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Saint Briac n’est pas le même que saint Brieuc Saint Briac n’est pas le même que saint Brieuc Saint Briac n’est pas le même que saint Brieuc Saint Briac n’est pas le même que saint Brieuc Brioc
est une forme hypocoristique de
Briomaglus
(*
Brimael
) et, au delà de petitesconfusions graphiques avec le nom
Briac
à l’occasion de la transcription plus oumoins tardive de certaines pièces d’archives
12
, les deux noms sont bien distingués,comme le sont également les deux personnages qui les portent. En effet, saint Brieucne partage pas avec saint Briac ses coordonnées hagiographiques d’ordretopographique et d’ordre chronologique, « éléments simples mais nécessaires etsuffisants pour identifier un saint », comme l’écrivait le promoteur de ce système, lepère H. Delehaye
13
.Ainsi Saint Brieuc était-il honoré principalement au chef-lieu éponyme dudiocèse qui porte son nom, ainsi que dans le diocèse de Cornouaille, à Plonivel(
*Ploe Brimael
>
*Ploe Vrimael
>
Ploerimael
en 1338) à la date traditionnelle du 1
er
mai. Saint Briac quant à lui était honoré principalement à Bourbriac, dans le diocèsede Tréguier, à la date traditionnelle du 18 décembre attestée jusqu’au milieu du XV
e
siècle au moins. Cette date fut par la suite avancée au 17 décembre
14
. En outre, leculte de saint Briac était établi dès le début du XI
e
siècle : son nom et la date de son
festum
, mais aussi sa qualité de confesseur et le territoire où s’est exercé sonapostolat font en effet l’objet d’une laconique mais précieuse mention dans unsacramentaire d’une église du nord de la France, repéré et daté d’après son écriturepar l’abbé F. Duine
15
. Dans ce sacramentaire le nom de Briac figure en compagnie deceux de saints ‘bretons’ beaucoup plus connus comme Samson, Malo et Magloire.Un inventaire de l’abbaye Saint-Magloire de Paris daté 1319 mentionne laprésence, entre celles de nombreux saints, de reliques de saint
Briachi
, regroupéesavec celles de saint Léon pape, de saint Brice et de saint Méloire confesseur, sans quesoient d’ailleurs précisées leur nature, ni leur quantité
16
, d’où l’on peut en déduirequ’il s’agissait vraisemblablement de fragments d’os assez insignifiants. Cetinventaire est en français, mais son auteur a conservé les formes anciennes des nomsdes saints les moins connus de lui que lui avaient sans doute procurées les
12
C’est notamment le cas dans la transcription des statuts synodaux de Tréguier promulgués en 1450et 1459 par les évêques successifs Jean de Ploeuc et Jean de Coëtquis, qu’a donnée dom H. Morice,
Mémoires pour servir de preuves à l’histoire... de Bretagne
, t. 2, respectivement col. 1523 et 1532 :voir plus bas n. 18 et 19.
13
H. Delehaye,
Cinq leçons sur la méthode hagiographique
, Bruxelles, 1934 (
Subsidia hagiographica
,21), cité par dom J. Dubois et J.-L. Lemaître,
Sources et méthodes de l’hagiographie médiévale
, Paris,1993, p. 16.
14
Saint Briac était fêté à Bourbriac au 17 décembre dès avant 1631 comme en témoigne Albert LeGrand. Nous ignorons la raison de ce changement, sinon peut-être pour favoriser la célébration au 18du culte de saint Victor martyr, dont l’église de Bourbriac conservait également quelques reliques.
15
Ms. Paris, Bibliothèque nationale de France, fonds latin 11589. Voir F. Duine,
Inventaire liturgique de l’hagiographie bretonne
, Paris, 1922 (extrait des
Mémoires de la Société archéologique d’Ille-et- Vilaine
), notice 21, p. 23 et suiv. ; p. 27 :
In Britania Sancti Briaci confessoris.
— On s’attendrait plutôtà avoir, puisqu’il s’agit de la Bretagne armoricaine, la formule
In Britania minori.
16
A. Terroine et L. Fossier,
Chartes et documents relatifs à l’abbaye de Saint-Magloire de Paris
, t. 2,Paris, 1966, p. 556.
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