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Cours 6-Droit Des Biens

Cours 6-Droit Des Biens

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Cours 6 – Droit des biens
Qu’est-ce que le droit des biens ?
A la base du droit des biens règne la distinction entre les personnes et leschoses. La personne est sujet de droit ; les choses sont objet de droit. Acet égard, il faut d’ailleurs bien remarquer que l’être humain est le seulêtre vivant considéré comme un sujet de droit, donc comme titulaire dedroits et d’obligations. Les animaux entrent dans la catégorie des choses,objets de droit. Certes, on entend souvent parler des « droits de l’animal »et l’on peut certainement se féliciter que les animaux bénéficient d’uneprotection. Mais, juridiquement, cette expression n’a aucun sens : lesanimaux ne peuvent pas avoir de droits ni d’obligations. Ils peuventseulement faire l’objet d’une protection, par exemple à travers la sanctiondes personnes qui les soumettent à des actes de cruauté. Ainsi, le droitest binaire : il n’existe pas de catégorie intermédiaire entre les personneset les choses ; l’animal est donc une chose, même s’il s’agit d’une choseparticulière, qui peut être objet de propriété.Le droit divise donc le monde en deux catégories : les personnes et leschoses. Les personnes sont régies par le droit des personnes ; les chosespar le droit des biens. Les personnes ont des droits sur les choses, parexemple sur les choses dont elles sont propriétaires. En 1
re
approximationon peut donc dire que le droit des biens régit les droits des personnes surles choses. Il organise les rapports de l’homme avec les choses. Mais enréalité, la notion de bien est bien difficile à cerner, d’autant que le Codecivil ne la définit pas, alors même qu’il s’agit à l’évidence d’une notionfondamentale. Et dire qu’un bien c’est une chose est approximatif. Eneffet, et la formule est connue, toutes les choses ne sont pas des biens ettous les biens ne sont pas des choses.
Toutes les choses ne sont pas des biens.
 
En effet, bien que la notionde bien soit difficile à définir, il est en tout cas acquis que seules leschoses susceptibles d’être appropriées peuvent être qualifiées de biens :les biens sont les choses utiles pour lhomme et susceptiblesd’appropriation privée. Dès lors, le droit des biens est le droit des chosesappropriées. Or, toutes les choses ne sont pas appropriables et ne sontdonc pas juridiquement des biens.Il en est ainsi des
res communis,
les choses communes. Selon l’article 714du Code civil, ce sont les choses « qui n’appartiennent à personne et dontl’usage est commun à tous ». Elles n’appartiennent donc à personne parcequ’elles ne peuvent être appropriées et doivent servir à l’utilité de tous :
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l’air, l’océan, le soleil… Tout le monde peut en jouir, mais personne n’enest propriétaire. Encore faut-il préciser que toute appropriation n’est pasabsolument impossible : il est possible de s’approprier une fraction de ceschoses communes (une bouteille d’eau, une bombonne d’air comprimé…).Il ne faut pas confondre les choses communes, les
res communis,
avec leschoses sans maître. Les choses sans maître sont celles quinappartiennent à personne à un moment donné mais qui sontsusceptibles d’appropriation (ex. : le chien errant). Le Code civil s’estintéressé à certains d’entre eux : les immeubles sans maître. Ainsi, l’article539 prévoit que les biens des personnes qui décèdent sans héritiers oudont les successions sont abandonnées appartiennent à l’Etat. L’article713 prévoit que « les biens qui n’ont pas de maître appartiennent à lacommune sur le territoire de laquelle ils sont situés ». Si la communerenonce à exercer ses droits, la propriété est transférée de plein droit àl’Etat. Il n’existe donc pas de véritables immeubles sans maître puisquefaute de mtre pri, c’est la commune ou l’Etat qui en devientpropriétaire. En revanche, il existe de véritables meubles sans maître. Onen distingue classiquement deux types : les
res nullius
et les
resderelictae.
Les
res nullius
sont les choses qui n’appartiennent à personneet que personne ne s’est jamais appropriées (ex. : gibier, poissons). Les
res derelictae
sont les choses qui ont été appropriées mais qui ont étéabandonnées par leur ancien maître. Toutes ces choses sans maître nesont pas appropriées mais elles peuvent l’être, et pourront donc êtrequalifiées de biens, ce qui les distingue donc des
res communis.
D’autres choses sont traditionnellement exclues de la catégorie des biens,parce qu’on considère qu’elles ne sont pas susceptibles d’une véritableappropriation. Il s’agit en particulier du corps humain. Le corps humain estle siège de la personne, c’est la personne même, et il ne peut donc pasêtre qualifié de bien. Cela permet d’exclure l’esclavage et de s’opposer aucommerce de l’humain
1
.
Tous les biens ne sont pas des choses,
 
ou plutôt des chosesmatérielles. Le terme chose est en effet le plus souvent employé pourdésigner des objets ayant une existence physique, matérielle. Les chosesmatérielles sont celles que l’on peut percevoir par les sens, que l’on peuttoucher, voirOr, certains biens sont immariels : ils n’ont pasd’existence physique mais sont pourtant juridiquement considérés commedes biens. Il en est ainsi, par exemple, du droit d’auteur : ici, le bien, cen’est pas seulement le support physique de l’œuvre ; le bien c’est l’œuvre
1 Il est vrai néanmoins que les progrès scientifiques pourraient conduire à une certaineappropriation du vivant, comme le démontrent les débats sur la brevetabilité du vivant(des séquences génétiques par exemple).
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en tant que telle. Ce qui a de la valeur dans un roman c’est l’esprit del’auteur qu’il manifeste, et non le papier, qui n’a, lui, qu’une très faiblevaleur. Et c’est l’œuvre de l’esprit en elle-même qui est la propriété del’auteur. Autre exemple : les valeurs mobilières, telles que les actions,n’ont pas d’existence physique, pourtant elles ont une valeur économiqueévidente, et ce sont juridiquement des biens. En outre, la doctrineconsidère plus généralement que les droits eux-mêmes sont des biens. Etces droits, en tant que tels, n’ont pas d’existence physique. Ainsi, dans lepatrimoine d’une personne figurent ses droits, qui sont juridiquement desbiens (le droit de propriété sur telle chose, le droit de créance à l’égardd’une personne…). Si l’on poussait à l’extrême ce raisonnement, il neserait même plus nécessaire de s’interroger sur l’objet sur lequel porte ledroit (objet matériel ou immatériel), le bien étant tout simplement le droit,et non l’objet du droit. Précisément, selon une partie de la doctrine, ilexisterait une confusion entre les choses et les droits sur les choses, parexemple entre la maison et le droit de propriété sur la maison. C’est ledroit sur la chose qui constituerait le bien, et non la chose elle-même. Maiscette doctrine est critiquée par certains, qui estiment que « le droit depropriété ne peut être considéré comme un bien sans absurdité. Il n’y apas de sens à considérer comme objet d’appropriation l’instrument mêmede l’appropriation » (F. Zénati). Quoi qu’il en soit de ce débat, il est clairque les biens ne sont pas seulement les choses ayant une existencephysique, mais aussi des choses immatérielles, incorporelles, dès lorsqu’elles ont une utilité et une valeur économique et qu’elles peuvent êtreappropriées.Il faut également évoquer le lien indissociable entre le droit des biens et lanotion de patrimoine : en effet, les biens entrent dans le patrimoine de lapersonne. Le patrimoine est ainsi un contenant, le réceptacle juridique desbiens. Au sein du patrimoine on trouve, à l’actif, les biens, c'est-à-diretoutes les choses et les droits qui ont une valeur pécuniaire (au passif ontrouvera les dettes, les obligations).
Sources du droit des biens et projet de réforme
Le droit des biens trouve sa source essentielle dans le Code civil, et pluspréciment dans le livre 2
e
du Code civil intitu« des biens et desdifférentes modifications de la propriété » (art. 516 à 710). Ici comme endroit des contrats, on trouve désormais d’autres dispositions, extérieuresau Code civil, glementant certains biens : code rural, code del’environnement, code de l’urbanisme… Mais le Code civil reste le siège dudroit des biens. Pour l’essentiel, les dispositions datent de 1804 et n’ontpas été modifiées depuis. Il n’y a eu aucune grande forme desdispositions du Code civil relatives aux biens depuis 1804. Or, il est clair
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