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1
La vérité
I.
 
Vérité et connaissance
«
Voir le monde tel qu’il serait sans nous
», écrit Alain
voir le monde sans préjugés,objectivement
possible, impossible ?
1.
 
Vérité et réalité
 
 
ce n’est pas la réalité qui est vraie ou fausse mais ce qu’on en
dit.Vérité = jugement conforme à la réalité ou encore
vérité = adéquation entre la chose et l’esprit(Thomas d’Aquin), entre la réalité et la connaissance que j’en ai
ma connaissance doit s’accorderavec l’objet pour avoir valeur de vérité
», écrit Kant).
Ex
: une
pomme n’
est ni vraie ni fausse
; elle est réelle. Ce qui est vrai ou faux, c’est bien ce quej’en dis, la manière dont je la décris. De la même manière, un faux Picasso est tout aussi réelqu’un vrai
 
ce qui est faux, c’est l’idée que nous nous en faisons si nous pensons qu’il s’agitd’un tableau de Picasso.
 «
V
 rai et faux sont des attributs de la parole, non des choses. Là où il n’est point de parole, il n’y a ni
vérité ni fausseté
», écrit Hobbes
la vérité est l
iée à la parole, c’est
-à-dire à c
e qu’on dit des
 
).
2.
 
Vérité et raison
(= faculté de bien penser et de bien agir
bien penser = connaîtrece qui est vrai, savoir distinguer le vrai du faux ; bien agir = agir en connaissancede causes)
une opinion, un préjugé, une évidence ou une conviction ne peut
jamais être vraie parce qu’elle ne repose sur aucune preuve
toute vérité doitêtre construite ou prouvée(texte de Bachelard).
Question
: Quelle démarche suit la raison ?
dans la recherche de la vérité, il faut la bonneméthode :
a.
 
1
ère
étape : le doute
 
là où l’opinion affirme, la raison
remet en cause les idéesreçues et les apparences (texte de Leibniz, p. 112 ; texte de Descartes, p. 106)
laraison doit toujours se méfier des fausses évidences (ex : le soleil se lève et secouche
nous pouvons nous tromper sur la nature de ce que nous percevons
 
 référence importante
 
: l’allégorie de la caverne de Platon, pp
. 170-71).
b.
 
2
ème
étape : la preuve
 
là où
l’opinion affirme, la raison cherche des preuves
 
lapreuve doit répondre à une double exigence :
 
Exigence formelle =
vérité formelle ou cohérence ou validité
la cohérence nous assure
qu’un raisonnement est valide
 
on parle de vérité formelle ;
 
Exigence matérielle
: vérité expérimentale
on soulève un problème ; on formule unehypothèse pour résoudre le problème
; on vérifie l’hypothèse. La vérification n’est jamais
définitive et la vérité expérimentale toujours provisoire.
 
 
2
3.
 
La raison est-elle le seul
moyen d’atteindre la vérité
?
a.
 
L
’intuition ou l’évidence comme critère de vérité
 
C’est un critère discutable (il faut
se méfier des fausses évidences)
; cela dit, on considère qu’il
existe des vérités intuitives
 
ex
:
la certitude que j’ai d’exister
ou
certitude du cogito
(« jepense » en latin) =
vérité intuitive
(texte de Descartes, p. 107
pour Descartes, les deux voies
qui conduisent à la vérité sont la déduction et l’intuition
: «
chacun peut voir par intuition
intellectuelle qu’il existe, qu’il pense, qu’un triangle est limité par trois lignes seulement, un corps sphérique
par une seule surface, et autres faits semblables
»
 
l’intuition n’est le résultat d’aucune démarche
intellectuelle : une vérité intuit
ive est si claire et si distincte qu’elle s’impose à l’intelligence, à laraison sans qu’il ne reste le moindre doute
) ; les
axiomes en mathématiques
= «
propositions si
claires et si évidentes d’elles
-
mêmes, qu’elles n’ont pas besoin d’être démontrées
» (Arnaud & Nicole).
b.
 
Le cœur
comme critère de vérité
«
Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le cœur
», écrit Pascal
lavérité a donc deux sources
: raison et cœur
: «
Deux excès
: exclure la raison, n’admettre que la
 raison
», toujours selon Pascal
l
’approche de Pascal remet en cause l’idée que tout doit venir
de la raison, que tout doit être prouvé : il existe des
vérités qui se prouvent et d’autres quis’éprouvent
: «
c’est le cœur q
ui sent Dieu et non la raison
» (Pascal).
4.
 
Y a-t-il des vérités absolues ?
a.
 
La vérité n’est jamais p
arfaitement objective
Celui qui recherche la vérité peut-il prétendre à une objectivité complète ? Le scientifique, lesavant ou le philosophe est animé
d’un souci d’objectivité
mais
il ne peut jamais mettre sasubjectivité complètement de côté
 
la connaissance s’oppose à l’opinion qui est subjective
mais
 
la connaissance n’accède jamais aux choses en elles
-mêmes
la connaissance est toujours uneconnaissance approchée de la réalité.
b.
 
La vérité est asymptotique
La vérité est comme un horizon v
ers lequel nous cherchons à tendre mais que nous n’atteignons
jamais
Einstein écrit :
 
le savant
qui essaie de comprendre le monde, l’univers «
 
 ne sera jamaisen état de comparer son image avec le mécanisme réel
»
il ne lui sera jamais possible de comparer
la connaissance qu’il a du monde avec la «
réalité objective »
la vérité, la « réalité objective »est donc asymptotique
 
c’est une «
limite idéale », un horizon.
Voir
texte d’Einstein, p. 113
;
voir
 
aussi
texte de Russell, p. 110.
c.
 
Si vérité = asymptotique, faut-il suspendre notre recherche de la vérité ?
C’est l’invitation des
sceptiques : suspendre notre recherche de la vérité ; Protagoras,interlocuteur de Socrate dans le
Théétète
de Platon, va plus loin
«
l’homme est la mesure de toute
chose
» = à chacun sa vérité, à chacun sa vision des choses
une telle affirmation est
envisageable d’un point de vue moral (chacun mène sa vie comme il l’entend)
maisinenvisageable du point de vue de la connaissance
 
ce n’est parce qu’aucune vérité n’est
abs
olue qu’il est inutile de chercher
la vérité.

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