Page 2Le Flagrant délitMars, 2010
Nouvees
Il explique que lorsque certains étu-diants font preuve dʼun très fort in-térêt à travailler avec lui, il suggère àces étudiants dʼappliquer pour leposte dʼassistant de recherche. Iltient cependant à justifier que cettesuggestion nʼa, et ne tiendra jamaislieu de promesse dʼembauche.Pour sa part, le doyen Grammondaffirme quʼil accorde beaucoup dʼat-tention à lʼaspect personnel danslʼembauche de ses assistants. Ildonne tout de même une certainevaleur au processus de sélectionpar affichage car, selon ses dires, ilpeut parfois y avoir de très bellessurprises à travers les candidatures.La marge entre les règles énoncéespar la Convention collective et laréalité est bien évidente. Une étudi-ante de la Faculté raconte son ex-périence. Elle occupe présentementun poste à titre dʼassistante derecherche sans jamais avoir ap-pliqué formellement pour celui-ci.Cʼest dʼailleurs par recommandationde la part dʼun professeur de la sec-tion de Common law quʼelle a ren-contré son employeur. Elle a donccommencé à exercer ses fonctionsalors même que le poste était af-fiché sur le fameux babillard du Fau-teux. Cʼest lorsque lʼaffichagerèglementaire est arrivé à termequʼon lui a fait signer son contrat of-ficiel dʼembauche.Cet exemple nʼen est quʼun parmitant dʼautres, plusieurs étudiantssʼavouent extrêmement frustrés parcette situation. Désillusionnés,plusieurs laissent tomber.« Ça ne sert à rien dʼappliquer à cesaffichages, on sait que lʼon ne re-cevra aucune réponse, ditStéphanie Morin. Je connais un étu-diant, très actif en classe, à qui unprofesseur a proposé un assistanat.Il y a bel et bien eu affichage, maiscʼest ce dernier qui a été em-bauché ».Il ne faut pas se le cacher, malgrélʼintérêt démontré aux professeurs,cʼest avant tout les résultatsacadémiques qui pèsent dans labalance. Le doyen admet que lʼex-cellence est recherchée. Dans uncontexte où le professeur regardechaque dossier un à la fois, seulesles candidatures aux meilleuresmoyennes, appuyées par un cur-riculum vitae bien rempli, seront rap-pelées en entrevue.Le professeur Panaccio expliqueque cʼest lʼessence du système dʼaf-fichage de créer une sélection descandidats les plus compétents. Decette façon, les professeurs, qui onttous des domaines dʼexpertises dif-férents et qui cherchent tous desprofils dʼétudiants différents, pour-ront sélectionner le meilleur candi-dat possible. Pour ce faire, il estimportant dʼavoir de très bons résul-tats scolaires.Injustice? «Aucunement » répond leprofesseur Nadeau. Il compare cettesituation au contrat intuitu personaeoù la personne est embauchée pources capacités personnelles. Dansce cas-ci, lʼexcellence scolaire estlʼune des caractéristiques recher-chées. Le curriculum vitae seconde.Lʼobtention dʼun assistanat derecherche ressemble étrangement àcette infâme « course au stage »,mais à petite échelle et à lʼinterne.Tout commence par une session decharme auprès des professeurs, enpassant par une sélection basée surles résultats académiques pour seterminer par lʼembauche du candi-dat étant le plus compatible avec leprofesseur. Le professeur Nadeauvoit ce concours comme un reflet dela réalité qui attend les étudiants endroit.« On est toujours en compétitiontout au long de notre vie profession-nelle. Il faut sʼhabituer à être com-paré à des normes et aux autres,affirme-t-il. En droit, la norme cʼestla compétence. Il faut le reconnaîtreet sʼenlever les sacs que nousavons sur la tête et faire face à cettecompétition. Le droit cʼest extrême-ment intéressant, mais cʼest un mi-lieu tout aussi difficile! »Par contre, M. Nadeau affirme com-prendre la frustration des étudiantspar rapport aux faux affichages. Oui,plusieurs étudiants postulent dans levide, oui il y a plusieurs contrats« pré-organisés », mais selon lui, laConvention collective nʼa pas prévude recours pour ces étudiants quisʼestiment biaisés par ce processus.De plus, on ne peut, selon lui,blâmer les professeurs de vouloirles meilleurs candidats pour tra-vailler à leurs côtés.Au contraire, le Doyen Grammondencourage les étudiants à per-sévérer tout en démontrant de lʼin-térêt aux professeurs puisque lemythe que tous les postes sont déjàattribués est faux. Il y a plusieurspostes qui sont réellement ouverts.« Continuez à postuler, mais le con-seil le plus utile que je peux vousdonner est de manifester de lʼintérêtauprès des professeurs concernés,laisse tomber M. Grammond. Nouscherchons des profils spécifiquespour chaque poste, vous devez dé-montrer au professeur que vous en-trez dans ce profil ».Pour terminer, il y a le programmedʼassistanat de recherche dʼété oùun comité de sélection est formépour sélectionner les cinq à septétudiants qui obtiendront un emploidʼété à la Faculté de droit. Encoreune fois, cʼest la qualité du dossieracadémique qui entre en ligne decompte.Une fois sélectionnés, ces étudiantsse partageront tous les postes ou-verts durant lʼété. StéphanieBélanger, finissante en droit civil, aété lʼassistante de trois professeursà lʼété 2009. Une des professeureslui a dʼailleurs suggéré de renou-veler son mandat pour lʼautomne2009.
Suite de la Une
Simon Grant
sgrand036@uottawa.caLa Saint-Valentin vient de se ter-miner et certains amoureux ontpeut-être profité de lʼoccasion pourfiancer leur partenaire. Évidemment,les fiançailles mènent souvent aumariage, mais en cas de rupture, quipeut garder la bague de fiançailles?Différentes coutumes et traditionsdictent le comportement appropriéqui peut varier selon lʼendroit etlʼépoque. Selon la spécialiste desbonnes manières américaines EmilyPost, la bague devrait toujours êtrerestituée à lʼacheteur, monsieur,sauf si elle a été sertie de pierresprécieuses appartenant à la famillede mademoiselle.En droit français, les fiançailles sontconsidérées comme une promessede contrat synallagmatique, mais labague peut être gardée par la fi-ancée en cas de rupture, car la do-nation nʼest pas conditionnelle aumariage. Exceptionnellement, cettedonation peut être considérée con-ditionnelle au mariage si le contextepermet de le prouver. Par exemple,si la bague est un bien de la famillede monsieur, transmis de générationen génération, cela suffit pour établirque la donation est conditionnelle aumariage. La bague doit alors êtrerestituée si la condition de la dona-tion nʼest pas remplie.Au Québec, les fiançailles sont con-sidérées comme des promesses bi-latérales de mariage, mais neconstituent pas un contrat. Selon MeMarie Pratte, si les époux étaientobligés de sʼépouser à la suite deleurs fiançailles, ce serait reporter leconsentement du mariage à unedate antérieure.Or, lʼunion dumariage doit êtrelibre. On ne peutdonc pas sʼobligerà contractermariage à la suitedʼune promesse.Ce serait contrelʼordre public.Au Québec, la do-nation de labague de fi-ançailles est inconditionnelle aumariage. Mademoiselle peut donc laconserver en cas de rupture. Sur leplan de la bonne étiquette, il estcependant recommandé que la per-sonne qui résille les fiançaillesremette la bague à lʼautre partie.Certains traités de bonnes manièresmentionnent aussi que tous lescadeaux devraient être restitués àleur donateur en cas de rupture. Cedernier peut alors offrir à lʼautre par-tie de conserver certains dʼentreeux.Bonne chance à tous et à toutes!***Le modèle homme-femme estutilisé à titre dʼexemple pourreprésenter lʼensemble des possibil-ités légales.
Bague au doigt et droit, un bon mariage
Flagrantde?lit-Mars 2010:Mars 2010 3/1/10 10:23 AM Page 2
Add a Comment