Le Flagrant Délit
Page 2
Nouvelles
Décembre, 2009
Le sommet de Copenhague s’annonce chaud
Gabrielle Fortier-Cofsky
gfort099@uottawa.caEndécembresedérouleraleSommetdeCopenhague qui souhaite donner suiteau Protocole de Kyoto, prenant fin en2012. Malgré l’urgence du réchauffe-ment climatique et de la mise en œuvrede mesures de protection del’environnement, plusieurs pays sontencoreréticentsàagirdanslesensd’unecoopérationinternationale.Le Sommet de Copenhague a pour objectif de donner suite au Protocole deKyoto, adopté en 1997 et ratifié par 184 pays, dont le Canada. L’ONU a vouluréunir plus de 100 pays pour établir un planconcret.Toutefois,l’environnementinternational étant fidèle à lui-même,cela s’annonce plus complexe que prévu. L’ONU pense déjà au-delà duSommet en organisant des discussions post-Copenhague. En effet, les activités pré-Sommet montrent déjà des diver-gencesassezprofondesentrelespays.LeCanadanesemblepasfairebonnefigureàl’approcheduSommet.Entroisans, les Conservateurs ont reporté troisfoisl’adoptiond’unplanlégislatifcontreles changements climatiques. Ceux-ciavaient promis de le faire avantCopenhague,maislecadreréglementai-reneserapasprêtavant2010.Ilsemble-rait que le gouvernement attende unaccord mondial avant de détermine un plan interne. Que ce soit vrai ou non, ilarriveratoutdemêmelesmainsvidesauSommet, montrant une faible intentiondecoopérer.Quant au sauveur Obama, il semble-rait que ses bonnes intentions se soientheurtées à la réalité de la politique amé-ricaine.EnarrivantàlaMaisonBlanche,celui-ciadéposéunprojetdeloivoulantdiminuerde80%duniveaude1990lesgaz à effets de serre d’ici 2050.Aujourd’hui, son projet de loi demandeune baisse de 17 % du niveau de 2005d’ici2020.Le processus d’adoption de loi auxÉtats-Unis étant très complexe, le votesur le projet de loi devant le Sénat ne sefera qu’en 2010. Obama rencontre éga-lementbeaucoupderésistancedelapartdes Républicains en parti-culier. La grande majoritéd’entre eux ne se sont tou- jours pas mis à l’évidencedes changements clima-tiques. La crise financière ade plus détourné l’attentiondelacriseenvironnementa-le. Les Américains se pré-occupent moins de lamenace climatique. Nosvoisins du Sud risquentdonc aussi d’arriver lesmains vides au Sommet deCopenhague.La Chine et l’Inde sont maintenantdespaysayantleplushauttauxdegazàeffets de serre, notamment par l’utilisation du charbon comme sourced’énergie pour leur croissance écono-mique.Pourtant,ellesrestentréticentesàdiminuer leurs effets de serre.L’économie montante veut le droit de polluer, comme les pays industrialisésl’ontfaitavantelles.De son côté, l’Union européennetente de mettre ses 27 pays sur la mêmevoie. Cela est loin d’être facile, surtoutsur la question du financement à fournir aux pays en voie de développement pour lutter contre les changements cli-matiques.Il semblerait donc que la plupart des pays poussent pour un accord politique plutôt que pour un traité légalementcontraignant. Est-ce que cela sera suffi-sant?Difficileàdire,maisunechoseestcertaine, c’est que les négociationsseronttrèsserrées.
Gabriel Querry
Rédacteur en chef gquer073@uottawa.caLe 7 novembre est paru dans leOttawa Citizen un éditorial qui cri-tiquait la décision des aides-ensei-gnants, des tuteurs et des supervi-seurs d’examens de l’UdO de main-tenir une politique requérant que lesmembres de la direction du syndi-cat soient bilingues. Le bilinguismen’est pas un fardeau, a répliqué leCommissaire aux langues officiel-les, Graham Fraser, le 13 novemb-re. Bien que ces deux articless’inscrivent dans le cadre d’unequestion légitime, c’est-à-dire la place du bilinguisme au sein del’institution canadienne, les com-mentaires d’internautes anglopho-nes étaient loin d’être civilisés.Selon ces commentaires, le bilin-guisme coûterait trop cher auCanada, serait à l’origine de poli-tiques d’embauche discriminatoiresà l’endroit des unilingues anglo- phones ou serait illogique, puisquele langage universel
de facto
seraitl’anglais. D’autres ont même pré-tendu qu’il serait plus pertinentd’adopter le mandarin oul’espagnol comme deuxième langueofficielle.Or, une langue officielle n’est pas une variable dépendant d’unsimple poids démographique.Parlez-en aux Romanches, enSuisse, qui ont depuis longtempsété surpassés en nombre par lesimmigrants arabophones. Une lan-gue officielle est plutôt un choix politique, voire démocratique, ratta-ché à l’histoire et à l’identité d’un pays. Plus les unilingues ignorerontcette réalité, plus ils alimenteront lalégende urbaine des deux solitudescanadiennes.D’un point de vue constitution-nel, le bilinguisme est si important pour la cohésion du Canada quel’administration Trudeau a refuséd’étendre la clause dérogatoire dela Charte aux droits linguistiques.Quant aux allégations de discrimi-nation, citons l’arrêt récent de laCour suprême du Canada dansl’affaire
Desrochers c. Canada
oùil a été reconnu qu’une lecturecombinée des art. 16(1) et 20(1) dela Charte imposait au Parlementune obligation d’offrir des services publics de qualité égale dans lesdeux langues officielles. Si les bilingues de langue maternellefrançaise sont mieux qualifiés pour remplir ces exigences au sein del’administration fédérale, il revientaux unilingues anglophones de sedoter d’une bonne connaissance del’autre langue.Sauf qu’il appert que certainsd’entre eux voient dans le françaisune langue déchue et dans le bilin-guisme une corvée, voire unefaveur accordée auxfrancophones.À l’opposé, le multilinguisme batson plein en Europe où la maîtrisede plus de trois langues est chosecommune. En France, les « tendan-ces d’évolution » pour avoir un poste de fonctionnaire de l’Étatrequièrent la maîtrise de l’anglaisou d’une langue étrangère. EnSuisse, certains postes demandentmême la maîtrise de deux languesofficielles en plus de l’anglais.Dans l’Union européenne, onencourage les candidatsd’accompagner leur curriculumvitae d’un passeport de langues oùleur polyglottisme est scruté à laloupe. C’est dire que le multilin-guisme est venu à bout d’une plura-lité d’unilinguismes parallèles quicloîtraient chaque langue derrièreles frontières de son pays d’origine.Loin d’être une langue déchue,le français compte plus de 600millions de locuteurs à travers lemonde contre 1 milliard de locu-teurs anglophones. Du coup, un bilinguisme anglo-francophone estune recette gagnante qui permetnotamment aux Canadiens de sedémarquer sur plusieurs fronts sur la scène internationale. Dans lamodernité, il est « brillant des plusgrands exploits », comme le témoi-gnent les langues de rédaction dutraité de Versailles ou encore leslangues de travail du Secrétariat del’ONU. Le
Flagrant Délit
, le seul journal étudiant d’une faculté dedroit civil canadienne à être bilin-gue, puise dans le bilinguisme deses journalistes une richesse inouïe.Les unilingues parlent defavoritisme et de discrimina-tion? La deuxième langue offi-cielle serait l’espagnol qu’ils se plaindraient des mêmes « injus-tices ». Les unilingues anglo- phones ne peuvent se plaindreque de leur propre indolence etdoivent se résoudre à s’ouvrir sur le monde.
P h o t o : M a x i m e R i t c h o t
À ces unilingues séparatistes
Éditorial
Add a Comment