Abcèsducerveau
AMKorinek
D
’origine variée, les abcès du cerveau bénéficient aujourd’hui d’un diagnostic plus aisé grâce à l’imageriemoderne. Plus difficile, en revanche, est la mise en évidence de l’agent infectieux responsable, élément pourtant essentiel pour le choix d’anti-infectieux les plus spécifiques. La bonne pénétration dans le parenchymecérébral de ces anti-infectieux est une condition pharmacocinétique d’importance essentielle. Elle limite la gammedes molécules utilisables.
© Elsevier, Paris.
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Introduction
L’abcèscérébral,enFrance,estunepathologiequiest devenue rare, sans doute du fait d’une meilleureprise en charge des infections oto-rhino-laryngologiques (ORL) et stomatologiques. Sonpronostic a complètement changé, avec unemortalité se situant actuellement entre 5 et 10%.Ceci est dû principalement à un diagnostic plusprécoce et plus facile depuis la généralisation duscanner cérébral, à une meilleure connaissance desgermes responsables et de la diffusion desantibiotiques dans le parenchyme cérébral, à desindications chirurgicales plus sélectives grâce àl’apportdelachirurgiestéréotaxique.
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Quand faut-il penser audiagnostic ?
Il s’agit d’un diagnostic difficile, car les signescliniques d’appel sont aspécifiques. Les antécédentsdu patient sont à rechercher soigneusement car ilspourrontorienterverslediagnostic.
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Signes cliniques d’appel
[2, 5, 7]
Les
signes cliniques
les plus fréquents traduisentl’hypertension intracrânienne: plus de 75% despatients se plaignent de céphalées uni- oubilatérales, banales, 50% ont des nausées et desvomissements, 30 % des crises convulsivesgénéralisées.Destroublesdelaconscience,allantdel’obnubilationaucoma,sontprésentschez50%desmalades. L’œdème papillaire au fond d’œil n’estprésentquedans20%descas.Les
signes de localisation neurologique
ne sontretrouvés que chez 50% des patients. Ils dépendentdu site de la lésion : hémiparésie, hémiplégie,aphasie, hémianopsie dans les abcès frontaux outemporaux, nystagmus, ataxie dans les abcèscérébelleux. Dans les cas les plus caractéristiques,l’installation des signes neurologiques et leuraggravationsontrapides(heuresoujours).Les
signes infectieux
sont inconstants: la fièvren’est présente que chez 50% des patients et est leplus souvent modérée (38 à 38,5°C). L’hyperleuco-cytose est inconstante (60 % des cas) et peuimportante (seuls 10% des malades ont plus de20000 leucocytes/mm
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). La vitesse de sédimen-tation est habituellement modérément accélérée.Chez 60% des patients, des signes en rapport avec la porte d’entrée sont encore présents. La ponctionlombaire est contre-indiquée, car elle est peucontributive et dangereuse (risque d’engagementcérébral).
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Contexte étiologique
Les suppurations chroniques d’origine ORL sontl’étiologie la plus fréquente, rendant compte de 30 à60%desabcèscérébrauxspontanésdel’adultenonimmunodéprimé
[5, 6, 7]
.Lefoyerinfectieuxprimitifestune sinusite frontale, frontoethmoïdale ousphénoïdale, ou une otite chronique avec mastoïdite. Les infections buccodentaires peuventaussi être responsables d’abcès cérébraux. Lalocalisation intracérébrale dépend largement dufoyer infectieux responsable. Les sinusitesfrontoethmoïdales et les infections dentairesprovoquent des abcès du lobe frontal, les sinusitessphénoïdales des abcès frontaux ou temporaux, etles infections otitiques et mastoïdiennes des abcèstemporaux ou cérébelleux. Les abcès par contiguïtésont, dans la plupart des cas, solitaires. La recherchede ces étiologies fait partie du bilan standard devanttout abcès cérébral: radiographie des sinus, oumieux, scanner centré sur les sinus, examen ORLapprofondi, panoramique dentaire et examenstomatologique.Beaucoup plus rarement, des signes évocateurssurviennent chez un patient ayant subi plusieurssemaines auparavant une intervention neurochirur-gicale, ou ayant eu un traumatisme crânien avec plaie craniocérébrale. On constate la réapparition designes neurologiques dans un contexte fébrile. Lalocalisation de l’abcès dépend du site de la plaieopératoireoutraumatique.Bien différents sont les abcès métastatiques. Ils serencontrent dans trois circonstances: chez les sujetsporteurs de cardiopathies congénitales avec shuntdroite-gauche (tétralogie de Fallot, transposition desgros vaisseaux), plus rarement au cours desendocardites, enfin, au cours des infectionsprofondes (abcès abdominopelviens, abcès dupoumon, dilatation des bronches, empyèmespleuraux). Ces abcès sont souvent multiples, avec des localisations profondes. Leur mortalité resteélevée en raison du terrain sur lequel ils surviennentet de leur multiplicité. Le bilan étiologique ne posehabituellement pas de problème, le foyer primitif étant souvent au premier plan. Les hémoculturessont indispensables car elles permettent d’isoler legermeresponsable.Au cours du sida, l’atteinte neurologique estextrêmement fréquente
[3]
. Des troublesneurologiques d’installation brutale, chez un patientséropositif, doivent faire évoquer en priorité lediagnostic d’abcès et faire pratiquer immédiatementun scanner cérébral. S’il existe une ou plusieursimages évocatrices d’abcès, il s’agit, a priori, d’unetoxoplasmosecérébrale,quiestlaplusfréquentedesinfectionsopportunistesdusystèmenerveuxcentral.Les examens sérologiques ne sont pas contributifs,et en pratique, chez ces patients, toute lésionfocalisée cérébrale justifie la mise en route d’untraitement antitoxoplasmique d’épreuve. Leslymphomes cérébraux, les abcès à
Mycobacteriumtuberculosis
, à mycobactéries atypiques ou àcryptocoques peuvent donner des imagestomodensitométriques ressemblant à un abcès
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A K O S E n c y c l o p é d i e P r a t i q u e d e M é d e c i n e
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