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Droit Penal La Tentative

Droit Penal La Tentative

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DROIT PENALLA TENTATIVE
La tentative est une action coupable destinée à la réalisation d
une infraction, mais quin
accomplit pas la totalité de ses éléments constitutifs. Elle se situe sur la trajectoire « Iter criminis » de l
infraction. Toute la difficulréside dans l
appréciation du moment qui varendre la tentative punissable. Sur ce point deux visions s
opposent. Selon une conceptionobjective défendue par la doctrine allemande du XIX
ème
siècle, la répression de la tentativeétant subordonnée à la production d
un trouble social et proportionnée à sa gravité, latentative doit devenir punissable chaque fois qu
un tel trouble a été constaté et qu
un actematériel d
exécution tendant à le réaliser a été commis.Selon une conception subjective défendue par les positivistes italiens, et nettement plus répressive, subordonnant la répression à l
immoralité et à la dangerosité du sujet et non plus au résultat de ces actes, la sanction doit pouvoir intervenir dès que l
activité délictueuses
est manifestée de quelque manière que ce soit. Le législateur n
a pas fait sienne l
une de sesthéories dans sa globalité. Il a plutôt opté pour une solution de compromis. Semblant seréférer à la conception objective quand il s
agit d
apprécier les éléments de la tentative punissable (
I
), il adopte la conception subjective pour mesurer sa répression (
II
).
I.Lesélémentsdelatentativepunissable
Selon l
article 121-5 du nouveau code pénal, la tentative est constituée « dès lors quemanifestée par un commencement d
exécution, elle n
a pas été suspendue ou n
a manqué soneffet qu
en raison de circonstances indépendantes de la volonté de son auteur». La tentativesuppose donc la réunion de deux conditions: un élément matériel, le commencementd
exécution (
A
) et élément psychologique, l
interruption involontaire dans l
exécution (oudésistement volontaire) (
B
).
A.Lecommencementd
exécution
L
Iter criminis qu
emprunte un délinquant pour passer à l
acte comporte plusieursétapes: la pensée coupable, la résolution criminelle, la commission d
actes préparatoires, lecommencement d
exécution, et l
exécution elle-même.C
est au stade du commencement d
exécutionque le législateur a fixé le seuil àcompter duquel la tentative doit devenir punissable, considérant qu
à ce niveau l
agent asuffisamment fait preuve de sa dangerosité pour qu
une sanction soit légitime. En dessous dece stade, celui qui nourrit un projet criminel ne peut, en principe, être sanctionné. Ainsi, laseule pensée coupable ou la résolution criminelle de commettre une infraction ne suffisent pasà elles seules à caractériser la tentative au titre de l
infraction projetée, alors même qu
ellesauraient été déclarées (elles peuvent toutefois permettre de caractériser certaines infractionsautonomes : complots, menaces
).
1
 
Les actes préparatoires (à la commission d
une infraction) n
autorisent pas d
avantagela répression. Ils constituent le stade auquel l
agent commence à réunir les moyens qu
il a préparé pour passer à l
action et consommer l
infraction. De tels actes préparatoires nesuffisent pas à établir un commencement d
exécution qui ne peut être certain qu
à partir dumoment où l
agent met en
uvre les différents moyens qu
il a réuni pour passer à l
actiondélictueuse proprement dite. Par exemple, la remise d
argent pour « l
exécution d
un contrat »à un tueur à gages constitue de simples actes préparatoires non punissables (
 Affaire Laceur 
,Chambre criminelle du 2 octobre 1962 ), ce comportement peut toutefois, s
il est suivid
effets, permettre de caractériser un cas de complicité par instigation).Cependant, parfois en raison de leur dangerosité intrinsèque, certains actes préparatoires sont incriminés à titre autonome (par exemple l
association de malfaiteurs). Ils peuvent également constituer des circonstances aggravantes de l
infraction. Ainsi, par exemple, l
escalade, l
effraction, actes préparatoires du vol, sont érigées en circonstancesaggravantes de ce délit.Au-delà du commencement d
exécution, l
infraction se trouve consommée et larépression au titre de la tentative n
a plus lieu d
être.Le commencement d
exécution constitue donc sur l
« Iter criminis» une étapeintermédiaire, entre la pensée ou la résolution criminelle et la consommation de l
infraction.Ce concept est difficile à saisir, dans le sens où le législateur ne l
a pas lui-même défini.Schématiquement, on peut dire qu
il englobe l
ensemble des actes matériels par lesquels ledélinquant extériorise sa volonté de commettre l
infraction. Il ne peut être certain, que lorsquel
activité délictueuse, tout en n
étant pas parvenue à son terme, est néanmoins entrée dans sa phase d
exécution. C
est la Cour de cassation, exerçant un contrôle sur l
appréciation judiciaire du commencement d
exécution qui a, peu à peu, défini les contours de cette notion.Selon la chambre criminelle, il y a commencementd
exécution dès lors qu
est constaté par les juridictions du fond « un acte qui tend directement au délit avec l
intention de le commettre »,«un acte ayant pour conséquence directe la préparation d
un crimeou un délit » ou « un acteayant pour conséquence directe la consommation d
une infraction ».Deux critères fondamentaux semblent guider le juge dans l
appréciation judiciaire ducommencement d
exécuter.En premier lieu, le juge, se référant essentiellement à des données objectives, sembleaccorder une grande importance à la relation de causalité qui peut exister entre l
acte commiset l
infraction projetée. Ainsi, selon la chambre criminelle, il est nécessaire pour qu
un acteconstitue un commencement d
exécution « qu
il soit en rapport direct avec l
infraction ». La proximité temporelle et causale est donc un critère fondamental de détermination. Ainsi, le juge retiendra un commencement d
exécution lorsque l
acte commis est lié par un rapport trèsétroit, causal au but délictueux poursuivi par l
agent, et très proche dans le temps de celui-ci.En revanche, il ne retiendra qu
un simple acte préparatoire lorsque ce but est très éloigné del
infraction projetée.En second lieu, s
écartant de considérations objectives, le juge s
en remet de plus en plus volontiers aux intentions qu
il peut connaître du délinquant. Ainsi, il retiendra la tentative punissable toutes les fois que les faits commispar l
agent ne peuvent s
expliquer que par la
2
 
volonté bien arrêtée de commettre l
infraction, qu
ils constituent des actes univoquessusceptibles de recevoir qu
une seule interprétation, par opposition aux actes équivoquessusceptibles d
interprétations diverses, comme c
est le cas des actes préparatoires. Cetteconception, donnant une place centrale à des considérations subjectives,est critiquée par denombreux auteurs dans la mesure où elle donne lieu à des appréciations fluctuantes pour desactes identiques. A cet égard, on ne manquera de regretter, en cas d
hésitation, à l
importanceaccordée aux antécédents judiciaires de l
agent (ainsi un acte qualifié de préparatoire parcequ
il est considéré comme équivoque lorsqu
il est commis par un délinquant primaire, pourraêtre qualifié d
univoque et permettre de caractériser un commencement d
exécution s
il a étécommis par un multirécidiviste).Au total, si le commencement d
exécuter, acte matériel se distingue aisément de la pensée ou de la résolution criminelle qui sont des attitudes purement psychologiques, cettedistinction est plus difficile à établir pour les actes préparatoires qui sont, eux aussi, des actesmatériels. On pourra regretter sur ce point l
absence de définition légale de ce second concept.
B.L
absencededésistementvolontaire
Le commencement d
exécution ne suffit pas à caractériser la tentative. Il faut encoreque celle-ci « ait été suspendue ou ait manqué son effet en raison de circonstancesindépendantes de la volonté de son auteur » (article 121-5 du NCP). Le deuxième élément dela tentative punissable est donc l
interruption involontaire dans l
exécution, classiquementdénommée l
absence de désistement volontaire.Le désistement est sans doute volontaire lorsqu
il est spontané, c
est-à-dire, lorsqu
iln
est déterminé par aucune cause extérieure à l
agent, mais par la seule décision de celui-ci,quel qu
en ait été le motif (pitié, remords,crainte du châtiment).En outre, pour que cedésistement volontaire autorise l
impunité de son auteur, il doit être antérieur à laconsommation de l
infraction. En effet, s
il intervient après, il s
analyse en un repentir actif sans effet sur la responsabilité pénale de son auteur, car le résultat prohibé par la loi aura bienété atteint. Deux exemples permettront de distinguer cette situation entre désistementvolontaire antérieur à la consommation de l
infraction et repentir postérieur inopérant. Unindividu s
introduit dans une maison pour tenter d
y commettre un cambriolage: si une foissur place, il quitte les lieux et renonce à dérober les objets, il y a désistement volontaire ; siaprès s
être emparé des objets, il revient les rapporter, il y a repentir actif et la tentative de volreste punissable.Le désistement interrompant la tentative est sans doute involontaire lorsque celle-ci amanqué son effet en raison d
une cause extérieure à l
agent (fuite ou riposte de la victime,intervention de la police ou d
un tiers). La situation est plus complexe lorsque le désistementest bien volontaire (l
agent n
a pas été matériellement contraint de s
arrêter en coursd
exécution) mais que cette volonté a été partiellement déterminée par une cause extérieure (ila entendu du bruit et a pris peur). Dans ce cas, la qualification volontaire ou involontaire dudésistement est affaire d
espèce, le juge devant rechercher si c
est la volonté de l
agent ou unecirconstance extérieure à celle-ci qui a été la cause déterminante du désistement,généralement, les tribunaux ont tendance à considérer comme volontaire, le désistementinspiré par la peur.
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