/  24
 
L
E
F
LAGRANT
D
ÉLIT
F
ÉVRIER
2010V
OL
.3N
O
4
Philippe Cordisco
pcord080@uottawa.ca
L
e Service dʼappui au succèsscolaire (SASS) se trouve aucentre dʼune controverse à lasuite dʼallégations de tricherielors dʼexamens de droit effec-tués sous sa surveillance.Jusquʼaux examens de la mi-session dʼautomne 2009, cer-tains étudiants en droitauraient profité des lacunesdu Service pour bonifier leursnotes dʼexamens. Selon plu-sieurs sources distinctes, latricherie semble avoir étémonnaie courante jusquʼauxexamens de décembre et riennʼest encore totalement réglé.Certains rebelles vont même jusquʼà se vanter publique-ment de leurs exploits dʼin-fractions.Qui nʼaimerait pas obtenir plusde temps pour effectuer lesexamens? Une salle à son en-tière disposition? Un sur-veillant qui passe vérifier aux30 minutes? Et si le Code civilétait annoté au bon vouloir delʼétudiant, sans aucune formede vérification? En fait, sʼilétait possible dʼavoir droit àses livres lors dʼexamens àlivres fermés? Jusquʼen dé-cembre, tout cela était encorepossible pour certains élèvesdésavantagés. Grâce au Ser-vice accès, il suffit de présen-ter un billet de psychologue oude médecin pour profiter detous ces avantages.En effet, les étudiants atteintsdʼun trouble déficitaire dʼatten-tion ou dʼune condition psy-chologique terminéepeuvent encore aujourdʼhuiprofiter du Service accès,dans des conditions toujoursaussi avantageuses, maismoins susceptibles de per-mettre la triche. Depuis dé-cembre, les examens ontmaintenant lieu sous la super-vision des surveillants dʼexa-mens habituels du Fauteuxplutôt que dans les locauxdʼaccès où la surveillance aty-pique était parfois probléma-tique aux yeux delʼadministration de la Faculté.Le Code civil est vérifié et lesexamens à livres fermés lesont dorénavant.Malgré ces nouvelles me-sures mises en place, la sur-veillance pendant lesexamens semble encore défi-ciente. « Rien nʼa changé »souligne un élève qui requiertlʼanonymat. « Jʼaurais pu tri-cher dix fois, car dans le fondde la classe, lʼétudiante quisurveille ne te regarde pas. »De lʼavis de cet étudiant, lesnotes de cours écrites dansun blackberry ou le tradition-nel papier dans le pantalonpeuvent encore être consultéssans trop dʼefforts.Une autre source confiden-tielle bien au courant du dos-sier affirme quʼun étudiantsʼest fait prendre à tricheravant décembre et que lʼadmi-nistration nʼen parle pas pourne pas affecter lʼimage de laFaculté avec un dossierchaud. Cette source soutientaussi que certains étudiantstrichent en reliant leurs notesde cours sous forme de juris-prudence dans des polyco-piés. Le rapatriement desexamens au Fauteux ne luisemble pas satisfaisant,puisque « la procédure pouravoir plus de temps, cʼest sim-plement dʼapporter une lettredʼun médecin. Et si jʼai unfrère dentiste? Après ça, jʼen-tends ces gens-là dire : cʼesttellement facile dʼavoir desbonnes notes en droit! »Le doyen adjoint de la faculté,M. Thibault, dément lʼinforma-tion de plagiat. À sa connais-sance, personne nʼa été pris àtricher et les lacunes ont étécorrigées en décembre en ra-patriant la surveillance desexamens de droit au Fau-teux. Lʼorganisation des ho-raires a ailleurs été un« casse-tête administratif quia demandé plusieurs joursdʼorganisation ».
MENTOR 2009/2010
STIKEMAN ELLIOTT S.E.N.C.R.L, s.r.l.
BONNECOURSE AUXSTAGES
M
e
Michèle DenisDirectrice des programmes étudiants514 397-3073mdenis@stikeman.com
Libre accèsà la triche ?
Suite
à la page 2
Lʼuniversité dʼOttawa abrogela concurrence auxJeuxʼRidiques
    C   r    é    d    i    t   s   :    V    i   c    t   o   r    i   a    L   a   z   e   n    b   y
fevrier2010:Février 1/29/10 7:34 PM Page 1
 
Lʼenquête concernant les pré-occupations de certains étu-diants qui sʼétaient plaints adébuté lʼété passé. Pendantlʼautomne, les représentantsde la faculté ont rencontré lesmembres du Service accès.La surveillance inadéquate aété reconnue par les deuxparties. Un étudiant qui a vécula transition de surveillancesoutient que « cʼest définitive-ment moins facile pour un in-dividu qui voudrait trichermaintenant. » Cette sourceprétend que les étudiants sur-veillants font mal leur travail etquʼils sont problématiques. «Ultimement, cʼest toujourspossible que certains étu-diants utilisent cet outil pourmaximiser leur rendement àlʼécole, mais à la fin de la jour-née, la personne écrit quandmême lʼexamen. Cʼest justeque si ça te prend deux foisplus de temps toute ta vie,cʼest un peu une sonnettedʼalarme! »Le doyen de la faculté, M.Grammond, se dit préoccupépar les nonciations detriche concernant certains étu-diants de la faculté, car à sesyeux « lʼintégrité dans les éva-luations, cʼest primordial. Lafaculté a obtenu des informa-tions au sujet des fraudes sco-laires, mais les informationsnʼont pas menées à des accu-sations », ajoute-t-il. M. Gram-mond soutient quʼil fautprendre les personnes sur lefait pour appliquer des sanc-tions, ce qui était évidemmentimpossible sans surveillance.Les présumés tricheurs pas-sés resteront donc impunisfaute de preuves. Le doyenreconnaît que le service accèsmanque de ressources et quedʼimportants problèmes decommunications sont surve-nus puisque certains sur-veillants étaient pas aucourant des politiques de lafaculté concernant lʼannota-tion du Code civil.La chef du Service accès,Mme. Yolaine Ruel, tient àprécisé que le Service « avan-tage tout le monde dans laperspective de rendre lʼécolela plus ouverte possible. » Ellesouligne au passage que ladécision concernant les sanc-tions contre un élève tricheurne relève pas de son man-dat. « On fait un rapport dʼinci-dent, puis ça sʼen va àlʼadministration de la Facultépour des raisons de confiden-tialité. Évidemment, il nʼy apas de fouille corporelle ni descanneur comme dans les aé-roports. » La chef Ruel se féli-cite de cette prise en chargedes examens par les facultésprofessionnelles puisquʼà sonavis, le Service accès devraitsuppléer là où il nʼest pas pos-sible de faire autrement. Lʼob- jectif philosophique admis est« de ramener les examensdʼoù ils viennent. Médecine lefait depuis très longtemps etdroit civil ne sera pas la der-nière faculté, les pour parlersavec Common law sont encours, cʼest même souhai-table. »Un service très populaireLʼoptimisation de lʼespace declasse est un problème quisemble toucher lʼensemble delʼuniversité. Mme Ruel occupele poste de chef du Serviceaccès depuis 10 ans et ellesitue à 20 % la hausse an-nuelle de nouvelles de-mandes dʼaccommodement.« On est passé de 2000 ac-commodements à 7000. Dansles conditions actuelles, tout lemonde se bat pour un poucecarré, on a un manque dʼes-pace pour tous les exa-mens. »De nombreuses critiques étu-diantes soutiennent que laprocédure pour avoir droit auService devrait être réforméepour assurer lʼimpartialité delʼaccommodement. Puisquʼilsemble parfois trop faciledʼobtenir une ordonnance mé-dicale ou psychologiquelorsque le professionnel faitpartie de sa parenté ou de sonentourage, lʼensemble des in-tervenants sʼentend sur la né-cessité dʼobtenir des testsdiagnostiques dʼune sourceimpartiale. Mme Ruel lʼadmetvolontiers. « On aimerait biença, mais parfois ça peutprendre six mois avoir un ren-dez-vous avec un psychiatre.En ce qui concerne les dia-gnostics par la parenté,lʼéthique professionnelle ne lepermet pas. Cʼest toujours vé-rifié. Cʼest la crédibilité, cʼestle fondement du service. »Mme Ruel distingue les ac-commodements permanentspour handicaps (surdité, cé-cité, trouble de déficit dʼatten-tion) des accommodementstemporaires (dépression,anxiété). La dirigeante rap-pelle que le Service accorderarement des accommode-ments temporaires, à moinsdʼun historique qui démontreun problème sérieux. « Destricheurs, on en attrape unedizaine à toutes les périodes,pas plus pas moins en droitcivil. Il y a toujours des papiersmédicaux douteux, mais gé-néralement, ça ne dure paslongtemps, on demande unecontre-expertise car un étu-diant qui ne devient pas auto-nome, cʼest un échec pour leservice. »
Nouvees
Page 2Le Flagrant délitFévrier, 2010
Suite de la Une
Page 2Le Flagrant délitFévrier, 2010Page 2Le Flagrant délitFévrier, 2010Page 2Le Flagrant délitFévrier, 2010Page 2Le Flagrant délitFévrier, 2010Page 2Le Flagrant délitFévrier, 2010Page 2Le Flagrant délitFévrier, 2010
Où est notre Obama national?
Pierre-Marc Lauzon
plauz088@uottawa.ca
Analyse et commentaire
Depuis que le phénomèneObama a raflé les États-UnisdʼAmérique, lʼoccident est en-vieux. Cet engouement a re-donné aux américains la fiertéquʼils avaient perdue durant lerègne de Georges W. Bush.Pendant ce temps au Canada,la population se lasse encoredevant un gouvernement arro-gant et une opposition offi-cielle sans fougue. Les gou-vernements minoritaires suc-cessifs montrent à quelpoint la population est diviséeen ce qui a trait au choix dʼunparti politique. Se peut-il queles Canadiens attendent lʼar-rivée dʼun politicien charisma-tique tel un Obama ? Selon leprofesseur David Robitaille,« il faut surtout quelquʼun quifasse le travail. Le Canada abesoin dʼun premier ministrequi a des projets novateurs etrassembleur et qui saura gou-verner lʼÉtat pour le bien com-mun et les intérêts delʼensemble des Canadiens ».Il faut souligner que le dernierengouement national pour unpoliticien date de la fin des an-nées 60. Le Canada connais-sait alors ce que les historiensconsidèrent comme étant lapériode de la trudeaumanie.Le phénomène politiquequʼavait créé Pierre E.Trudeau illumina une généra-tion dʼhommes et de femmesprêts à participer aux proces-sus démocratique dans le butdʼentreprendre le débat surles questions fondamentale-ment importantes pour leCanada. Les années Trudeauont permis lʼavancement etlʼaccomplissement deplusieurs dossiers de natureconstitutionnelle (bilinguisme,procédure dʼamendement,référendum de 1980, rapa-triement de la constitution,Charte des droits et libertés,etc.)
Suite à la page 3
fevrier2010:Février 1/29/10 7:35 PM Page 2
 
Février, 2010Le Flagrant délitPage 3
NouveesNouvees
Il a su imposer, non sans diffi-culté, un agenda politique quichangera le pays à tout ja-mais. Un pays qui, après 3 dé-cennies de débatsconstitutionnels, en prendrapour son rhume.Pourtant, depuis la venue dugouvernement conservateur,beaucoup de questions con-stitutionnelles resurgissent.Après la conférence interna-tionale sur lʼenvironnement, laplace des provinces dans lesnégociations est devenue unequestion dʼactualité. Selon leprofesseur Robitaille, « il sem-ble que le gouvernement con-servateur ait fait la sourde or-eille aux revendications decertaines provinces dans sesnégociations à Copenhague,allant ainsi à lʼencontre deapproche rative. Lefédéralisme devrait avoir pourbut de faire la promotion de ladiversité au travers le dia-logue et la coopérationfédéral-provincial » et cetteomission volontaire est venueeffriter le noyau de lʼÉtat cana-dien. Le professeur Robitailleaffirme que « la prorogationpourrait constituer un précé-dent dangereux si elle deve-nait une façon régulière degouverner. Le gouvernementéviterait ainsi, comme ce fût lecas lors de la plus récenteprorogation, dʼavoir à justifiercertaines de ses actions auParlement. Ce qui irait à lʼen-contre de lʼesprit du principede gouvernement respons-able ». Bien que StephanHarper soit un politicien ha-bile, son gouvernement ne seconsidère pas redevable vis-à-vis le parlement. En fin decompte, le pays a besoin dʼunparti politique catalyseur denouvelles idées. À cet égard,soutient le professeur Ro-bitaille, « la coalition de 2008aurait peut-être été bénéfiquepour le Canada ». Cette façonde gouverner lʼÉtat aurait cer-tainement respecté les fonde-ments du fédéralismecanadien. Bref, lʼarrivée dʼunnouvel acteur charismatiqueamplifierait lʼintérêt de la pop-ulation envers la scène poli-tique. est parfois longdʼattendre le messie.
Suite de la page 2
Jamais sans mon lait
Nikola Todorovic
ntodo008@uottawa.caDe nos jours, au Canada, lelait est une importancehautement judiciaire. Puisquela vente du lait non-pasteuriséest prohibée par la législationontarienne, le bat sur lapasteurisation obligatoire re-fait surface avec affaireSchmidt.Monsieur Schimdt est un ré-cidiviste. En 2007, il est in-culpé pour avoir contrevenu àla loi ontarienne en vendantdu lait non-pasteurisé, par lebiais de son régime de copro-priété laitière. Ce nʼest pas lapremière fois que cet agricul-teur fait face à la justice pourses opérations. En 1994, il estinculpé et ensuite accusédʼavoir distribué du lait non-pasteurisé. À la suite de ceprocès, M. Schmidt seretrouve dans lʼobligation devendre une bonne partie desa ferme. Il vend 500 acres deces 600 à lʼorigine. Néan-moins, cette première batailledu lait ne fait que renforcer saposition.Pour reprendre son travail, ilinstaure un régime où des in-dividus intéressés achètentune part du bovin pour re-cevoir des bénéfices en na-ture, sous forme de produitslaitiers.Ainsi, il pense se met-tre à lʼabri de la justice, carmême si la loi interdit la vente,elle ne peut interdire la per-sonne qui possède sa proprevache de consommer du laitnon-pasteurisé. Plusieurs per-sonnes et communautés cul-turelles adhèrent à ceprogramme pour le goût dulait authentique. Devant lapopularité du régime, les au-torités ne tardent pas à in-culper, pour une deuxièmefois, M. Schmidt pour distribu-tion de lait non-pasteurisé.Le jugement nʼa pas encoreété rendu, mais M.Schmidt estdécidé à aller en appel si leverdict lui ait défavorable.Pour lui, la loi va à lʼencontrede sa liberté selon la CharteCanadienne des droits et Lib-ertés, qui permet aux person-nes de choisir ce quʼilsdécident de manger. Interrogésur la question, le ProfesseurPanaccio répond quʼ« à pre-mière vue, son argument nʼestpas farfelu ». M. Schmidt doitmontrer que sa demande estvéritablement un choix per-sonnel et puisque son argu-ment nʼest pas basé sur uneliberté purement économique,il y a des chances de réussite.
Un brin dʼhistoire
Originaires dʼAllemagne, M.Schmidt et sa femme sʼétab-lissent en 1983 à Glencolton,Ontario, où ils continuent leurproduction laitière. Pour M.Schmidt, la pasteurisation en-lève au lait des enzymes, desanticorps et vitamines essen-tielles pour le consommateur,cʼest pourquoi il tient à offrir unproduire authentique.La découverte des biens-faitsdu lait pasteurisé à la fin du19e siècle est due à LouisPasteur, un microbiologistefrançais à qui lʼhumanité doitaussi le vaccin contre la rage.La pasteurisation du laitdétruit des bactéries commela listériose, la salmonella et Ecoli, réduisant les risques demaladies chez les personnesvulnérables telles les femmesenceintes, les enfants et lesvieillards. Cʼest ce qui pousseles gouvernements deplusieurs pays industrialisés àmettre en place des lois oblig-eant les agriculteurs à pas-teuriser le lait et la crème.Selon M. Schmidt, le dangerrelié à sa production est ex-trapolé par le gouvernement,engendrant une paranoïadans lʼopinion publique. À titredʼexemple historique local,lʼan passé au Québec,plusieurs producteurs se sontvus ruinés par la destructionarbitraire de leurs productionspuisque dans de nombreuxcas, les fromages ne possé-daient aucune trace delistériose.
 
    C   r    é    d    i    t   s   :    M   a   x    i   m   e    R    i    t   c    h   o    t
fevrier2010:Février 1/29/10 7:35 PM Page 3

Share & Embed

More from this user

Add a Comment

Characters: ...