Alexandre Dumas
 Ascanio
 
 
 
 ASCANIO
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Chapitre I
La rue et l’atelier
C’était le 10 juillet de l’an de grâce 1540, à quatre heures derelevée, à Paris, dans l’enceinte de l’Université, à l’entrée del’église des Grands-Augustins, près du bénitier, auprès de la porte.Un grand et beau jeune homme au teint brun, aux longscheveux et aux grands yeux noirs, vêtu avec une simplicité pleined’élégance, et portant pour toute arme un petit poignard aumanche merveilleusement ciselé, était là debout, et, par pieusehumilité sans doute, n’avait pas bougé de cette place pendant toutle temps qu’avaient duré les vêpres ; le front courbé et dansl’attitude d’une dévote contemplation, il murmurait tout bas je nesais quelles paroles, ses prières assurément, car il parlait si basqu’il n’y avait que lui et Dieu qui pouvaient savoir ce qu’il disait ;mais cependant, comme l’office tirait à sa fin, il releva la tête, etses plus proches voisins purent entendre ces mots prononcés àdemi-voix :– Que ces moines français psalmodient abominablement ! nepourraient-ils mieux chanter devant Elle, qui doit être habituée àentendre chanter les anges ? Ah ! ce n’est point malheureux ! voiciles vêpres achevées. Mon Dieu ! mon Dieu ! faites qu’aujourd’hui

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