Février, 2010Le Flagrant délitPage 3
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Il a su imposer, non sans diffi-culté, un agenda politique quichangera le pays à tout ja-mais. Un pays qui, après 3 dé-cennies de débatsconstitutionnels, en prendrapour son rhume.Pourtant, depuis la venue dugouvernement conservateur,beaucoup de questions con-stitutionnelles resurgissent.Après la conférence interna-tionale sur lʼenvironnement, laplace des provinces dans lesnégociations est devenue unequestion dʼactualité. Selon leprofesseur Robitaille, « il sem-ble que le gouvernement con-servateur ait fait la sourde or-eille aux revendications decertaines provinces dans sesnégociations à Copenhague,allant ainsi à lʼencontre delʼapproche fédérative. Lefédéralisme devrait avoir pourbut de faire la promotion de ladiversité au travers le dia-logue et la coopérationfédéral-provincial » et cetteomission volontaire est venueeffriter le noyau de lʼÉtat cana-dien. Le professeur Robitailleaffirme que « la prorogationpourrait constituer un précé-dent dangereux si elle deve-nait une façon régulière degouverner. Le gouvernementéviterait ainsi, comme ce fût lecas lors de la plus récenteprorogation, dʼavoir à justifiercertaines de ses actions auParlement. Ce qui irait à lʼen-contre de lʼesprit du principede gouvernement respons-able ». Bien que StephanHarper soit un politicien ha-bile, son gouvernement ne seconsidère pas redevable vis-à-vis le parlement. En fin decompte, le pays a besoin dʼunparti politique catalyseur denouvelles idées. À cet égard,soutient le professeur Ro-bitaille, « la coalition de 2008aurait peut-être été bénéfiquepour le Canada ». Cette façonde gouverner lʼÉtat aurait cer-tainement respecté les fonde-ments du fédéralismecanadien. Bref, lʼarrivée dʼunnouvel acteur charismatiqueamplifierait lʼintérêt de la pop-ulation envers la scène poli-tique. Cʼest parfois longdʼattendre le messie.
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Jamais sans mon lait
Nikola Todorovic
ntodo008@uottawa.caDe nos jours, au Canada, lelait est dʼune importancehautement judiciaire. Puisquela vente du lait non-pasteuriséest prohibée par la législationontarienne, le débat sur lapasteurisation obligatoire re-fait surface avec lʼaffaireSchmidt.Monsieur Schimdt est un ré-cidiviste. En 2007, il est in-culpé pour avoir contrevenu àla loi ontarienne en vendantdu lait non-pasteurisé, par lebiais de son régime de copro-priété laitière. Ce nʼest pas lapremière fois que cet agricul-teur fait face à la justice pourses opérations. En 1994, il estinculpé et ensuite accusédʼavoir distribué du lait non-pasteurisé. À la suite de ceprocès, M. Schmidt seretrouve dans lʼobligation devendre une bonne partie desa ferme. Il vend 500 acres deces 600 à lʼorigine. Néan-moins, cette première batailledu lait ne fait que renforcer saposition.Pour reprendre son travail, ilinstaure un régime où des in-dividus intéressés achètentune part du bovin pour re-cevoir des bénéfices en na-ture, sous forme de produitslaitiers.Ainsi, il pense se met-tre à lʼabri de la justice, carmême si la loi interdit la vente,elle ne peut interdire la per-sonne qui possède sa proprevache de consommer du laitnon-pasteurisé. Plusieurs per-sonnes et communautés cul-turelles adhèrent à ceprogramme pour le goût dulait authentique. Devant lapopularité du régime, les au-torités ne tardent pas à in-culper, pour une deuxièmefois, M. Schmidt pour distribu-tion de lait non-pasteurisé.Le jugement nʼa pas encoreété rendu, mais M.Schmidt estdécidé à aller en appel si leverdict lui ait défavorable.Pour lui, la loi va à lʼencontrede sa liberté selon la CharteCanadienne des droits et Lib-ertés, qui permet aux person-nes de choisir ce quʼilsdécident de manger. Interrogésur la question, le ProfesseurPanaccio répond quʼ« à pre-mière vue, son argument nʼestpas farfelu ». M. Schmidt doitmontrer que sa demande estvéritablement un choix per-sonnel et puisque son argu-ment nʼest pas basé sur uneliberté purement économique,il y a des chances de réussite.
Un brin dʼhistoire
Originaires dʼAllemagne, M.Schmidt et sa femme sʼétab-lissent en 1983 à Glencolton,Ontario, où ils continuent leurproduction laitière. Pour M.Schmidt, la pasteurisation en-lève au lait des enzymes, desanticorps et vitamines essen-tielles pour le consommateur,cʼest pourquoi il tient à offrir unproduire authentique.La découverte des biens-faitsdu lait pasteurisé à la fin du19e siècle est due à LouisPasteur, un microbiologistefrançais à qui lʼhumanité doitaussi le vaccin contre la rage.La pasteurisation du laitdétruit des bactéries commela listériose, la salmonella et Ecoli, réduisant les risques demaladies chez les personnesvulnérables telles les femmesenceintes, les enfants et lesvieillards. Cʼest ce qui pousseles gouvernements deplusieurs pays industrialisés àmettre en place des lois oblig-eant les agriculteurs à pas-teuriser le lait et la crème.Selon M. Schmidt, le dangerrelié à sa production est ex-trapolé par le gouvernement,engendrant une paranoïadans lʼopinion publique. À titredʼexemple historique local,lʼan passé au Québec,plusieurs producteurs se sontvus ruinés par la destructionarbitraire de leurs productionspuisque dans de nombreuxcas, les fromages ne possé-daient aucune trace delistériose.
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