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08/22/2010

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text

original

 
Pierre Lory 
Eschatologie alchimique chez Jâbir ibn H ·ayyân 
 Abstract:
The corpus of texts attributed to the alchemist Jâbir ibn
Î
ayyân, which was pro-bably completed during the first half of the 10th century AD, delivers several elements of anoriginal eschatological extreme Shî‘i doctrine. Jâbir does not give an opinion on the questionof the succession of the Imams which divided the Shî‘i movement at that time: according tohis school of thought, the encounter with the Imam happens by means of gnostic knowledge,and especially through the discovery of the secrets of alchemy as a global universal science. Thepresent article attempts to shed light upon new evidence on the basis of an analysis of the
Kitâb al-Bayân.
 According to this text, the collective salvation of mankind from the prison of igno-rance will happen with the help of the spreading of esoterical sciences. At the end of times, amessianic divine and human person called the
Bayân 
 will manifest the hidden dimensions of being and fulfill the destiny of the whole of mankind.
su:
Le Corpus des écrits attribués à l’alchimiste Jâbir ibn
Î
ayyân, achevé vraisem-blablement dans la première moitié du
 X 
e
siècle, contient des éléments d’une doctrine escha-tologique ultra-chiite assez originale. Celle-ci ne se prononce pas sur les questions de succes-sion de l’imamat qui avait déchiré le mouvement chiite. Pour elle, la rencontre avec l’Imam alieu par le truchement du savoir, et tout particulièrement par la compréhension des secrets del’alchimie, science totale, universelle. Le présent article tente d’en dégager des données nouvellesà partir de l’analyse du traité
Kitâb al-Bayân.
Ce texte suggère que la libération collective del’humanité des chaînes de l’ignorance aura lieu grâce à la diffusion de ces sciences ésotériques. À la fin des temps, un personnage messianique divino-humain désigné comme le
Bayân 
vien-dra rendre manifeste le caché, et accomplir ainsi le destin de l’humanité entière.
REMMM 91-92-93-94,73-92
 
L’imposant corpus des œuvres attribuées à Jâbir ibn
Î
ayyân
1
intéresse prin-cipalement, on le sait, l’alchimie et la pharmacopée, la philosophie et les sciencesnaturelles, la magie et les sciences occultes. Il serait plus exact en fait de dire queson propos tend à souligner la solidarité profonde, la cohérence intime qui noueensemble toutes ces disciplines. L’entreprise la plus originale de l’école jâbirienneaura été d’élaborer un système de correspondances entre phénomènes naturelset mécanismes linguistiques, la Balance des Lettres
(mîzân al- 
Ì
urûf) 
. Rienn’échappe à cette lecture totalisante du milieu humain – y compris bien sûr safinalité et son accomplissement historique. Nous voudrions attirer ici l’attentionsur un traité jâbirien intitulé le
Livre de l’Explication 
(
Kitâb al-Bayân 
), qui révèleles liens existant entre l’explication linguistique, l’élucidation intellectuelle, le GrandŒuvre alchimique et la manifestation eschatologique d’un personnage prophé-tique désigné précisément comme le
Bayân 
. Mais il importe de revenir quelquepeu sur les présupposés de l’ultra-chiisme jâbirien.La dimension eschatologique du message jâbirien affleure en effet dansplusieurs parties du
Corpus 
, mais d’une façon fragmentée et allusive. C’est la raisonpour laquelle Paul Kraus, après avoir publié son magistral
 Jâbir ibn 
Π
ayyân Contribution à l’histoire des idées scientifiques dans l’Islam 
(1942/1) et son réper-toire analytique des œuvres jâbiriennes (1943), avait eu pour projet de rédigerun troisième volet traitant des doctrines religieuses de l’école jâbirienne, et toutparticulièrement de leur rapport avec l’ismaélisme. Son point de vue, notons-le,avait sensiblement évolué au fil des années. Dans un premier article (Kraus,1930), il considérait Jâbir comme un membre déclaré de la
da‘wa 
ismaéliennepro-fatimide. L’originalité de la position jâbirienne lui apparut cependant de plusen plus au fil de ses recherches
2
. Sa fin tragique empêcha la maturation du pro- jet d’une synthèse définitive. Toutefois, nous avons eu l’occasion de consulter leséléments de ses notes manuscrites conservées alors à l’IFAO auCaire lors de deuxmissions en Égypte en1988 et1989: il comporte à l’état de brouillons des cha-pitres destinés à composer ce dernier grand travail d’érudition. Ces textes sontassez fragmentaires et non publiables en l’état; nous en avons résumé les tenantsessentiels dans une précédente publication (Lory, 1989: 155 sq). La thèse défen-due par Kraus était que les auteurs jâbiriens auraient en quelque sorte travestides éléments d’une gnose ultra-chiite sous des spéculations alchimiques ou astro-logiques visant à justifier indirectement la théorie de la venue prochaine d’un mahdi
74/ Pierre Lory 
1. 2982 titres selon le répertoire établi par P.Kraus (1943); auxquels F.Sezgin (1971: 268-269) a ajouté 30 nouveaux, issus de manuscrits découverts depuis. Cette ampleur du corpus jâbi-rien, a toutefois rappelé S.Numanul Haqq (1994: 11-14) non sans quelque raison, doit sansdoute être réévaluée à la baisse.2. Ainsi concluait-il son dernier texte sur la question (Kraus 1941/2: 97): «(Jâbir) puise dansl’arsenal des doctrines du chiisme extrémiste, avec le seul but de les dépasser et de construire,avec les matériaux ismaéliens et d’autres, un système original, […] où l’ensemble des sciencesgrecques est mis en œuvre pour sublimer les doctrines religieuses de l’époque en une “théoso-phie” nouvelle».
 
(fatimide?) et à annoncer un bouleversement universel amenant l’abolition dela charia qui leur était contemporaine. Cette perspective a été adoptée, sous unangle un peu différent, par Yves Marquet dans un ouvrage plus récent (1988).Nous avons pour notre part entrepris une analyse systématique des doctrines ima-mologiques de l’école jâbirienne dans
 Alchimie et mystique en terre d’Islam 
(1989).Le présent article se veut un approfondissement de l’un des aspects de cetteimamologie: la figure du
Qâ’im 
, du prophète-imam devant inaugurer l’èreeschatologique de l’histoire humaine. Rappelons quelques points de cette visionde l’histoire sacrale sous-tendant cette attente eschatologique.— Jâbir ibn
Î
ayyân se donne comme le disciple direct de l’imam Ja‘far al-
âdiq (m.en 765); la totalité de ses livres auraient été écrits avec l’aval, voiresous l’inspiration ou même la dictée du Maître. Or, les travaux de P.Kraus l’ontmontré de façon convaincante, les traités jâbiriens ont en fait été rédigés lors d’unepériode s’étendant du milieu du
IX 
e
au milieu du
 X 
e
siècle (Kraus, 1943: LXV).Les passages imamologiques du
Corpus 
 jâbirien devaient donc proposer desréponses à des questionnements posés aux mouvements pro-alides de cetteépoque plus tardive, tout en maintenant la fiction d’un enseignement ja‘farien.L’originalité de la position jâbirienne réside justement dans sa tentative de trans-cender les questions de la succession à l’imamat qui divisaient le courant chiiteà cette époque, laquelle recouvre, on le constate, la période de l’Occultationmineure des Duodécimains.— Les auteurs jâbiriens manifestent en effet des tendances concordistes. Dansle trente-huitième chapitre du
Livre des Cinquante 
(
K. al-Khamsîn 
, éd. Kraus,1935: 495 sq), ils énumèrent les questions de succession qui s’étaient posées aux Alides depuis la mort de ‘Alî jusqu’à la désignation du successeur de Ja‘far al-
âdiq.Ils suggèrent la possibilité de l’existence d’un double imamat et, pour chaque imamd’un discours pluriel variant en fonction de l’auditoire (Lory, 1989: 92-93;96). Ils ne se risquent pas à spéculer sur la situation qui prévaudra après l’ima-mat de Mûsâ al-Kâ
Â
im (m. en 799). Mais ils introduisent par contre une hié-rarchie des figures d’initiés, de cinquante-cinq formes de «personnes spiri-tuelles»
(ashkhâ 
 Ò 
rû 
Ì
âniyya) 
participant à la fois des natures humaine et angélique,et constituant sans doute moins les dignitaires d’une hiérarchie d’une organisa-tion constituée qu’une pluralisation des fonctions de l’imam parmi un ensembled’initiés chiites, chacun manifestant un de ses aspects dudit imam (Kraus, 1942-2). Ces personnes, visiblement, ne
symbolisent 
pas le plérôme angélique guidantles hommes, elles le
constituent 
. Essentielle ici est la figure de l’Orphelin
(al-Yatîm) 
,désigné également comme le Glorieux
(al-Mâjid) 
. L’Orphelin n’est pas alide parson ascendance charnelle, mais par son degré de compréhension spirituelle quifait de lui un authentique adopté par l’imam, accédant aux plus hauts niveauxde la gnose (Corbin, 1986: 3
e
partie; Lory, 1989: 81-82). Point essentiel quenous trouverons en filigrane dans la problématique du
Livre de l’Explication.
Enfin, les auteurs jâbiriens replacent leurs spéculations dans le cadre d’une his-toire sacrale profondément spiritualiste. Les âmes humaines, immergées dans les
Eschatologie alchimique chez Jâbir ibn 
Π
ayyân / 75 

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