Section 1 : Hypothèses et soubassements théoriques.
une bonne compréhension des hypothèses ainsi que des fondements théoriques est nécessaire à une
bonne maîtrise d’un modèle. C’est dans cette optique que l’on va passer en revue les
traits saillantsdu socle théorique sur lequel repose le MEDAF
1
(Treynor 1961,1962 ; Sharpe,1964 ; Lintner,1965 ;Mossin, 1966)
2
.Voici donc les hypothèses du MEDAF :1.
Les investisseurs sont qualifiés d’investisseurs efficients au sens de Markowitz
:
cela veut direque tous les investisseurs souhaitent cibler des points qui appartiennent à la frontière
efficiente. Cela dit, la location exacte de ces points dépendra de la fonction d’utilité
individuelle risque/rentabilité.2.
Les investisseurs peuvent prêter
et emprunter n’importe quelle somme d’argent au taux sans
risque (RFR
3
) :
s’il est ordinaire de concevoir que l’on puisse prêter au taux RFR, il est enrevanche difficile d’imaginer que l’on puisse aisément emprunter à ce taux. En fait, cette
hypothèse vis
e à simplifier l’analyse. L’absence de cette supposition n’altère que très
légèrement les résultats du modèle.3.
Les investisseurs ont les mêmes anticipations :
ceci revient à dire que l’ensemble des
investisseurs sur le marché anticipent les rentabilités futures avec les mêmes distributions de
probabilité. Là aussi, l’absence de cette hypothèse est sans conséquences du moment oùl’écart des anticipations n’est pas trop vaste.
4.
Les investisseurs ont le même horizon temporel :
cette hypothèse a pour but de standardiser
l’analyse. L’horizon temporel peut être d’une durée d’un an, six mois, un mois etc.
5.
Le marché est sans friction :
c’est
-à-
dire qu’il n’y a ni coût de transaction ni taxes. Cette
hypothèse insinue aussi une condition de CPP. Elle constitue le talon
d’Achille du modèle.Effectivement, Il semble clairement que les marchés financiers sont loin d’être en condition
de CPP, de surcroît un niveau de coûts de transactions ou de taxes élevé peut altérersensiblement les résultats du modèle.6.
Les investissements sont infiniment divisibles :
ce qui signifie que l’on peut acheter ou vendreune fraction d’action ou de portefeuille. Cette hypothèse est d’ordre mathématique dans la
mesure où elle permet la continuité des courbes.7.
Il n’y a ni inflation ni changement de taux d’intérêt
:
il convient de souligner que quand onparle de
l’actif sans risque, on fait souvent allusion aux obligations d’Etat. Ces dernières sont
les titres les moins risqués sur les marchés, mais elles ne sont pas dépourvues de risque pourautant. En effet, deux types de risque persistent à savoir le risque de taux et le risque
d’inflation. Et si l’on fait l’hypothèse de l’absence de l’inflation (i.e. inflation totalementanticipée) ainsi que de la constance des taux d’intérêt, les obligations d’Etat constitueront
des actifs sans risques en bonne et due forme.8.
Le marché est en équilibre :
cela signifie que les actifs ont des prix qui reflètent leur niveau
de risque. En d’autres termes, le marché évalue correctement les actifs.
1
Traduction subjective du Capital Asset Pricing Model CAPM
2
Ces auteurs ont travaillé indépendamment à l’élaboration du MEDAF.
3
Risk-Free Rate