del'histoire de Notre-Dame de Châge.Pour nous en tenir à ce point de critique interne, il faut ajouter que la tradition meldoise estd'ailleurs très imprécise quant à l'époque à laquelle les chanoines de l'abbaye Notre-Dame deChâge se virent confier la garde de ces reliques de saint Melar, reliques qui, antérieurement,auraient été conservées dans une chapelle consacrée au saint, proche et dépendante de laCathédrale de Meaux 
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. Sans doute était-il plus aisément concevable, pour le prêtre Guillaume,que les reliques de saint Melar, comme c'est le cas pour plusieurs de celles dont il évoque ladestinée
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, fussent conservées plutôt dans un monastère que dans une simple chapelle
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.En tout état de cause cette désignation d'un
monasterium 
et la forme évoluée du toponyme(
Cagia 
) dans la
Vita Goeznouei 
renvoient évidemment à une période postérieure àl'établissement de l'abbaye de Châge : renforcé dans cette conviction par les hésitations ducopiste tardif de la
Vita 
quant à la date initiale de sa composition - 1019 ou 1090 ?
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- Monsieur H.Guillotel a proposé d'abaisser la date de cette composition à la seconde moitié du XIIè siècle,à l'époque où le siège épiscopal de Léon était occupé par un prélat appelé
Eudo 
, lequel participeen 1179 aux travaux de Latran III
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; or le dédicataire de le
Vita Goeznouei 
est justement unévêque de Léon nommé
Eudo 
.Peut-être est-il possible d'aller plus loin, en intégrant les données chronologiquescontemporaines de Guillaume que celui-ci a pris soin de rapporter : il dit écrire dans la 24è
8
J.Molin, "Notre-Dame de Châge" dans
Bulletin de la Société d'Histoire et d'Art du diocèse de Meaux 
, 1ère année,1950, p 5-29, en particulier p 6-11. - Le texte de la charte de 1135 figure dans le tome 8, col. 549-550 de la
Gallia Christiana 
; ce texte nous a été aimablement communiqué par Monsieur H.Guillotel.
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J.Molin, art.cit., p 18-19 et 22.
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Celles de saint Paul à l'abbaye de Fleury sur Loire (aujourd'hui Saint-Benoît-sur-Loire), celles de saint Guénolé aumonastère de Dol, celles de saint Magloire à l'abbaye Saint-Magloire de Paris.
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C'est l'avis que m'a aimablement communiqué Monsieur Gw. Le Duc.
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"Le copiste avait d'abord écrit :
anno ab incarnatione Domini M° nonagesimo 
, puis il a rayé ce dernier mot pour leremplacer par 
nono decimo 
. Il est permis d'en déduire que la leçon du manuscrit ainsi recopié devait être confuse."(H.Guillotel, art.cit., p 356).
13
Nous disposons en l'occurrence de deux leçons,
Guido 
et
Eudo 
, pour le nom de ce prélat : la première figure dansles éditions de documents conciliaires successivement procurées en 1629 et 1778 par J.Sirmond et J.D.Mansi ; laleçon
Eudo 
est donnée par Dom L.D'Achéry, dans son
Spicilegium...
, Paris, ²1723, tome 1, p 636, d'après unmanuscrit de l'abbaye de Braisne <sur Vesle> (renseignements aimablement communiqués par Monsieur H.Guillotel).
 

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